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jeudi 3 février 2011

Un Nouvel An… Chinois !

Bonne année ! Santé, bonheur et prospérité !
新年快乐!身体健康 ,恭喜发财,阖家幸福!

Le rugissant tigre de métal s’en est retourné et a laissé place au lapin de jade et ses heureux auspices
金虎长啸辞旧岁,玉兔献瑞迎新年

Pour célébrer ce chassé-croisé entre tigre et lapin, j’eus l’immense plaisir d’être convié par Yuqian, amie et camarade de l’université, à cette grande réunion familiale qu’est le nouvel an chinois. Ce fut une longue soirée de jeux, de raviolis et de feux d’artifice !
  • Le Mah-Jong
A peine arrivé chez Yuqian j’étais invité à prendre place autour de la table de Mah-jong, un des grands symboles de la période du nouvel an chinois. En face de moi le père d’Yuqian, joueur efficace, rapide et silencieux. A ma gauche Xiao Shu, jovial et dynamique, et très curieux à mon égard. A ma droite Er Gu, joueuse technique, passionnée et volubile.

Le rythme du jeu était incroyablement rapide ! C’était la première fois que je jouais avec des joueurs aussi expérimentés et je découvris que le Mah-jong est un jeu qui ne s’arrête pas une fois qu’il est lancé. Pas de temps mort, les séquences s’enchainent, les gestes sont précis et choisis pour garder le rythme aussi rapide que possible. On lance la première pierre sans avoir trié son jeu en annonçant « pas de regret » et on trie son jeu pendant que l’on joue. Les pierres piochées sont lues par le pouce plus que par les yeux et sont jouées d’un mouvement habile de l’index qui renverse la pierre et la propulse au milieu du tapis de jeu d’un seul mouvement. Et lorsqu’on Peng ou Chi la pierre jouée par un autre joueur, on jette la pierre suivante avant même de récupérer cette pierre. Rien ne doit ralentir le train Mah-jong une fois qu’il est lancé !

Je jouai une dizaine de parties, peinant à tenir le rythme et essayant de jouer en temps plutôt que jouer intelligemment, avant de laisser la place à Yuqian, allégé de plusieurs dizaines de RMB !!!
  • Les toasts
Au cours du diner qui suivit, dans une magnifique salle privée d’un restaurant sur Chang An Jie, avec Michael, second Laowai invité ce soir là, nous avons été l’objet de toutes les attentions. En particulier une petite bouteille de Baijiu, le si renommé alcool de riz chinois, dont le degré d’alcool varie entre les 30 et 60 degrés et reste un immanquable des banquets chinois, nous avait été réservé. Après avoir bu le verre d’ouverture de diner et le verre à la nainai, les verres se sont succédés à coup de quizzs plus ou moins intellectuels : Devine d’où vient cette bouteille de vin, quelle est la relation entre untel et untel autour de la table, etc. Yu Qian me souffla alors que celui qui boit le moins c’est celui qui prend la direction du jeu. Alors avec Michael on les a eu sur leur propre terrain : Vous savez écrire le 爨 de 爨底下 ? En quelle année Zheng Chenggong a-t-il repoussé les hollandais hors de Taïwan ? Résultats garantis !!
  • Les pétards et feux d’artifice
Après ce bon diner bien arrosé vint le moment tant attendu des pétards et feux d’artifice. Il y en avait pour plusieurs centaines d’euros, c’est vous dire la quantité ! Le ciel brillait déjà de feux de toutes les couleurs, les rues résonnaient déjà au point de déclencher les alarmes de voiture, et nous nous sommes joins au déploiement des forces, depuis notre petit parking. Si vous pensiez que les boites de fusée et les couronnes de milliers de pétards étaient des jeux pour enfants, détrompez-vous: les plus excités ce soir-là, ils avaient la cinquantenaire !

Er Gu me disait fièrement que les 老百姓, les simples citoyens, étaient bien plus forts que le gouvernement au jeu des feux d’artifice. Le jour de la fête nationale, le feu d’artifice est imposant et respectable, certes. Mais le jour du nouvel an chinois, c’est toute la ville qui s’illumine ! C’est chaque Pékinois qui va acheter ses boites de feu d’artifice et qui va les allumer en bas de chez soi. Si vous aviez la chance de survoler la ville par avion, vous apercevriez un gigantesque spectacle de lumières, sur un périmètre de plusieurs dizaines de km. Et ça ne dure pas juste quelques minutes ! ça commence à la tombée de la nuit, ça va crescendo et c’est l’apothéose à minuit. 

Ce spectacle de la rue en sons et lumières est prévu pour durer plus d’une semaine ! Souvenez-vous, l’année dernière, je rentrais à Pékin 5 jours après le nouvel an chinois
  • Les Jiaozi
De retour à l’appartement, la dernière activité traditionnelle commença : la confection des jiaozi (raviolis chinois). La pâte et la garniture furent préparées à l’avance, mais le fourrage, activité ludique et qui renforce la cohésion, était gardé pour le dernier moment. Comme pour le Mah-jong, le fourrage des jiaozi demande des gestes précis afin d’obtenir un ravioli dont la peau est fine, la garniture abondante, et la forme joliment ondulée. 

Le Jiaozi aurait été inventé au plus profond de l’hiver par un médecin chinois qui, apercevant nombre de ses concitoyens l’estomac vide et frigorifiés au point d’en avoir les oreilles gelées, leur aurait préparé un remède qui prenait la forme de ces oreilles gelées : de la viande et des ingrédients contre le froid fourrés dans de la pâte a pain. Le jiaozi était né. On commémore aujourd’hui la création du jiaozi le jour de 冬至, solstice d’hiver. Si on en mange aussi le jour de la nouvelle année, c’est parce que le jiaozi est homophonique avec le verbe signifiant changer d’année… Visiblement, quand on est gourmand, on trouve toujours une bonne raison de savourer quelques jiaozi !

dimanche 3 octobre 2010

Cuandixia, Lingdao and Crepes Party!

Dimanche après-midi, balcon du bridge café, le soleil déjà déclinant et un plat de spaghettis carbonara à côté de l’écran. Classique. L’occasion de faire une pause, et de partager sur ce blog les évènements marquant des jours passés. 

La semaine dernière, c’était 中秋节, la fête de la mi-automne. L’automne du calendrier lunaire. Débuté début aout, l'automne marquait la fin de la saison chaude et humide, l’arrivée de températures plus agréables, le retour du ciel haut et bleu. Fin septembre la mi-automne marqua la fin des claquettes, le retour au pantalon et aux manches longues. Encore 2 mois, et nous serons au plus bas des températures pékinoises. 

Mais avant que la période d’hibernation ne commence, on fait le plein de soleil. A l’occasion de la fête de la mi-automne, nous avons rejoins le village de Cuandixia, adorable petit village de montagne situé en banlieue Pékinoise. L’architecture en cour carré (Siheyuan) des habitations, typique du Nord de la Chine, est particulièrement bien conservée ici. Monnayant quelques kuais, les habitants offrent le diner et le coucher dans une ambiance particulièrement paisible.


Vue sur Cuandixia depuis le versant Sud

Le village de Cuandixia, je l’avais découvert il y a deux ans de cela, emmené par Balthazar et quelques amis (Souvenez-vous). J’en avais gardé d’excellents souvenirs. Un contact sympa avec les locaux, une déambulation à travers les vieilles pierres du village, une escapade dans la montagne à la recherche d’un village abandonné… Motivé par ces excellents souvenirs, c’est vers Cuandixia que j’organisai la première sortie de la nouvelle année du Chinese Corner. Une sortie sur 2 jours, c’était une grande première. Et pour une grande première, nous n’avons pas fait les choses à moitié, car c’est une petite trentaine de participants que nous avons conduits à Cuandixia.

