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vendredi 25 juin 2010

Terres Tibetaines (4/7) - Tongren, Rencontre Tibétaine n°2

L’histoire se passe dans le village de Nianduhu. Le village est entouré d’un double rempart fortifié. En terre. Le chevelu, pris entre ces deux murs, hésite. Devant lui, une cinquantaine de mètres le sépare de la colline. Une colline pentue, dont l’ascension lui parait difficile dans ce pays où l’oxygène se fait rare. Derrière lui une bande approche. Ils balancent les épaules, à droite, à gauche, ils s’avancent, menaçants. Ils portent tous la cigarette à la bouche.

Le chevelu hésite toujours. Alors que la bande n’est plus qu’à quelques pas, il sort son appareil et cherche à les avoir. Zut, plus de pellicule. La bande sort de l’ombre des murs. Ils jettent un 抽烟 ? (tu fumes ?) au chevelu. 我不会 (Je ne sais pas fumer), répond penaud le chevelu, qui regarde la bande passer devant lui, la clope entre les doigts et un air de victoire sur le visage. 



jeudi 24 juin 2010

Terres Tibétaines (3/7) - Tongren et ses environs - Photos

Balade en photos autour de Tongren:

Autour du monastère haut de Wutun (吾屯上寺)


Bien qu'appartenant à la secte des bonnets des jaunes (Gelugpa), certaines bouddhas sont représentés avec les cheveux bleus. C'est en fait le cas de tous les bouddhas d'origine indienne.


Notre première khora: promenade mystique tibétaine autour d'un lieu sacré, et à la durée / nombre de tours très variables. On y actionne généralement un grand nombre de moulins à prières. Un TRES grand nombre! Pas étonnant que les mamies tibétaines aient un bras droit surdimensionné. On suppose aussi que Nadal soit venu faire un stage dans les monastères du coin - Il se serait trompé de sens.


Vue sur le temple Nianduhu (年都乎寺), au hasard d'une balade


En s'approchant un peu


A l'intérieur d'un des "pavillons" du temple. Vous avez de la chance, la photo ne retransmet pas l'odeur.


Les Buddhas du temple - Ils rappellent généralement un bouddha historique/mythique, et ont été construits par un bouddha vivant du coin. Et oui, dans le bouddhisme tibétain, l'accession à l'état de bouddha ne signifie la fin du cycle des réincarnations. Les bouddhas vivants vivent donc par dizaines, voire par centaines, dans les contrées tibétaines. 


 Dans un autre temple (le 吾屯下寺) - ici le bouddha vivant était un peu plus fortuné, la statue du bouddha doit faire une dizaine de mètres.


 En ressortant du temple et en montant sur la colline - une des plus belles images du voyage


De l'autre côté de la colline, le temple Guomari (郭麻日寺), dont on retiendra surtout sa magnifique stupa - shörten - tour bouddhiste suivant les interprétations.

mercredi 23 juin 2010

Terres Tibétaines (2/7) - Tongren, Rencontre Tibétaine n°1

J2, on reprend toutes les bonnes habitudes: levés à l’aurore, et un bon bol de lamian. Nous en sommes à 3/3. J’ai comptabilisé qu’il y aurait 19 repas au cours de ce voyage, tiendrons-nous le rythme ?

Quelques heures de car pour Tongren, ses temples bouddhistes, son quartier Hui, et malheureusement son quartier Han. Je devrais vous parler des temples, des Thangkas, des plats du resto du Sichuan, mais non, j’ai plutôt envie de vous parler d’une rencontre tibétaine :

Il s’appelait Bob, il était rentré au temple à l’âge de cinq ans, et il n’en était jamais ressorti. Il ne regrettait pas trop la vie de célibataire, mais semblait fatigué d’étudier toute la journée : « seulement deux heures l’après-midi pour se reposer » nous confiait-il. D’ailleurs c’est justement durant ces deux heures qu’il vit deux français rentrer dans sa cour. L’un d’eux dissimulait son long nez sous ses cheveux longs, le second cachait sa blancheur sous un grand chapeau. Avec ses potes moines il décida d’aller entamer la discussion avec ces voyageurs originaux. Et comme c’était le seul à connaitre un peu de mandarin, il se retrouva à mener la discussion : « D’où venez-vous ? La France ? Ouh, mais c’est loin ça ! » Tellement loin que votre 日落 (coucher du soleil) est notre 日出 (lever du soleil), lui répondit le chapeauté, qui soignait sa pratique des métaphores à la chinoise. Le chevelu tenta de lui expliquer que c’était mathématiquement impossible, mais Bob resta convaincu par l'image du soleil. 

