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dimanche 3 octobre 2010

Cuandixia, Lingdao and Crepes Party!

Dimanche après-midi, balcon du bridge café, le soleil déjà déclinant et un plat de spaghettis carbonara à côté de l’écran. Classique. L’occasion de faire une pause, et de partager sur ce blog les évènements marquant des jours passés. 

La semaine dernière, c’était 中秋节, la fête de la mi-automne. L’automne du calendrier lunaire. Débuté début aout, l'automne marquait la fin de la saison chaude et humide, l’arrivée de températures plus agréables, le retour du ciel haut et bleu. Fin septembre la mi-automne marqua la fin des claquettes, le retour au pantalon et aux manches longues. Encore 2 mois, et nous serons au plus bas des températures pékinoises. 

Mais avant que la période d’hibernation ne commence, on fait le plein de soleil. A l’occasion de la fête de la mi-automne, nous avons rejoins le village de Cuandixia, adorable petit village de montagne situé en banlieue Pékinoise. L’architecture en cour carré (Siheyuan) des habitations, typique du Nord de la Chine, est particulièrement bien conservée ici. Monnayant quelques kuais, les habitants offrent le diner et le coucher dans une ambiance particulièrement paisible.


Vue sur Cuandixia depuis le versant Sud

Le village de Cuandixia, je l’avais découvert il y a deux ans de cela, emmené par Balthazar et quelques amis (Souvenez-vous). J’en avais gardé d’excellents souvenirs. Un contact sympa avec les locaux, une déambulation à travers les vieilles pierres du village, une escapade dans la montagne à la recherche d’un village abandonné… Motivé par ces excellents souvenirs, c’est vers Cuandixia que j’organisai la première sortie de la nouvelle année du Chinese Corner. Une sortie sur 2 jours, c’était une grande première. Et pour une grande première, nous n’avons pas fait les choses à moitié, car c’est une petite trentaine de participants que nous avons conduits à Cuandixia.

Une partie de la tribu

Témoignage in english au retour de Cuandixia:

When I went to sleep yesterday, I remembered our steep hike to the forsaken upper village of Cuandixia, I remembered the delicious muttons legs we enjoyed back in the village, I remembered Tina’s smile when she and Matthias finally met us in Cuandixia, I remembered Justin’s number 4 and the dozens glass of beer he drank for that, I remembered Laurent’s frightening Baijiu and all the lies I had to drink for, I remembered the sweet night I spent with my new intimate friends in the guesthouse of the good fortune, I remembered walking every small cobblestone street running through the village…

Cuandixia, depuis le versant nord

 Dans les rues du village


La meule est toujours là


Les retours sur cette excursion furent extrêmement positifs. C’est gratifiant, et ça donne envie d’organiser de futures excursions. Ma prochaine idée ? Aller passer une nuit dans un monastère bouddhiste…

Une anecdote pour les sinophiles avant de poursuivre. Quelques mots laissés en commentaire d'une photo de l'excursion, sur le facebook chinois:

朱昕岩: 这是哪里啊?
翁少妙: 爨底下的村居,看起来有点古旧
朱昕岩: 呃。。。第一个字不认识。。。
翁少妙: 川。。。我从来没打出这个字,每次都是COPY的
朱昕岩: 好吧。。。。我以为只有我不会呢。。呵呵,这下平衡多了


Au retour de Cuandixia, c’était une semaine de 7 jours sans pause qui m’attendait. En Chine, à l’occasion d’un jour férié, le gouvernement donne 3 jours de vacances, et à l’occasion de 3 jours fériés, il donne 7 jours de vacances. Magnanime, n’est-ce pas ? En fait pas tant que ça. Pour éviter les ponts incontrôlés lorsque le ou les jours fériés tombe en milieu de semaine, le gouvernement déplace les week-ends pour les juxtaposer au(x) jours férié(s). La semaine qui suit, détroussée de son samedi et de son week-end, fait grise mine… (Plus d'explications sur sinoplice)

Cette semaine fut marquée par le lancement de tournoi de Beach-Volley. J’ai été rappelé par mes anciens coéquipiers du tournoi de volley classique, pour une revanche dans le sable. Equipe réduite à 3 joueurs, vachement sympa, des plongeons dans le sable, une ambiance hyper détendue, grand plaisir. Nous sommes actuellement à une victoire une défaite. Arriverons-nous à sortir des poules au terme du 3ème et dernier match de poule ?