Une partie de la tribu

Témoignage in english au retour de Cuandixia:

When I went to sleep yesterday, I remembered our steep hike to the forsaken upper village of Cuandixia, I remembered the delicious muttons legs we enjoyed back in the village, I remembered Tina’s smile when she and Matthias finally met us in Cuandixia, I remembered Justin’s number 4 and the dozens glass of beer he drank for that, I remembered Laurent’s frightening Baijiu and all the lies I had to drink for, I remembered the sweet night I spent with my new intimate friends in the guesthouse of the good fortune, I remembered walking every small cobblestone street running through the village…

Cuandixia, depuis le versant nord

 Dans les rues du village


La meule est toujours là


Les retours sur cette excursion furent extrêmement positifs. C’est gratifiant, et ça donne envie d’organiser de futures excursions. Ma prochaine idée ? Aller passer une nuit dans un monastère bouddhiste…

Une anecdote pour les sinophiles avant de poursuivre. Quelques mots laissés en commentaire d'une photo de l'excursion, sur le facebook chinois:

朱昕岩: 这是哪里啊?
翁少妙: 爨底下的村居,看起来有点古旧
朱昕岩: 呃。。。第一个字不认识。。。
翁少妙: 川。。。我从来没打出这个字,每次都是COPY的
朱昕岩: 好吧。。。。我以为只有我不会呢。。呵呵,这下平衡多了


Au retour de Cuandixia, c’était une semaine de 7 jours sans pause qui m’attendait. En Chine, à l’occasion d’un jour férié, le gouvernement donne 3 jours de vacances, et à l’occasion de 3 jours fériés, il donne 7 jours de vacances. Magnanime, n’est-ce pas ? En fait pas tant que ça. Pour éviter les ponts incontrôlés lorsque le ou les jours fériés tombe en milieu de semaine, le gouvernement déplace les week-ends pour les juxtaposer au(x) jours férié(s). La semaine qui suit, détroussée de son samedi et de son week-end, fait grise mine… (Plus d'explications sur sinoplice)

Cette semaine fut marquée par le lancement de tournoi de Beach-Volley. J’ai été rappelé par mes anciens coéquipiers du tournoi de volley classique, pour une revanche dans le sable. Equipe réduite à 3 joueurs, vachement sympa, des plongeons dans le sable, une ambiance hyper détendue, grand plaisir. Nous sommes actuellement à une victoire une défaite. Arriverons-nous à sortir des poules au terme du 3ème et dernier match de poule ?

Retour sur une anecdote. Au cours du 2ème match de volley Wanxin reçoit un coup de téléphone. Il nous dit que c’est son « Lingdao » (领导) au bout du fil, on interrompt le match. Lingdao signifie dirigeant. Terme ordinairement utilisé pour désigner les leaders politiques, présidents d’université ou d’entreprise, etc. Sur le moment je me dis que ce devait être son professeur-tuteur qui l’appelait. Mes camarades corrigèrent mon erreur : Lingdao s’applique à la copine ! Les étudiants de Tsinghua, même quand ils mesurent 1m80 et smashent avec une puissance terrifiante, appellent leur copine Lingdao ! Cela correspond à toute une attitude de soumission qu’ont les jeunes chinois envers leurs copines. Elle est exigeante, lui est soumis. Elle se comporte comme une enfant, lui est un « provider ». Relation dissymétrique reconnue par tous, et mise en image dans le cartoon enfantin « Le mouton Xi » (喜羊羊). 

A mes camarades chinois, je n’hésite pas à leur demander comment ils peuvent supporter une telle relation. Comment acceptent-ils de considérer leur copine comme une dirigeante ? Et comment accepter dans le même temps qu’elle se comporte comme une jeune enfant, capricieuse et puérile ?

A la première question ils me répondent unanimement qu’étant donné le ratio femmes/hommes inférieur à 1 en Chine, ils n’ont pas le choix, et doivent accepter de se soumettre. « Sinon ta nana ira en chercher un autre », me confient-ils. 

A la seconde question, ils me répondent qu’ils aiment ça…

Changeons de sujet et passons au 3ème évènement de la semaine : la grande soirée gastronomique qui s’est tenu ce samedi dans notre appartement. Avec mes collocs Dimitri (grec) et Ming (Thai), nous avons préparé des petits plats de chez nous. Salade grec et boules de viande, fried squids, et crêpes françaises.



L’évènement marquant de la soirée ? Définitivement quand Yingying, ABC (American Born Chinese), a commencé à étaler du nutella sur sa crêpe tomate chêvre !!! 



dimanche 19 septembre 2010

Nouvelle chambre

Déjà trois semaines écoulées depuis que j’ai attaqué mon dernier semestre à Tsinghua. Le temps file, file, file. Quand mes journées sont occupées comme elles l’ont été ces dernières semaines je ne vois vraiment pas le temps passer. Il faut dire que je dois rendre ma thèse mi-novembre et que mes rapports avec mon professeur se tendent de plus en plus…

De retour de Harbin et Changbai Shan, ma première tache fut la recherche d’une chambre à l’extérieur du campus. J’adoptai une attitude beaucoup plus agressive : je savais ce que je voulais, j’avais des critères exigeants, et j’étais décidé à ne pas perdre de temps sur des chambres insatisfaisantes. Je démarchai les agences les unes après les autres, en demandant à voir sans perte de temps ce qu’elles avaient qui correspondaient aux critères (grande chambre, orientée sud, très bon état, pas de salon transformé en chambre, cuisine propre et utilisable, et prix en décroissance avec la distance au métro), et en négociant fermement les frais d’agence. Et bien, quand les critères sont clairs, les choses vont vite. Ma recherche de chambre commença le 31 aout à 17h, le même jour à 19h j’avais trouvé ! 

Une petite porte presque invisible donnant sur le grand boulevard menant à l’entrée principale de l’université, cinq étages à gravir pour arriver au 212. L’appartement est grand, bien placé, propre et en très bon état, le salon est toujours là, la cuisine me donne immédiatement envie de me remettre aux fourneaux. Trois chambres, deux petites orientées nord et une gigantesque orientée sud. Je tombe amoureux de la grande chambre au premier coup d’œil. Les loyers sont à 2200 pour les petites, 2500 pour la grande, frais divers non compris. Je suis une nouvelle fois étonné par la si faible différence de prix entre les différentes chambres dans les collocations. La grande chambre est 2 à 3 fois plus grande que les petites, orientée Sud, séparée des deux autres chambres dans l’appartement, et pourtant à peine 15% plus chère ! Quand je vis un nouveau couple arriver à ma suite pour visiter le même appart, je m’engageai : « Je paye et je signe tout de suite ! »

Plan d'Wudaokou (le nord est à gauche)

On retrouve la propriétaire pour signer le contrat 10 minutes après. Au Mc Do ! On négocie les détails, et à 22h, la chambre est à moi. Je déménage le lendemain, en taxi bien sur (il en faudra deux, j’ai maintenant une quantité d’affaires hallucinantes) avec la précieuse aide de Grégoire et Thomas. Thomas qui venait juste passer deux jours à Pékin pour un entretien et à qui j’offrais l’hospitalité, m’aidera d’ailleurs à faire les allers-retours sur les cinq étages de mon immeuble. Certains diront que mon caractère ressemble de plus en plus à celui de mon père ;-)

Durant les jours suivants, une succession de jeunes et moins jeunes visitèrent les chambres restantes. Quelque chose me marqua particulièrement. Les occidentaux, américain(e)s comme européen(ne)s, intéressés par les chambres insistaient toujours pour voir qui j’étais avant de signer le contrat. Ils attendaient parfois longtemps pour savoir si une vie d’appart sympa serait possible. Les chinois ? Jamais. Quand moi-même je faisais mes visites d’appartement, je frappais toujours aux autres portes pour dire bonjour et faire connaissance avec mes potentiels futurs colocataires. Quand ils étaient chinois, ceux-ci ne semblaient pas trop comprendre ma démarche. Pour beaucoup d’entre eux, la colloc n’est pas un but, seulement un moyen de se loger pour moins cher. 