La discussion hésita longuement avant de tomber sur le sujet rigolo du coin : 中国西藏 (Le Tibet Chinois). Soignant son mandarin reformulé à la lumière de la grammaire tibétaine, Bob donna la bonne parole au chapeauté et au chevelu : ************* (Censuré) (Dommage, c'était vachement drôle)

mardi 22 juin 2010

Terres Tibétaines (1/7) - Beijing, Lanzhou, Xining - Temple de Youningsi

Me voici de retour à pékin après une semaine de voyage dans les terres tibétaines du Qinghai, du Gansu, et du Sichuan. Comme pour le nord du Yunnan, une partie de chacune de ces régions fait partie de la sphère tibétaine qui s'étend beaucoup plus loin que les frontières de la province administrative du Tibet.

Parti avec Aurélien, camarade de promo, et de Xiao Ting et Enmin, deux de ses collègues chinoises de bureau, nous avons voyagé de Lanzhou (兰州) à Langmusi (郎木寺), en passant par Youningsi (佑宁寺), Tongren (同仁) et Xiahe (夏河). Je vous propose de découvrir vous aussi à travers quelques photos, quelques impressions et le récit de quelques rencontres, ce que nous avons vécu toute cette semaine.

J'essaierai de ne pas m'appesantir sur les sentiments que m'ont inspirés la pauvreté des villes et villages rencontrés, ainsi que sur la dureté qui ressort de l'art bouddhiste des tibétains, de leurs temples, et de leurs caractères. Et pour des impressions différentes sur ce même voyage n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à l’excellent En Jaune et Rouge.

Voici le programme:
1. Pékin - Lanzhou - Xining
2. Tongren
3. Xiahe
4. Langmusi

Commençons dès aujourd’hui par la première séquence, qui nous a vus relier Pékin au temple de Youningsi (佑宁寺) durant la première très longue journée :

La vue à l'approche de l'atterrissage à Lanzhou surprend. L’avion survole un bac à sable. Un très grand bac à sable aux dimensions déroutantes. Le terrain est très irrégulier, constitué de multiples collines aux couleurs jaunes pales et aux pentes abruptes. Celles ci restent malgré tout cantonnées à basse altitude, et leur aspect sablonneux s'estompe peu a peu au fur et a mesure de notre descente. De ci de là quelques étendues planes attirent l'œil, que ce soit par leur forme parfaitement rectangulaire, ou par leur couleur, verte, luxuriante.

L'aéroport est loin de la ville. Une quatre vingtaine de km. Peut être ne disposaient-ils pas de terrain plat à proximité de la ville? A la gare de Lanzhou nous avalons notre premier bol de 牛肉拉面, cette soupe de pâtes symbolique de la région. Le gout est léger, les petits oignons ont remplacé la couche d'huile de leur équivalente pékinoise. Ce sera le premier d'une longue série. 



Dans le train je suis frappe par rudesse des traits des visage des autres passagers : des locaux. Leur allure est passive. Nos deux compagnes de voyage, elles aussi chinoises, élevées dans le confort des grandes villes, font figure de barbies. On les prend d'ailleurs pour des coréennes.

Le trajet en train est marqué par les multiples interventions des employés du train, venus vendre des livres, des dvd, des casse-têtes aux voyageurs ennuyés. Comme pour les petits stands de rue, ils font leur pubs de leur voix forte, et les prix se négocient sévères.

Arrivés à Xining, nous ne nous appesantissons pas et continuons directement vers le Youningsi, un temple lamaïste situé sur les hauteurs à une bonne heure de la ville. L'endroit est presque désert. Nous croisons quelques moines et moinillons. On échange quelques mots en mandarin, l'un d'eux nous apprend que la majorité du village fut rasé par Mao. Avant cela 4000 moines arpentaient les lieux.

En continuons sur les hauteurs, nous atteignons le dernier pavillon, simple et raffiné, devant laquelle est assise une vieille femme qui semble avoir conservé toute sa sante malgré son grand âge. Elle grimpe jusqu'ici tous les jours!

Photos :