Retour sur une anecdote. Au cours du 2ème match de volley Wanxin reçoit un coup de téléphone. Il nous dit que c’est son « Lingdao » (领导) au bout du fil, on interrompt le match. Lingdao signifie dirigeant. Terme ordinairement utilisé pour désigner les leaders politiques, présidents d’université ou d’entreprise, etc. Sur le moment je me dis que ce devait être son professeur-tuteur qui l’appelait. Mes camarades corrigèrent mon erreur : Lingdao s’applique à la copine ! Les étudiants de Tsinghua, même quand ils mesurent 1m80 et smashent avec une puissance terrifiante, appellent leur copine Lingdao ! Cela correspond à toute une attitude de soumission qu’ont les jeunes chinois envers leurs copines. Elle est exigeante, lui est soumis. Elle se comporte comme une enfant, lui est un « provider ». Relation dissymétrique reconnue par tous, et mise en image dans le cartoon enfantin « Le mouton Xi » (喜羊羊). 

A mes camarades chinois, je n’hésite pas à leur demander comment ils peuvent supporter une telle relation. Comment acceptent-ils de considérer leur copine comme une dirigeante ? Et comment accepter dans le même temps qu’elle se comporte comme une jeune enfant, capricieuse et puérile ?

A la première question ils me répondent unanimement qu’étant donné le ratio femmes/hommes inférieur à 1 en Chine, ils n’ont pas le choix, et doivent accepter de se soumettre. « Sinon ta nana ira en chercher un autre », me confient-ils. 

A la seconde question, ils me répondent qu’ils aiment ça…

Changeons de sujet et passons au 3ème évènement de la semaine : la grande soirée gastronomique qui s’est tenu ce samedi dans notre appartement. Avec mes collocs Dimitri (grec) et Ming (Thai), nous avons préparé des petits plats de chez nous. Salade grec et boules de viande, fried squids, et crêpes françaises.



L’évènement marquant de la soirée ? Définitivement quand Yingying, ABC (American Born Chinese), a commencé à étaler du nutella sur sa crêpe tomate chêvre !!! 



mercredi 1 septembre 2010

C'est la rentrée pour Matapékin !

Matapekin rentre aujourd'hui de 6 longues semaines de vacances. Tel un bon parisien, on n’a pas entendu parler de lui du 15 juillet au 31 aout.

Mais d'ailleurs, que fait un parisien quand il rentre de vacances? Il raconte ses exploits de l'été. Avec force et détails, et suffisamment de fois pour que tout le monde soit au courant.

Matapekin, tu sais ce qu'il te reste à faire! Mais la tache est ardue. Car durant les 6 semaines de vacances, des expériences passionnantes et qui mériteraient d'être partagées sur ce blog, j'en ai eu des tas.

Par où commencer? Le début? La fin? Le milieu? Le plus émouvant? Le plus amusant? Le plus chaud? Le plus froid? Le plus agité? Le plus calme? Le plus passionnant? Le plus ennuyeux? Ce dont je me souviens le mieux? Ou ce que j'ai déjà oublie?

Commençons plutôt par ce que je n'ai pas fait durant ces 6 semaines.

Je n'ai pas essaye de nouveau métro asiatique. Mon total reste donc à 12/33.

Je ne me suis pas écrasé, et je n'ai pas perdu mes bagages durant mes vols avec Aeroflot. Je n'ai pas non plus vu de jolies hôtesses, seulement des vieilles décrépies habillées de rouge style guerre froide, bof...