Après une semaine de visites, l’identité de mes collocs semblait se décider : ce sera deux étudiants en provenances des US, le premier américain, le second belge. La propriétaire les rejoint à l’appartement pour signer le contrat, et ils sortent pour aller tirer l’argent nécessaire. Le lendemain en rentrant du labo, la propriétaire est là est me présente mes nouveaux colocataires : un thaïlandais et un grec. En Chine, les choses changent vraiment très vite !

Durant les jours suivant ma propriétaire se révéla être très attentive aux besoins de l’appartement, je fus agréablement surpris après mon expérience de l’année dernière. Les réparations furent effectuées rapidement, et on se retrouvait parfois à discuter autour d’un thé avec elle et les autres collocs. Mariée et mère de deux enfants, elle s’est lancée à son propre compte dans le business de l’immobilier. Propriétaire d’une vingtaine de maison, elle est occupée du matin au soir, et ne prend guère le temps de s’occuper de ses enfants. Elle me pause des questions sur notre éducation à l’occidentale. En voyant mon violoncelle elle me confia qu’elle obligeait ses enfants à faire du piano, mais que la passion ne prennait pas chez eux.

Hier soir j’organisai ma pendaison de crémaillère. J’avais envoyé des invitations par email à des amis de différentes nationalités et différents background, en précisant l’heure à laquelle cela commencerait (20h) et en les invitant à venir accompagnés de leurs amis s’ils le souhaitaient. Le point commun entre tous les invités, c’est que peu d'entre eux ne donnèrent de réponse, et quand il y avait réponse, c’était toujours pour décliner l’invitation. Les différences, ce furent les heures d’arrivées : à 18h30 arrivent deux petites chinoises que je ne connaissais pas, invitées par Lucy, une amie chinoise du chinese corner qui n’arrivera que vers 20h. A 19h15 arriva Jonah, amis chinois connu lors du forum STeLA. Peu après 20h arrivèrent la majorité des invités, de nationalité française, néerlandaise, américaine. 

Et après ? Photos :

Un bout de ma chambre reconverti en salon^^


 Cow-boy Michael and Panda Tina on DDR duel


Il parait que Mr et Mme Grégoire lisent ce blog?

jeudi 9 septembre 2010

Pékin: Introduction à 798

Samedi, retour à Pékin. Le temps est idéal, je sirote un café sur une terrasse. Bien que la terrasse soit un concept presqu’inexistant à Pékin, ici à 798, il y en a à tous les coins de rue. 798, souvent appelé le quartier artistique de la ville, détone dans le paysage urbain pékinois. 

Cet ancien quartier d’usines et d’ateliers s’est transformé depuis le milieu des années 90 en un centre artistique de renommée. Les ateliers d’artistes et galeries d’art ont petit à petit pris leur place dans cette enceinte à l’architecture industrielle. 

798 est un quartier bas, aucune tour d’habitation n’est venu prolonger ce quartier dans la troisième dimension. Le quartier se peuple au lever du jour d’artistes du coin et de visiteurs d’un jour. L’ambiance est détendue, on déambule à pied, et les véhicules qui viennent troubler le sentiment de tranquillité sont bien rares. 

Sur la rue principale du Sud, en levant les yeux on aperçoit un café perché sur un arbre. Trois étages en plus du rez-de-chaussée, ceux qui osent gravir les escaliers très pentus sont récompensés par une atmosphère champêtre, proche de la cime des arbres. 

Petites photos pendant que je finis mon café :




jeudi 2 septembre 2010

Pékin, du 14 au 21 aout: STeLA Forum 2010

STeLA Forum, c’était une cinquantaine d’étudiants venus des plus grandes universités scientifiques des États-Unis, de France, du Japon et de la Chine, rassemblés à Pékin pour une semaine d’activités, de partage, d’apprentissage, et de réflexions autour de 3 thèmes intiment corrélés : Science et Technologie, Leadership, et Coopération Internationale. 

J’ai participé à STeLA Forum en tant que membre de la délégation française. Ce fut une expérience passionnante, extrêmement enrichissante, et ce particulièrement en terme de relations humaines.

Tout ceci aurait été impossible sans deux facteurs décisifs :
  • L’organisation était excellente. On sentait une maturité et une grande maitrise dans la gestion des activités. De la part d’une organisation prônant l’exercice du leadership, c’était à espérer, et ils n’ont pas failli ! Ils ont même excellé en la matière.
  • Les participants étaient tout aussi excellents. Et cela était sans doute le résultat de critères de sélection judicieusement choisis. On nous demandait de répondre aux deux questions suivantes : « Choose one current global issue in which science and technology play a role, and discuss how you think leaders from the scientific community should effectively adress the issue », et « What do you think your experience with STeLA Forum 2010 would bring to you regarding leadership and would benefit your future carreer ? ». Si la première question permettait de juger de l’aptitude du candidat à voir les enjeux en terme de problème de société de la science et des technologies, la seconde question fut décisive et permit de sélectionner les candidats qui aborderaient le forum avec l'attitude la plus positive et des objectifs personnels ambitieux.
La formation à proprement dite était assurée par les membres du staff les plus expérimentés, faisant leurs doctorats aux États-Unis, et ayant une maitrise impressionnante des challenges, techniques et modèles du leadership. 

Durant la première partie du forum, nous étions rassemblés sur le campus de la Peking University (北大), et les différentes activités étaient organisées autour de cinq pôles.
  • Activités pratiques permettant d’introduire ou illustrer des comportements individuels, comportements de groupe, techniques de leadership, etc.
  • Activités plus théoriques où l’on analysait les situations pratiques pour en déduire des modèles de leadership, de communication, de réflexion, etc.
  • Séances en petits groupes de réflexions indispensables à une bonne assimilation des notions. Aussi un entrainement à ce qu’on appelle la « facilitation », l’aptitude qui permet de stimuler le dialogue dans un groupe.
  • Petites présentations par les membres du staff sur la problématique du transfert de technologie, appliqués aux domaines de l’agriculture, et de l’énergie.
  • Des conférences faites par des représentants industriels et académiques, toujours sur le thème du transfert de technologie, et de la coopération internationale.
Si les conférences formelles, pour la plupart effectuées par des représentants chinois, m’ont paru d’un ininntérêt prononcé, les activités des quatre autres pôles se sont révélées passionnantes.

Durant la seconde partie du forum, nous avons déménagé pour le BIT, Beijing Institute of Technology. Le département de photo-électronique du BIT avait accepté de s’associer à l’organisation de STeLA Forum, et mettait de nombreux moyens techniques à notre disposition. Au BIT, nous devions réaliser notre projet de groupe. Un projet étalé sur quatre jours par petits groupes de six participants, où nous devions mettre en application nos compétences nouvellement développées au cours de la première partie du forum. L’enjeu était de construire un système de multiplication de la puissance d’un panneau solaire afin de répondre à un problème auquel la Chine fait face aujourd’hui. Nous étions jugés sur l’efficacité de notre collecteur solaire, le caractère innovateur de notre invention, l’importance du problème qu’il permettait de résoudre, et enfin, la capacité de notre invention à résoudre ce problème. Là où l’organisation s’est révélée magique, c’est que la totalité des notions relativement théoriques développées au cours de la première partie du forum ont toujours trouvé une illustration ou une application pratique au cours de ce projet de groupe.

Après cette description globale de STeLA, il est intéressant de se demander ce que j’ai moi-même retiré de ce forum.