Je n'ai pas trouve d'appart durant mes 3 petites semaines a Pékin. Sans doute parce que je suis à la recherche de quelque chose d'impossible, à savoir une colloc avec des chinois où une vie de colloc aurait lieu, avec un salon et une cuisine comme lieu de vie commune. Ça se trouve facilement avec des étrangers, mais les chinois préfèrent souvent s'enfermer dans leur espace personnel, et n'hésitent d'ailleurs pas à transformer le salon en une chambre à louer. Pourtant ce que j'espère trouver, ça existe. J’en veux pour preuve celle dans laquelle Tongheng vivait l'année dernière. J'ai encore donc un peu d'espoir. Maintenant que je suis de retour à pekin, c'est ma tache n°1.

Je n'ai pas commencé Le rêve dans le pavillon rouge (《红楼梦》) bien que Xuemei me l'ait offert. Il faut s'avoir que Le rêve dans le pavillon rouge, c'est un grand classique de la littérature chinoise. Des intrigues incroyables, une série de tableaux et de personnages, et le moyen ultime d'apprendre à conquérir les femmes (dixit Wu Min). Mais c'est aussi un pavé monstrueux écrit tout petit et en langue vernaculaire d'il y a plusieurs siècles. Il faut une heure pour lire chaque page m'a dit Xu Xiangming, qui n'en n'a lu que certains passages. Je suis preneur d'autres avis en la matière avant de m'engager sur ce bouquin!

Bon, c'est bien gentil des "je n'ai pas", mais ça ne fait pas avancer le schmilblick. Alors, qu'est-ce que j'ai fait? 

Tout d'abord, j'ai mangé japonais. Plusieurs fois, et toujours en excellente compagnie.

Il y a 6 semaines Je mangeais japonais a paris avec une bande d'amis. C'était fait maison, sur l'idée originale de pierre thomas, c'était convivial et c'était excellent. Parce que c'était fait avec amour, et en compagnie si rarement retrouvée !

Il y a 4 semaines je mangeais japonais à Isshin (一心) avec Xuemei (雪梅), la prune des neiges, une jeune chinoise originaire de Chongqing, rencontrée un soir de fête nationale (pourtant sans le GU) et qui envahit désormais ma boite SMS alors que je n'ai ni voiture ni maison à lui proposer. C'est bizarre. Xuemei travaille et habite à 798, un quartier artistique pékinois. C'est de l'autre cote de la ville par rapport à Wudaokou, mais une ligne de bus nous relie directement, ça suffit pour parler d'yuanfen (缘分) ;-)

Il y a 1 semaines je mangeais japonais entouré d'amis chinois, coréens, américains, et japonais bien sur. Ces gens ils venaient de Peking University, Harvard, MIT, Tokyo University, Paris Tech, Tsinghua University, etc. Pas n'importe qui dis-donc! Vous devez vous demander comment je choisis mes amis. Non diplômés des plus grandes universités mondiales s'abstenir ;-) En fait nous participions tous à un grand événement ayant lieu à Pékin et réunissant des étudiants de ces grandes universités autour du thème du leadership. Et pour revenir au diner, nos amis japonais furent des hôtes incroyables, assurant tout, de la commande à la distribution des plats, en veillant toujours que chacun soit toujours correctement servi. Encore merci a eux!

Qu’est-ce que j’ai fait d’autre ?

J’ai fini Messieurs Ma, père et fils (《二马》), roman de Lao She (老舍), ce grand écrivain chinois du début du XXème siècle. Ce fut mon second roman chinois en langue originale. Le défi était d’ailleurs plus grand que la lecture du vendeur de sang car la langue dans laquelle est écrite Messieurs Ma, père et fils est un mandarin écrit pas encore tout à fait finalisé, et donc comportant des différences avec du mandarin écrit d’aujourd’hui. Cela a ainsi demandé une durée de lecture relativement longue,  mais ça restait lisible, et j’ai pris un très grand plaisir à la lecture. Non pas parce que je me suis cassé la tête sur tous les caractères de botanique (l’histoire se passe en Angleterre), mais parce que la narration était passionnante. Passionnante car j’y ai trouvé beaucoup de points communs avec ma situation actuelle. Le roman met en effet le père et le fils Ma, arrivant en Angleterre au début du XXème siècle, le premier pour relancer le business de son frère décédé, le second pour y mener des études. L’Angleterre sort de la première guerre mondiale, mais toujours en pleine expansion industrielle. Il en ressort un pays qui évolue très vite, très fort, un pays dont la capitale en permanence bloquée par des embouteillages monstrueux baigne dans un nuage de poussière et de pollution permanent, un pays peuplés de citoyens aux mentalités diverses, des plus conservatrices aux plus ouvertes. Le résultat, c’est qu’à travers les yeux des pères Ma débarquant à Londres, j’ai presque l’impression de voir mon expérience de Pékin…

Quoi d’autres ? Oui ! J’ai aussi été pour la première fois consulter un médecin chinois  traditionnel! Après avoir consulter un médecin chinois exerçant la médecine occidentale, puis un médecin occidental exerçant la médecine occidentale, et constater leurs échecs respectifs, je me suis dit qu’il fallait mieux se tourner vers les médecins locaux exerçant la médecine locale. Je me suis donc rendu dans un petit cabinet de médecine chinoise. Ici, l’ambiance ne ressemble en rien à celle des hôpitaux ou pharmacies chinoises de médecine occidentale. On se retrouve dans un lieu paisible, agréable, joliment décoré. On attend tranquillement que le médecin nous fasse rentrer dans sa petite salle de consultation. Ce dernier commence par prendre le temps d’écouter ce que tu as à dire (l'Écoute est l'une des 4 méthodes de base de diagnostique en médecine chinoise, avec l'Observation visuelle, le questionnement oral, et la palpation du pouls: 望闻问切). Et en ce qui me concernait, le médecin a rapidement été capable de décrire l’ensemble de mes symptômes, précisément, et même ceux dont je n’avais pas eu le temps de parler. Je suis atteint de 湿气 me dit-elle. Mot à mot, c’est le souffle humide. Le dictionnaire me dit 1) Humidité, moiteur (Médecine Chinoise), 2) Eczéma, 3) Pied d’athlète. J’imagine que tout cela est plus ou moins relié, même si je n’y connais pas grand-chose. D’ailleurs il existe pas mal d’autres mots en chinois qui peuvent se traduire par Eczéma, donc je ne sais pas trop. Toujours est-il qu’elle m’explique que c’est la manifestation d’un état de déséquilibre du corps entier, et non seulement d’une petite partie de peau qui serait atteinte d’un petit mal localisé. Elle trouve dans l’état de ma langue et de ma gorge une confirmation de ses dires (mais qu’est-ce qu’elle a ma langue ?! ). Commence alors le temps de la prescription, et c’est clairement le meilleur moment. Elle énumère une très longue liste de divers ingrédients à son assistante qui prend en note. Au moins une vingtaine, peut-être plus. Puis c’est d’après cette liste que les petites mains des autres assistants vont me préparer une vingtaine de petites potions à faire chauffer et boire matin et soir. C’est pas bien bon, mais c’est efficace. Les symptômes s’amenuisent rapidement. Enfin, pour les premiers jours… Car c’est revenu fortement, et malgré la fin de la potion ! Alors bravo pour le diagnostic, mais échec de la médication. Dommage… Xuemei me disait d’ailleurs que la médecine chinoise, c’est quelque chose qui marche sur une longue période, j’aurais peut-être du retourner voir la médecin chinoise pour poursuivre encore quelques jours, quelques semaines… Mais à 400 RMB la semaine, et peu de résultats effectifs, j’ai abandonné.

C’est tout pour aujourd’hui, STeLA et ISSNP dans les prochains épisodes !

jeudi 3 juin 2010

入乡随俗 - Le test Mali-Qing

Voici un petit questionnaire qui t’aidera à déterminer ton aptitude à 入乡随俗 (= à Pékin fais comme les pékinois)

Pour chaque concept, tu marques 1 point si tu savais que c’était une coutume chinoise, tu en marques 2 si tu l’as accepté, et tu en marques 4 si tu l’as adopté !