Avant tout, j’ai associé quelque chose au terme de leader. La notion de leader était toujours restée une notion assez floue dans mon esprit. Je me souviens avoir été extrêmement maladroit le premier jour du forum en essayant de répondre à la question : « Parlez-nous d’une situation où vous avez été amené à vous comporter en leader. » Aujourd’hui je suis capable de définir ce que j’entends par leader, d’affirmer quelles sont mes compétences en terme de leadership, et de les illustrer à forces d’exemples convaincants. Alors que j’entre dans ma période de « job hunting », je pense que cela m’aidera beaucoup au cours de mes entretiens. 

J’ai appris à distinguer le leadership, la dominance, et la proposition d’idée. Le leadership rassemble diverses capacités permettant de faire avancer un projet de groupe. La dominance est un trait de caractère qui peut orienter vers une certaine pratique du leadership. Dominance et leadership ne sont ni synonymes, ni incompatibles. Enfin leadership et proposition d’idée font un dans le cas d’une dictature, mais pas dans le cas d’une situation de bon leadership !

La confrontation et le travail en groupe avec des étudiants venus des US, du Japon et de la Chine fut aussi très instructive. Les façons de travailler, de penser, de s’exprimer sont très différentes d’un pays à l’autre, et ces différences étaient mises au grand jour au cours du forum STeLA. J’aurais l’occasion d’y revenir dans les articles suivants…



mercredi 1 septembre 2010

C'est la rentrée pour Matapékin !

Matapekin rentre aujourd'hui de 6 longues semaines de vacances. Tel un bon parisien, on n’a pas entendu parler de lui du 15 juillet au 31 aout.

Mais d'ailleurs, que fait un parisien quand il rentre de vacances? Il raconte ses exploits de l'été. Avec force et détails, et suffisamment de fois pour que tout le monde soit au courant.

Matapekin, tu sais ce qu'il te reste à faire! Mais la tache est ardue. Car durant les 6 semaines de vacances, des expériences passionnantes et qui mériteraient d'être partagées sur ce blog, j'en ai eu des tas.

Par où commencer? Le début? La fin? Le milieu? Le plus émouvant? Le plus amusant? Le plus chaud? Le plus froid? Le plus agité? Le plus calme? Le plus passionnant? Le plus ennuyeux? Ce dont je me souviens le mieux? Ou ce que j'ai déjà oublie?

Commençons plutôt par ce que je n'ai pas fait durant ces 6 semaines.

Je n'ai pas essaye de nouveau métro asiatique. Mon total reste donc à 12/33.

Je ne me suis pas écrasé, et je n'ai pas perdu mes bagages durant mes vols avec Aeroflot. Je n'ai pas non plus vu de jolies hôtesses, seulement des vieilles décrépies habillées de rouge style guerre froide, bof...

Je n'ai pas trouve d'appart durant mes 3 petites semaines a Pékin. Sans doute parce que je suis à la recherche de quelque chose d'impossible, à savoir une colloc avec des chinois où une vie de colloc aurait lieu, avec un salon et une cuisine comme lieu de vie commune. Ça se trouve facilement avec des étrangers, mais les chinois préfèrent souvent s'enfermer dans leur espace personnel, et n'hésitent d'ailleurs pas à transformer le salon en une chambre à louer. Pourtant ce que j'espère trouver, ça existe. J’en veux pour preuve celle dans laquelle Tongheng vivait l'année dernière. J'ai encore donc un peu d'espoir. Maintenant que je suis de retour à pekin, c'est ma tache n°1.

Je n'ai pas commencé Le rêve dans le pavillon rouge (《红楼梦》) bien que Xuemei me l'ait offert. Il faut s'avoir que Le rêve dans le pavillon rouge, c'est un grand classique de la littérature chinoise. Des intrigues incroyables, une série de tableaux et de personnages, et le moyen ultime d'apprendre à conquérir les femmes (dixit Wu Min). Mais c'est aussi un pavé monstrueux écrit tout petit et en langue vernaculaire d'il y a plusieurs siècles. Il faut une heure pour lire chaque page m'a dit Xu Xiangming, qui n'en n'a lu que certains passages. Je suis preneur d'autres avis en la matière avant de m'engager sur ce bouquin!

Bon, c'est bien gentil des "je n'ai pas", mais ça ne fait pas avancer le schmilblick. Alors, qu'est-ce que j'ai fait? 

Tout d'abord, j'ai mangé japonais. Plusieurs fois, et toujours en excellente compagnie.

Il y a 6 semaines Je mangeais japonais a paris avec une bande d'amis. C'était fait maison, sur l'idée originale de pierre thomas, c'était convivial et c'était excellent. Parce que c'était fait avec amour, et en compagnie si rarement retrouvée !

Il y a 4 semaines je mangeais japonais à Isshin (一心) avec Xuemei (雪梅), la prune des neiges, une jeune chinoise originaire de Chongqing, rencontrée un soir de fête nationale (pourtant sans le GU) et qui envahit désormais ma boite SMS alors que je n'ai ni voiture ni maison à lui proposer. C'est bizarre. Xuemei travaille et habite à 798, un quartier artistique pékinois. C'est de l'autre cote de la ville par rapport à Wudaokou, mais une ligne de bus nous relie directement, ça suffit pour parler d'yuanfen (缘分) ;-)

Il y a 1 semaines je mangeais japonais entouré d'amis chinois, coréens, américains, et japonais bien sur. Ces gens ils venaient de Peking University, Harvard, MIT, Tokyo University, Paris Tech, Tsinghua University, etc. Pas n'importe qui dis-donc! Vous devez vous demander comment je choisis mes amis. Non diplômés des plus grandes universités mondiales s'abstenir ;-) En fait nous participions tous à un grand événement ayant lieu à Pékin et réunissant des étudiants de ces grandes universités autour du thème du leadership. Et pour revenir au diner, nos amis japonais furent des hôtes incroyables, assurant tout, de la commande à la distribution des plats, en veillant toujours que chacun soit toujours correctement servi. Encore merci a eux!

Qu’est-ce que j’ai fait d’autre ?

J’ai fini Messieurs Ma, père et fils (《二马》), roman de Lao She (老舍), ce grand écrivain chinois du début du XXème siècle. Ce fut mon second roman chinois en langue originale. Le défi était d’ailleurs plus grand que la lecture du vendeur de sang car la langue dans laquelle est écrite Messieurs Ma, père et fils est un mandarin écrit pas encore tout à fait finalisé, et donc comportant des différences avec du mandarin écrit d’aujourd’hui. Cela a ainsi demandé une durée de lecture relativement longue,  mais ça restait lisible, et j’ai pris un très grand plaisir à la lecture. Non pas parce que je me suis cassé la tête sur tous les caractères de botanique (l’histoire se passe en Angleterre), mais parce que la narration était passionnante. Passionnante car j’y ai trouvé beaucoup de points communs avec ma situation actuelle. Le roman met en effet le père et le fils Ma, arrivant en Angleterre au début du XXème siècle, le premier pour relancer le business de son frère décédé, le second pour y mener des études. L’Angleterre sort de la première guerre mondiale, mais toujours en pleine expansion industrielle. Il en ressort un pays qui évolue très vite, très fort, un pays dont la capitale en permanence bloquée par des embouteillages monstrueux baigne dans un nuage de poussière et de pollution permanent, un pays peuplés de citoyens aux mentalités diverses, des plus conservatrices aux plus ouvertes. Le résultat, c’est qu’à travers les yeux des pères Ma débarquant à Londres, j’ai presque l’impression de voir mon expérience de Pékin…

Quoi d’autres ? Oui ! J’ai aussi été pour la première fois consulter un médecin chinois  traditionnel! Après avoir consulter un médecin chinois exerçant la médecine occidentale, puis un médecin occidental exerçant la médecine occidentale, et constater leurs échecs respectifs, je me suis dit qu’il fallait mieux se tourner vers les médecins locaux exerçant la médecine locale. Je me suis donc rendu dans un petit cabinet de médecine chinoise. Ici, l’ambiance ne ressemble en rien à celle des hôpitaux ou pharmacies chinoises de médecine occidentale. On se retrouve dans un lieu paisible, agréable, joliment décoré. On attend tranquillement que le médecin nous fasse rentrer dans sa petite salle de consultation. Ce dernier commence par prendre le temps d’écouter ce que tu as à dire (l'Écoute est l'une des 4 méthodes de base de diagnostique en médecine chinoise, avec l'Observation visuelle, le questionnement oral, et la palpation du pouls: 望闻问切). Et en ce qui me concernait, le médecin a rapidement été capable de décrire l’ensemble de mes symptômes, précisément, et même ceux dont je n’avais pas eu le temps de parler. Je suis atteint de 湿气 me dit-elle. Mot à mot, c’est le souffle humide. Le dictionnaire me dit 1) Humidité, moiteur (Médecine Chinoise), 2) Eczéma, 3) Pied d’athlète. J’imagine que tout cela est plus ou moins relié, même si je n’y connais pas grand-chose. D’ailleurs il existe pas mal d’autres mots en chinois qui peuvent se traduire par Eczéma, donc je ne sais pas trop. Toujours est-il qu’elle m’explique que c’est la manifestation d’un état de déséquilibre du corps entier, et non seulement d’une petite partie de peau qui serait atteinte d’un petit mal localisé. Elle trouve dans l’état de ma langue et de ma gorge une confirmation de ses dires (mais qu’est-ce qu’elle a ma langue ?! ). Commence alors le temps de la prescription, et c’est clairement le meilleur moment. Elle énumère une très longue liste de divers ingrédients à son assistante qui prend en note. Au moins une vingtaine, peut-être plus. Puis c’est d’après cette liste que les petites mains des autres assistants vont me préparer une vingtaine de petites potions à faire chauffer et boire matin et soir. C’est pas bien bon, mais c’est efficace. Les symptômes s’amenuisent rapidement. Enfin, pour les premiers jours… Car c’est revenu fortement, et malgré la fin de la potion ! Alors bravo pour le diagnostic, mais échec de la médication. Dommage… Xuemei me disait d’ailleurs que la médecine chinoise, c’est quelque chose qui marche sur une longue période, j’aurais peut-être du retourner voir la médecin chinoise pour poursuivre encore quelques jours, quelques semaines… Mais à 400 RMB la semaine, et peu de résultats effectifs, j’ai abandonné.

C’est tout pour aujourd’hui, STeLA et ISSNP dans les prochains épisodes !

mardi 1 juin 2010

倾盆大雨 - Les pluies estivales sont arrivées

Comme tout bon gros orage qui s'annonce, le ciel devient soudainement très sombre, menaçant. Des éclairs éclatent au loin, chacun sait qu'il ne lui reste plus que quelques minutes avant le déchainement de la fureur du ciel. 

Ca y est, on reçoit la première goutte. Pas une gouttelette, non, une grosse goutte, volumineuse, gorgée d'eau, et qui vient marquer votre chemise, tel le viseur d'un soldat placé aux avant-postes, indiquant la cible au reste des troupes.

Il ne faut d'ailleurs pas attendre bien longtemps avant que le gros des troupes ne déferle. Recroquevillé sous mon parapluie, une main secouant ce dernier rempart de droite à gauche, espérant en arrêter le plus possible, la deuxième s'agrippant maladroitement au frein qui ne répond plus, j'essaie d'éviter les obstacles qui par bonheur ne sont plus très nombreux. Les rues se sont vidées en un clin d'œil, tous se sont cherché un abri provisoire. Contre cette pluie, le parapluie n'offre qu'une bien maigre défense. L'expression chinoise est imagée, 倾盆大雨: c'est une pluie abondante comme se déversant d'une bassine que l'on renverserait.

Je trouve un pauvre arbre dont l'immobilité fait peine voir, je lui offre ma bicyclette en guise de compagnon. La route ressemble à un gigantesque pédiluve, je bénis intérieurement l'inventeur de la tong. Le trottoir est déjà presque submergé. Je parcours a grand pas les derniers mètres qui me séparent de mon arche: la station de métro. Mais celle-ci est déjà pleine. Les escaliers sont recouverts d'une foule bloquant de sa masse le pauvre voyageur égaré...

vendredi 23 avril 2010

Sushis


Conséquence insolite de la fermeture de l’espace aérien européen : les sushis au saumon des restaurants Japonais de Pékin subissent une augmentation brutale des prix. Mais où s’approvisionnent-ils donc ?

lundi 19 avril 2010

Acheter un violoncelle à Pékin

Chose promise chose faite. Je suis maintenant possesseur d’un formidable violoncelle chinois acheté ce samedi à Pékin ! Samedi c’est Aurélien qui m’a accompagné pour m’aider à bien choisir. Encore une fois, un grand merci ! Si vous vous aussi vous habitez à Pékin, vous jouez du violoncelle et vous ne voulez pas renoncer à votre instrument sous l’excuse de vivre en Chine (là j’ai perdu tous mes lecteurs …) et que vous n’avez pas d’Aurélien sous la main, voici quelques informations pratiques qui pourraient vous être utiles.

La plus grande concentration en luthier doit se trouver sur 新街口南大街, juste au nord de la station de métro 平安里, du côté Est de la rue. Une bonne vingtaine d’enseignes vendent des instruments de musique chinois comme occidentaux. En particulier 4 ou 5 parmi eux proposent quelques violoncelles. 

Les prix les plus bas se situent entre 1000 et 2000 RMB. Ceux-ci sont en partie faits à la machine, et je ne sais pas s’il y existe une liaison de cause à effet, mais ce ne sont pas de bons instruments. Le son n’est pas bon, l’instrument peu maniable. La finition n’est pas bonne, les chevalets démesurément grands le prouveront.
Pour un instrument agréable à jouer, il faudra se rapprocher des 3000 RMB. J’ai trouvé deux instruments qui me satisfaisaient. L’un à 3000 RMB, le second à 3500 RMB, tout d’eux après discount respectives de 500 et 300 RMB. Le second était plus vif et entre mes mains il me rappelait davantage mon instrument resté en France,je l’ai ramené avec moi.

Je pense que la stratégie à adopter pour acheter un violoncelle à Pékin est de savoir qu’il faut dépenser une somme comprise entre 2000 et 8000 RMB pour l’achat d’un instrument, puis essayer les divers instruments de tous les luthiers de la rue pour comparer. Les instruments que vous trouverez satisfaisants se retrouveront naturellement dans une gamme de prix correspondant aux exigences que vous avez envers l’instrument. Les vendeurs luthiers ne semblent pas essayer d’arnaquer méchamment l’acheteur étranger, du moins pas tant que celui-ci sait manier l’instrument et communiquer en Chinois. 

Au niveau des pièces secondaires, un archet de base est offert avec le violoncelle, et un archet de meilleure qualité s’achètera au prix de quelques centaines de RMB. Les housses molles sont gratuites, les boites rigides et légères en mousse sont à 350-400 RMB, les boites blindées vraiment solides sont à 600-700 RMB. Possibilité de se faire offrir un jeu de corde, un pupitre, un repose-violoncelle, une colophane, pour l’achat du violoncelle avec sa boite.

Prochain article sur où trouver de bonnes partitions pour violoncelle à Pékin !

jeudi 15 avril 2010

春捂秋冻

春捂秋冻

Variante chinoise de notre dicton « En avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qu’il te plait. » En seulement 4 syllabes il nous invite à rester bien couvert à l’approche du printemps, et inversement à ne pas aller trop vite à l’arrivée de l’hiver. 

Si au mois d’octobre on doit essayer de supporter un peu le froid avant de sortir les anoraks, c’est pour obliger l’organisme à s’habituer aux nouvelles conditions de température, et à se préparer aux terribles mois de décembre et janvier.