Un exemple. Supposons que le chinois ait pour habitude de cracher. Cracher avec un raclement de gorge retentissant. Ça doit bien être de notoriété mondiale, tout le monde marque un point. Si tu ne te retournes même plus aux avertissements pré-jets salivaires, tu marques 2 point. Et si tu craches en faisant encore plus de bruit que les chinois, tu marques 4 point. Compris ? C’est parti.




Comment comprendre ton score :

  • Si tu as moins de 10 points, tu ne sais même pas que Mao est arrivé à pied par la Chine. Tu penses que Pearl Harbour a été bombardé par les coréens et les sushis cantonais te dégoutent. Bref, ce blog n’est pas fait pour toi. C’est dommage, tu ne sais même pas à quel point tu serais romantique de ce coté du globe.

    • Si tu as entre 10 et 40 points, tu es incollable sur les questions de culture chinoise, tu as lu tous les écrits d’André Chieng, tu connais la fréquence de crachage moyenne par habitant et sa croissance annuelle, tu peux raconter les guerres sino-japonaises en précisant toute l’abomination des soldats nippons, et tu as lu tous les articles d’Aurélien sur les rétroflexes et les occlusives. Malheureusement tu n’as jamais approché le moindre chinois, parce que tu ne dines jamais avant 18 heures, parce que tu restes cloitré chez toi durant les tempêtes de sables et parce que tu trouves la musique du propaganda vraiment trop relou. Tu peux mieux faire.

      • Si tu as entre 40 et 60 points, plus rien ne t’étonne de la part des chinois. Tu vieux-chouffises avec les nouveaux arrivant embarrassés quand on leur demande s’ils cherchent une copine chinoise ou s’ils savent nager, les locaux arrêtent de te demander de parler chinois alors que c'est ce que tu faisais, et tu es capable de remonter les rues à contre-sens à vélo avec un parapluie dans une main et le sac en plastique de fruits que tu vas offrir à tes amis pour le diner auquel tu es invité pour 17h30.

        • Si tu as entre 60 et 80 points, tu as compris que ta nationalité française te garantissait le romantisme à vie. Tu te permets donc de parler avec un affreux erhua pékinois, tu laisses trainer tes petits os sur la table et tu fais des blagues sur le cours de l’immobilier pékinois. Bref, tu as 入乡随俗é, bravo ! Attention, le prochain retour en France va être dur ! 

          • Si tu as plus de 80 points, tu as triché. C'est mal.

          vendredi 12 mars 2010

          Une année qui démarre sur les chapeaux de roue !

          J’ai démarré ce semestre avec plein d’envie et d’énergie. L’envie de me remettre sérieusement au chinois. L’envie de déterrer mon anglais. L’envie d’avancer sérieusement dans ma thèse. L’envie de revenir vers les assocs de Tsinghua. C’est peut-être l’effet nouvel an Chinois. Peut-être aussi l’effet retour du printemps. 

          Je me remets au Chinois après 2 séquences relativement libres durant lesquelles j’avais d’abord tapé fort dans Chinesepod au début, puis doucement lâché au mois de janvier. Ces deux dernières semaines je me suis relancé activement dans les cours de Diqiucun (地球村), l’institut de Chinois d’Wudaokou. 2 cours chaque matin, un premier cours très orienté grammaire, le second orienté rédaction. Une nouvelle étape est franchie. Je ne passe plus mon temps à apprendre de nouveaux caractères, de nouveaux mots, de nouvelles tournures de phrase. Tout ça, c’est enfin avalé, au moins en grande partie. Aujourd’hui c’est plus une étape de rangement, d’affinement, de digestion. Je corrige mes imperfections grammaticales, je soigne mes dapei (搭配 : collocation), j’apprends à mieux distinguer le langage écrit du langage oral, je tente d’améliorer mon style. 