Et au mois d’avril, ce n’est pas pour obliger l’organisme à s’habituer doucement aux conditions de température estivales, faites moi confiance, ça il le fait très bien de toute façon, non, c’est en raison de l’effet Yoyo du climat du nord du pays. Fin février les températures repassaient en positif et on avait déjà l’impression que le printemps pointait le bout de son nez. Le vieux Pékinois ne s’excitait pas trop, et nous prédisait trois violentes chutes de température avant le réel avènement du printemps. Et c’est réellement ce qui s’est passe, et à chaque rechute c’est une nouvelle épidémie de rhume.

Depuis le week-end dernier nous sommes dans la période de 3ème rechute des températures. Alors que nous avions mis les anoraks et gants au placard et ressortis les polos d’été avec une température qui dépassait allégrement les 20 degrés au plus chaud de la journée, il a fallu les ressortir cette semaine avec des minimales autour de zeros degré, et et et - et plus de chauffage, car il est coupé partout depuis le début du mois ! 

Ce qui est le plus amusant dans cette période de température à effets Yoyo, c’est le phénomène de 乱穿衣, la fantaisie dans l’habillement. Dans la rue les anoraks, gants et écharpes côtoient t-shirt, petites jupes et bermudas. Le plus beau contraste que j’ai vu était sur une même personne, Shaoyu, une amie Malaisienne, habillée en short et tongs en bas, anorak et cache-oreilles en haut…

lundi 29 mars 2010

Train Pékin Shanghai

La lumière sur le trajet Pékin-Shanghai. 

Que ce soient les étrangers ou les chinois, personne ne connait la réalité du service ferroviaire proposé au particulier sur le trajet Pékin-Shanghai, et les quelques personnes compétentes en la matière n’ont habituellement ni le temps, ni l’envie de nous l’expliquer. Aujourd’hui j’ai enfin rencontré quelqu’un qui a patiemment répondu à toutes mes questions, et je pense qu’il est utile de partager ces réponses ici. 

Rappelons tout d’abord que l’offre proposée par l’équivalent chinois de la SNCF est d’une flexibilité hors paire avec un nombre de train, des horaires et des prix qui restent identiques quelque soit le jour de l’année. Pas de périodes de pointe, pas de périodes creuses, c’est plus simple comme ça. Il n’existe pas de service de réservations par internet ou par téléphone, la vente de billets s’effectue seulement aux guichets de la ville de départ, parfois aussi dans la ville d’arrivée. Les billets sont mis en vente 5, 10 ou 20 jours avant le départ du train, à partir de 9h du matin. Le jour de mise en vente peut varier en fonction du type de train, de la destination, et de la période de l’année, et c’est bien le seul paramètre flexible du système.

Regardons maintenant le récapitulatif des trains qui circulent entre Pékin et Shanghai chaque jour :



10 trains qui se répartissent en 3 groupes. Les 2 premiers sont des trains rapides de jour (动车, 10 à 11 heures de trajet). Les 5 suivants sont des trains rapides de nuit (动车, 10 heures de trajet). Les 3 derniers sont des trains lents de nuit (快车, 13 à 15h de trajet).

En raison de la durée du trajet, le groupe des trains de jour n’est pas très attractif, il consiste généralement une solution de secours en cas d’échec sur les deux autres groupes, nous ne nous étendrons donc pas dessus.

Sur les trains de nuit, seuls les trains lents (快车, sic !) sont équipés de couchettes dures. Ces couchettes dures sont de loin les plus recherchées car elles offrent un prix qui reste raisonnable d’environ 350 RMB. Malheureusement il n’y en a que 120 par trains, et celles-ci disparaissent quasi instantanément à l’ouverture de la vente des billets, 5 ou 10 jours avant le départ du train. Dans la pratique, il est impossible de se les procurer, même en passant par une agence de voyage ou en faisant la queue toute la nuit devant un guichet de vente. Tout Beijing est relié sur le même système de vente, et c’est de la folie. 

La seule réelle offre est donc celle des trains rapides de nuit, surlignés en jaune dans le tableau. 5 trains rapides qui circulent sur la même ligne dans un créneau de 25 minutes. Les seuls billets en vente concernant ces trains sont les assis mous (env. 350 RMB) et les couchettes molles (655 RMB pour les couchettes supérieures, 710 pour les inférieures). Ces billets sont mis en vente 10 ou 20 jours avant le départ du train, et il n’y a pas de razzia sur les couchettes molles en raison de leur prix exagérément élevé. 

Il existe en fait une deuxième alternative au voyageur qui désire voyager de Pékin à Shanghai sans passer plus de 10 heures assis sur son siège : l’avion. Une cinquantaine d’avions circulent chaque jour entre les deux villes. Le tarif est uniforme sur toutes les compagnies tous les horaires : 1120 RMB par trajet. 

Pour résumer, pour se rendre à Shanghai depuis Pékin, l’offre de l’avion est bonne (2h de trajet) mais terriblement chère, l’offre du train est mauvaise (plus de 10 heures de trajet, et pas de réelle offre de couchettes dures) et reste chère car seulement concurrencée par l’avion, qui remplit toujours malgré des prix à leur maximum.

Un peu d’espoir quand même. Une ligne de train vraiment rapide (4 heures) et à haute fréquence digne d’un pays développé devrait ouvrir en 2011, et permettra ainsi de concurrencer l’avion en proposant un trajet d’une demi-journée. On l’attend avec impatience !

samedi 20 mars 2010

Tempête de sable

8h30, j’ouvre les paupières. Il y a quelque chose d’étrange dans l’air, mais je ne comprends pas quoi. En fait non, le problème ne vient pas de l’air, le problème vient de la lumière. Le problème vient de la lumière qui passe outre les rideaux et pénètre dans ma chambre. Une lumière parfois brillante quand le ciel est dégagé, parfois blanche, pâle et tamisée quand le ciel est obscurci par le nuage de pollution. Mais ce matin la lumière n’est ni brillante, ni blanchâtre. Ce matin la lumière est jaune. Oui, vraiment jaune. Pas le jaune clair du soleil, non, un jaune sale et épais. Incrédule, je me lève, j’ouvre les rideaux. Stupeur. Cette lumière jaune vient de partout et de nulle part sous un ciel invisible, caché par un nuage dense de particules de pollution auxquelles se sont jointes pour l’occasion des tout petits grains de sable. Des tout petits grains de sable en provenance du désert de Mongolie, à quelques centaines de km au Nord-Ouest de Pékin. Soufflés par le vent venu de Sibérie, ils s’abattent régulièrement sur le territoire chinois, par incursions soudaines et foudroyantes. Ils ne dépassent généralement pas les provinces frontalières du Gansu ou de Mongolie Intérieure, mais aujourd’hui ils ont franchi la grande muraille et se sont abattus sur Pékin…

jeudi 4 mars 2010

Un peu d’argot Pékinois en vrac

拉倒, synonyme de 算了, laisse tomber. 不吃拉倒。 不愿意拉倒。那好,拉倒。

抠, raccourci de 抠门, qui désigne l’action d’ouvrir une porte sans utiliser la poignée. Synonyme de 小气 : Radin. C’est ce qu’on vous dit si vous avez bien négocié : 你真抠!Et si j’ai bien compris, on rajoute 儿 et on le prononce au 4ème ton…

抽, synonyme de 打 : frapper. 你找抽吗?

你看这么着成吗?synonyme de 行 ? ça marche ?

真行, synonyme de 厉害 : trop fort. 你真行!
搁, synonyme de 放 . 搁在这儿。

家蹲着 : pantoufler。在干吗? 家蹲着!

磕 : synonyme de 压 ou 撞. Le chinois l’a utilisé pour parler de mon téléphone dont j’ai tué l’écran par surpression entre ma cuisse et un obstacle inopinément rencontré.

二, diminutif de 250 : Bête.真二!

扯淡 : N’importe quoi !

jeudi 18 février 2010

A Pékin, ça pète !