          Au labo j’ai repris une très bonne marche en avant. J’ai réinterprété et réorganisé les nouveaux résultats du mois de janvier, à savoir les comportements particuliers de l’oxygène, du thorium et du lithium 7 dans la plus haute gamme énergétique. Par ces comportements hautes énergies j’ai réalisé que mes recherches n’étaient en réalité pas orientés sur un seul et unique axe, et que je devais ainsi distinguer dans ma thèse deux orientations bien marquées. Le réacteur hybride fusion-fission n’est plus simplement un upgrade du réacteur fusion pure. J’ai ainsi pu rédiger une première version de l’introduction, des préliminaires et de la partie réacteur fusion pure de ma thèse. Reste à mener les tests sur le réacteur hybride, et à comparer avec mon analyse théorique développée au premier semestre. Il me reste du pain sur la planche.

          Je commence à revenir vers la vie associative de Tsinghua. Je fais quelques entrainements de volley avec des camarades du département pour préparer la compétition interdépartementale de Tsinghua. J’ai participé à la « fête des filles » dimanche dernier. L’assoc montagne est en train de réparer le mur d’escalade, je suis impatient de regrimper, et dès que les températures se stabilisent durablement au dessus de zéro, je repars en rando-camping avec eux. Mais surtout j’intègre maintenant l’organisation du « coin chinois ». Le coin Chinois est un espace de rencontre entre élèves chinois et élèves étrangers, qui se tient tous les mercredis soirs autour d’un thème culturel chinois. Les affiches sont très belles, les sujets très intéressants, les organisatrices très vivantes, mais malgré tout, le sentiment qui prévaut chez les étrangers est : « Boring » … Michael, étudiant néerlandais très international et en master de linguistique à Tsinghua, les a rejoint au semestre dernier pour mettre un peu plus de peps là dedans. Il a réalisé que les organisatrices avaient de très bonnes idées, mais manquaient d’ambition pour faire des choses plus grandes. Alors il a apporté sa propre contribution : il a organisé un tour du campus pour les nouveaux arrivants, il a organisé un tour à l’ancien palais d’été sur un week-end, et il a parfois participé à l’animation des rencontres hebdomadaires. Ce semestre, je le rejoins. J’ai d’ailleurs passé une partie de l’après-midi ce jeudi à discuter de nouveaux projets pour le coin chinois avec les chinoises. Ensemble on a de nouvelles idées, et ensemble on se rend compte qu’on n’est pas forcément intéressé par les mêmes aspects culturels. L’apprentissage de la diversité ethnique en chine par les mortelles danses en habits traditionnelles, on en a assez. Allons plus loin ! 

          Le fait de rejoindre ce coin chinois est révélateur d’un nouvel état d’esprit. Je me ré-ouvre largement à la communauté internationale. Un peu l’effet « vacances du nouvel an chinois à Tsinghua », où les communautés nationales étaient brisées, permettant un contact beaucoup plus facile entre différentes nationalités. Aussi l’effet « le chinois, je maitrise ». Plus besoin de sacrifier l’Anglais au chinois comme je l’ai fait pendant un an et demi. J’apprends aujourd’hui à jongler entre les deux. Les transitions d’une langue à l’autre ne sont pas toujours faciles, mais ça s’améliore. Et en fait ça s’améliore d’autant plus vite que j’évite de parler en Français en coté. Et comme dans le même moment je ressens de moins en moins d’affinité vers une communauté française de Tsinghua de plus en plus soudée sur elle-même, et selon des valeurs et passions tellement différentes des miennes…

          En conclusion, je suis aujourd’hui occupé. J’apprends beaucoup. Je profite aussi. Mais peu de choses à raconter sur ce blog, et encore moins de temps pour le faire. Ne vous attendez pas une activité frénétique durant les prochaines semaines. En attendant, je vais essayer de réactualiser le sommaire…

          mardi 17 novembre 2009

          Alcool et business, le mélange mortel des notables chinois

          Excellent article du figaro.fr sur la boisson en Chine qui devrait vous rappeler mes deux derniers posts la dessus ( A Pékin, fais-comme les Pékinois et combien de bouteilles? )

          Je vous encourage à le lire entièrement. J'ai sélectionné quelques extraits:

          Issus d'une tradition millénaire, les toasts portés à répétition lors de dîners officiels peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur la santé des convives.

          Problème : les «ganbei» se multiplient tout au long du repas. A tel point que les convives peuvent en boire plus de 20 verres en une heure. «Cela commence par des toast communs, puis des toasts individuels», explique Nathaniel Farouz, jeune businessman français installé à Pékin depuis 2006. Si beaucoup ont le foie bien accroché, l'ivresse est souvent inévitable. «Un partenaire , dans son ébriété, s'est mis à nous raconter tout le mal qu'il pensait de nous... Ce qui n'a pas été du meilleur effet pour la suite de nos relations.»

          «Dans ma province natale, beaucoup d'entrepreneurs ont des problèmes de foie», assure un professeur de langues à l'Inalco d'origine chinoise. L'un de ses amis en a d'ailleurs fait les frais. «Il ne mangeait jamais chez lui car il était invité à chaque repas. Et à chaque fois, il était obligé de boire. Il disait parfois qu'il avait ‘mal à l'estomac', mais il devait continuer. Il y a deux ans, il a trop bu et il est mort. A 45 ans.»

          vendredi 6 novembre 2009

          Un complément sur la compacité du chinois

          Vous avez peut-être lu mon article précédent sur la compacité du chinois, j’y proposais une méthode analytique pour comparer la « compacité » de deux langages, en ce qui me concerne le français et le chinois. Je viens apporter ici deux compléments, le premier pour "sentir" un peu ce que j’entends par compacité, le second qui nous donner une "preuve qualitative" que le chinois est nécessairement compacte.

          J’avais défini une langue compacte comme une langue dans laquelle un quelconque assortiment de syllabes préexistantes a une forte probabilité d’exister. Mais comment cela se traduit-il avec le Chinois? Simplement par le fait que si je prends un mot chinois et que je lui fais subir une toute petite modification, je lui change un ton, une voyelle, ou je lui ôte sa consonne terminale, et je tombe sur un autre mot… qui risque malheureusement beaucoup d’exister aussi ! Pour illustrer ça, c’est comme si partout on chinois on tombait sur des ressemblances du type cadeau-gateau-cato. Pas toujours évident ! C’est pourquoi il suffit que l’environnement soit un peu bruyant, que la conversation soit au téléphone, ou que le prof ait un accent, et l’entente imparfaite résulte en une compréhension à peu près nulle.

          Ensuite une preuve « par les mains » que le chinois est une langue compacte, c’est que sinon elle ne serait pas une langue tonale. Par exemple si je cherche le pinyin sans ton « zhidao » dans un dictionnaire, je tombe sur 7 possibilités différentes suivant les tons. S’il n’y en avait qu’une seule, et bien, les tons ne serviraient qu’à faire joli et ne seraient pas indispensables à la compréhension.

          vendredi 22 mai 2009

          清华欢迎你! Welcome to Tsinghua !

          Les responsables de l’x me demandaient la semaine dernière de comparer l’accueil des étudiants étrangers sur le plateau Palaisien et dans le campus de Tsinghua.

          Si sur le site de Tsinghua, on trouve que As an open university, Tsinghua has been active in international cooperation and exchange, making great efforts to the internationalization of student education ... , ma réponse fut à l'inverse : d’accueil ici, il n’y en a point.

          Souvenons-nous de mes difficultés de mes débuts d’année. Et bien, si retranchés dans nos bâtiments des élèves étrangers, on a du mal à récupérer les informations relatives aux activités cohez, c’est dommage, mais en soi pas trop grave. Mais on se rend compte que l’administration et le corps enseignant a autant de mal à communiquer avec nous. Voici les deux derniers exemples en date.