De retour du Fujian après une semaine de voyages très riche en expériences, nous sommes de retour à Pékin. Retrouvez-nous à travers les articles suivants:
  1. Mais pourquoi le Fujian ? 
  2. Wuyishan (武夷山) (1/3) - Un austère Yangshuo ou une petite Huangshan ?  
  3. Wuyishan (武夷山) (2/3) – La descente en bamboo rafting
  4. Wuyishan (武夷山) (3/3) – La demeure des immortels 
  5. Xiamen (厦门), une cité effrayante… 
  6. Gulangyu (鼓浪屿), une beauté cachée
  7. Hakka Country (1/4) - Premières découvertes 
  8. Hakka country (2/4) – Du thé, de l’encens, des pétards et de l’argile
  9. Hakka Country (3/4) – Une nuit dans un tulou
  10. Hakka Country (4/4) - Les tulous ronds

Retour à la maison en ce qui me concerne, mais entouré des Quatremares, c’est encore un peu l’aventure. A la nuit tombée Pékin l’abandonnée se réveille. Nous sommes déjà le 18 février, soit 初五, le cinquième jour de l’année dans le calendrier lunaire, mais l’esprit du nouvel an chinois est encore là. Notre parcours à travers les rues est ponctué de crépitements à droite à gauche, devant derrière. Entre les grands feux d’artifice qui illuminent le ciel, et les pétards qui éclatent dans des claquements secs et sonores, la rue est la scène d’un immense spectacle son et lumière. On se croirait presque dans une ville en insurrection. Partout des ombres courent se cacher sous les porches après avoir allumé de nouveaux feux d’artifice qui vont s’envoler et éclater juste devant les fenêtres de ces grands immeubles qui encadrent les rues. Partout ça pète, ça éclate, ça claque, et les sons rebondissent entre les immeubles. On perçoit aussi l’agitation qui règne dans les rues adjacentes, l’insurrection semble être étendue… et quand on monte sur les immeubles, on réalise que sur des kms à la ronde, ça pète de partout, partout du vert, du rouge, du jaune !

lundi 8 février 2010

Canard laqué à Liqun (利群)


不到长城非好汉,不吃烤鸭真遗憾

Petit dicton pékinois signifiant: "Il faut monter sur la Grande Muraille pour conquérir la bravitude, et ce serait trop dommage de ne pas manger du canard laqué". Alors on s'est fait plaisir à Liqun (利群), petit resto très typique du Pékin traditionnel, perdu au fond des hutongs...


jeudi 28 janvier 2010

Mais où sont-ils tous?

C’est la fin du semestre à Tsinghua. Vendredi dernier se sont achevées les deux semaines d’examen. Par bonheur, je n’ai pas eu besoin de repasser par là, mon travail de cette année se limitant à mon travail de recherche. Vendredi dernier, c’était donc une grosse moitié des étudiants de Tsinghua, soit plus de 10 000 jeunes chinois et chinoises, qui se sont mis en route vers leur province natale pour profiter des grandes vacances d’hiver. Le traditionnel défilé des curieux véhicules de déménagement a eu lieu entre les dortoirs et la station de métro. Véhicules à 4 roues -2 grandes, 2 petites- 2 sièges, 2 paires de jambes. Un chinois assis devant appuie sur les pédales, une chinoise assise derrière fait rouler la valise à bout de bras sur le sol. Un grand sourire aux lèvres.

Pour les élèves master, la date de libération était une semaine plus tard. Fin d’une sacrément longue période de travail non-stop depuis le 5 octobre. Notre département a organisé ce mercredi un grand banquet dans le campus secondaire. Nous étions des centaines et des centaines rassemblés dans un gigantesque hall pour écouter quelques bons mots des actuels et anciens directeurs de l’institut, pour partager quelques bons petits plats… et surtout pour faire couler le baijiu, le si renommé (redouté ?) alcool local. Ce mercredi, j’ai joué le jeu. J’ai trinqué avec toutes les personnes venues partager un verre à notre table, et j’ai fait ma petite ronde entre les tables des camarades et des professeurs que je connaissais. Ces derniers n’étaient d’ailleurs pas les moins atteints…

Les élèves master sont maintenant repartis. A peu près tous. Au labo Il reste bien Zuo Hongwei, pris d’une soudaine motivation pour finir son sujet avant l’été. Au 8ème du bâtiment 21, il reste bien Kévin, mon voisin malaisien qui attend la visite de ses parents, ou Camille, doctorante coréenne seule à l’autre bout du couloir. Mais dans l’ensemble, Tsinghua semble bien vide. Les fenêtres des bâtiments étrangers traditionnellement allumées à toute heure ne brillent plus. Les embouteillages de bicyclette ne viennent plus troubler la quiétude du midi. L’immense campus de Tsinghua a été abandonné. 

Vous pourriez imaginer un silence mortuaire. Il s’agit plus d’une agréable quiétude. Le vent souffle doucement, dégage l’atmosphère et découvre un beau soleil radieux.

En sortant de Tsinghua, je réalise que la ville entière semble suivre le même chemin. On dirait que tous les habitants de Pékin ont suivi l’exemple des étudiants de Tsinghua, ont pris leur train et sont partis se reposer en province. Les rues habituellement si agitées et si bruyantes semblent prises dans une certaine léthargie. Ces rues si larges dévoilent aujourd’hui leurs réelles dimensions, une fois dénudées de leur habituel flux intense de piétons et véhicules en tous sens. Que ce soit à Wudaokou, à Dongzhimen ou à Gulou, j’ai l’impression de découvrir de nouveaux quartiers. Et je réalise que c’est dans ces conditions que Pékin dévoile réellement ses charmes…

mercredi 20 janvier 2010

Pékin par Alexis

Au mois de novembre dernier, nous avons eu la visite d'Alexis, un camarade de promo, qui a profité de deux semaines de vacances pour venir faire un petit tour dans l'empire du milieu. Passionné d'archéologie, il a partagé son temps entre Pékin, la plus récente des capitales impériales, et la région autour de Zhengzhou (郑州), située autour du fleuve jaune, et où l'on peut trouver des vestiges d'un grand nombre d'antiques capitales impériales (长安,洛阳,开封).

Alexis ne parlait pas un mot de chinois, mais cela ne l'a pas empêché de regarder Pékin avec des yeux grands ouverts. Témoignage:

Beijing s'étale à perte de vue et semble s'étendre sans limite dans l'espace qui sépare la mer des quelques montagnes au nord que l'on aperçoit a l'horizon. Je me rend compte de son immensité au sommet d'une petite colline ("la colline au charbon") au centre de la ville : autour des toits enneigés de la cite interdite et du vaste espace dégagé par la place Tian'anmen, s'élèvent des grattes-ciels à perte de vue dans toutes les directions ; étrangement, seul le centre semble épargné par cette épidémie de hauteur : est ce l'aura de Mao, qui repose dans un immense tombeau place Tian'anmen, dérangé quotidiennement par des milliers de visiteurs ?

Si les marques de la mondialisation sont omniprésentes (grandes tours, marques internationales, vêtements européens, voitures modernes...), je me sens étrangement beaucoup plus loin de l'occident que jamais auparavant. Je ne sens pourtant pas d'immense différence entre le mode de vie pékinois et anglo-saxon, mais il y a quelque chose dans l'air, que je n'arrive pas à matérialiser, qui rend absolument tout diffèrent. Pékin est une ville monstre, je pourrais y passer des jours en visites, sorties, rencontres ; je loge en CouchSurfing dans une coloc internationale (un italien, un chinois, une australienne et une française), et retrouve le soir quelques amis que j'ai déjà sur place. Je me promène dans le dédale des ruelles du Hu Tong, suit le flot continu de touristes chinois à travers la cite interdite, marchande des vêtements chauds, combat le froid humide qui est plus douloureux qu'a Ulaan Bataar. Je navigue à vue, change de direction autour des ruelles. J'ai la désagréable impression d'être épié, et je suis pris en photo plusieurs fois par des jeunes chinois qui n'ont rien de touristes. La langue chinoise me parait si inabordable, et les quelques locaux parlant anglais ne comprennent pourtant pas le moindre mot ; je suis frustré de ne pouvoir communiquer facilement. La chine s'annonce si vaste, si riche, mais pourtant si fermée linguistiquement...


Retrouvez la suite sur son blog, et n'ayez pas peur de faire comme-lui, tentez l'aventure Pékinoise!

jeudi 7 janvier 2010

Back in the snow


Cela fait 2 jours que je suis de retour à Pékin, il est maintenant grand temps de reprendre ce blog, car l'aventure de la chine continue malgré ma terrible remontée vers le grand Nord. Remontée vers le grand Nord qui a commencé par une nuit a l'aéroport de Kuala Lumpur en attente de mon avion, resté longtemps bloqué sous la neige Pékinoise. A l'approche de l'atterrissage, l'annonce du commandant de bord fut saisissante: Nous allons entamer notre descente vers l'aéroport international de Pékin, pas de décalage horaire avec la Malaisie, l'heure locale est de 10h30, la température extérieure de -15°C ... Aoutch! ca pique le visage, je me précipite dans le taxi heureusement bien chauffé, et je profite du trajet à travers les routes fraichement dégagées de Pékin.



Dans l'université comme dans Wudaokou règne une ambiance inhabituelle. La neige a apporte un calme et une lenteur qui fait du bien a ce quartier surexcité. Peu de gens sortent de chez eux, les véhicules roulent doucement, mêmes les klaxons ne se font guère entendre. Je bénis ce petit vent hivernal qui même s'il ne nous aide guère à résister à ces températures extrêmes, disperse les particules rejetées par les innombrables cheminées des usines ou autres chaudières Pékinoises.

De retour au labo, je peine a formuler mes phrases en Chinois. La lecture en anglais de Memoirs of a Geisha et la pratique aisée de l'Anglais en Malaisie ont de nouveau tenté de balayer la langue de Confucius dans ma tête. C'est ainsi toujours la même histoire, mes langues étrangères me semblent incompatibles, quand j'en parle l'une, la seconde semble se perdre dans les profondeurs de ma tête. Et je ne vous parle pas du résultat de ma tentative d'échange en Allemand.

Au labo, comme dans la rue, l'ambiance est étonnamment calme, apaisée, comme si le froid, la neige et la nuit qui tombe aux alentour de 16h nous plongeait dans un certain état d'hibernation. Mes camarades chinois doivent encore attendre 2 à 3 semaines avant de s'offrir un mois complet de repos entre les 2 semestres, à l'occasion du nouvel an chinois. Eux sont dans une ambiance de fin de semestre, plus enclin a finir doucement les études qu'ils sont en train de mener qu'a commencer de grands projets. Difficile pour moi de me remettre en selle dans ces conditions, je n'ai pas encore décide a quoi je mettrais le plus à profit les quelques semaines qui me séparent de la venue de Beatrice (tata Bea de son petit nom) et de sa tribue nous verrons! En attendant, vous pourrez découvrir sur ce blog quelques photos des différents lieux que nous avons traverses en Malaisie: Kuala Lumpur, la capitale, et deux des principales iles de la cote Ouest: Penang et Langkawi.

lundi 14 décembre 2009

La Voiture

Dimanche, il ventait, je me suis enfin décidé à sortir. Zuo Hongwei, un camarade du labo, m’avait invité à l’accompagner pour rendre visite à Jia Lei, une de ses camarades d’enfance en banlieue de Pékin. Après avoir déjeuné, nous sommes allés faire un tour dans un quartier de concessionnaire automobile, car Jia Lei et son mari projettent de faire prochainement l’acquisition d’une voiture.

La voiture, l’un des trois objectifs ultimes dans la vie d’un chinois, avec le mariage et la maison. Ils achètent généralement la voiture et la maison après le mariage. Mais une voiture, et encore plus une maison peuvent aussi être des arguments de poids dans la recherche du mariage. Enfin, dans le cas de Jia Lei, il y a d’abord eu le mariage, elle a maintenant presque la trentaine, elle et son mari travaillent, et les grands projets sont là : le bébé, et la voiture.

La voiture est un symbole immense pour un Chinois. On n’achète plus la voiture parce que c’est utile ou confortable, mais parce que c’est un symbole. Il faut arrêter d’y chercher toute logique. Même les chinois au moment d’acheter s’auto-convainquent qu’il ne faut pas regarder la logique de la chose. La voiture, c’est le symbole de la personne qui a suffisamment réussi pour profiter, savourer la vie. 享受享受. Lisez un peu la suite.

A table, Lei Jia parle de son travail, et quand Zuo Hongwei lui demande si les trajets depuis chez elle sont faciles, elle répond que oui, 3 stations de bus. Mais elle ajoute que les rues sont maintenant tellement encombrées que d’un quart d’heure, ça monte parfois jusqu’à une heure. Elle préfère donc maintenant prendre le métro.

Après le repas, on se demande comment aller chez les concessionnaires, et on opte pour un taxi. Lei Jia ajoute que ses parents essaient de la persuader de ne pas acheter de voiture, qu’elle peut aussi bien prendre un taxi quand elle a besoin d’une voiture. Mais elle répond que si elle avait sa voiture, elle serait sur d’avoir un véhicule quand elle en a besoin, pas besoin d’attendre qu’un taxi libre passe. Je ne dis rien mais pense très fort qu’excepté le vendredi soir devant Tsinghua ou les jours de déluge, ce n’est jamais bien long, et qu’il est de toute manière possible de les réserver par téléphone.

On arrive chez les concessionnaires. On commence par Citroën. 雪铁龙 en langue locale. On ne voit pas de gros modèles familiaux. Finalement pas très étonnant. On ne voit pas non plus beaucoup de petits modèles. La majorité sont des modèles intermédiaires, car il est important d’avoir de la place. Une 207 est vraiment trop petite, et il serait impensable de ramener une twingo. Il faut une voiture grande et confortable, même si tu n’as pas encore d’enfants, et n’en aura de toute manière qu’un, limite deux. De plus les modèles sont à peu près tous en version break, c’est beaucoup plus à la mode ici. Lei Jia aime beaucoup la C4. Pour l’anecdote le chiffre 4 est tabou en Chine, car il est homonyme à 死, mourir. C4 devient donc le modèle C Quatre, ou même 世嘉.


C Quatre - 世嘉

Lei Jia me dit que plus jeune elle pensait qu’elle préférerait acheter une voiture pratique, donc pas trop grosse, et pas trop chère aussi. « Mais les années ont passé et j’ai beaucoup écouté ce que les gens disaient autour de moi, aujourd’hui j’ai plus envie d’en profiter, j’ai plus envie d’acheter quelque chose de plus gros » rajoute-t-elle.

On se rend ensuite chez Volkswagen. Jia Lei est fan de la golf. Elle s’installe au volant. Elle réalise qu’à part le prix très élevé (16000€ pour le modèle qu’elle espère, les voitures sont une exception aux choses pas chères en Chine), elle aime tout dans la golf.

Un moment de doute survient. Elle se demande à quoi servira la voiture. Elle ne l’utilisera qu’au mieux une fois par semaine. Les rues sont complètement bouchées. La voiture est chère… Puis elle se reprend, après tout, on doit profiter ! 享受享受 ! Assise au volant de la golf d’exposition, Jia Lei se demande ensuite s’il vaut mieux acheter une boite automatique ou manuelle. Puis elle se souvient que l’on s’arrête tout le temps dans les embouteillages Pékinois, il serait embêtant de passer et repasser la 1ère à tous les redémarrages. Il faudra donc une automatique. Ce sera donc une golf automatique. Pour être confortable dans les embouteillages. Pour profiter de la vie.