          Nous avons obtenu une bourse pour toute la durée de la scolarité à Tsinghua. Naïvement, je ne m’imaginais pas que cette bourse pouvait être remise en cause à la fin de chaque année. Insouciant, je ne tilte pas quand Julien me dit que c’est la période de renouvellement des bourses. Le dernier jour pour déposer la demande, je découvre fortuitement que je suis aussi concerné et que si je ne dépose mas demande, c’en sera fini de la bourse ! Je file au bureau des élèves étrangers, je m’insurge de n’avoir pas été informé, comme d’habitude, on regarde dans la base de donnée, et oui, une faute dans l’adresse mail. Alors ici, on envoie un mail sans se soucier de si ça arrive, et si ça n’arrive pas, tant pis, plus de bourse !

          Deuxième exemple un peu plus génant. La structure de notre master se décompose sur deux années, la première étant majoritairement consacrée au suivi de cours préparant à la seconde année durant laquelle nous menons un projet de recherche. Cette année de recherche déborde en fait en fin de première année, tout le travail de définition du sujet et d’analyse bibliographique doit être au cours du second semestre, ce travail prenant le nom de Kaiti.

          Heureusement que Germain m’a maintes fois demandé où en était mon Kaiti, j’ai ainsi pu en informer mon professeur responsable de ma recherche : « Ah oui, c’est vrai… ». Mais pour quand ce Kaiti doit-il être fini? J’en parle à mon délégué qui m’envoie la note d’information (que je n’avais pas reçue) informant que la présentation des kaiti doit être effectuée avant le 29 mai, la date précise étant choisie par chaque groupe de passage. J’en fait part à mon prof pour qu’il m'informe de ma date de passage. « Va demander à la vie scolaire » me répond-il. J’y vais, ils me répètent que c’est à faire avant le 29 mai et qu’ils vont en informer mon prof.

          Depuis le début du mois je lui demande régulièrement quand exactement je dois être prêt pour passer, il me répond vaguement « mid-late of May », or « around the deadline ». Je ne m’en inquiète pas jusqu’à aujourd’hui, une semaine avant la deadline, m’imaginant que le passage est prévu pour la semaine suivant. Je lui écris, pas de réponse. Je me pointe à son bureau, il me répond qu’il n’en sait rien ! Il appelle quelqu’un et m’explique que la date est déjà passée,...

          Il m’engueule même de ne pas avoir été informé ! Je n’ose lui répondre que c’était à lui d’organiser la chose et de m’en informer, mais non, en Chine, ça ne se fait pas. Il finit pas passer quelques coups de fils, on trouve une solution, je passerai avec un autre groupe, pas spécialisée dans la neutronique des réacteurs, mais bon, ce sera déjà ça.

          Vive l’accueil des élèves étrangers à Tsinghua !

          lundi 15 décembre 2008

          Massive Update

          Nouvelle N°1 : Aujourd’hui j’ai gagné mon combat dans le face à face à vélo. J’ai fait abstraction de mon humiliante défaite du mois dernier, je n’ai pas bougé, j’ai regardé mon adversaire dans les yeux, et c’est lui qui a mangé le trottoir ! Encore un Chinois qui roulait la tête en l’air en serrant le trottoir de gauche. Il va quand même falloir que je me mette dans la tête qu’en Chine, le chinois qui longe le trottoir de gauche est prioritaire sur le cycliste qui longe le trottoir de droite. Rouler à droite n’est plus gage de sécurité, un Chinois peut toujours débouler d’en face !

          Nouvelle N°2 : Les marques Hongkongaises de vêtements dont les boutiques sont légions dans le quartier ne sont pas de meilleures qualités que les marques chinoises. Un prix 4 fois plus élevé permet de trouver des vêtements un peu plus stylé (parce que les chinoises sont quand même très mal habillées, racontée par Julie), mais la qualité reste la même que les classiques produits Chinois (Lisez ici l’article d’Antoine), avec un aspect original qui ne dure pas la semaine, ils partent véritablement en morceaux…

          L'armée des 12 Running-Girls

          Nouvelle N°3 : Dans la série pas classe, mais pas classe du tout, après la Chinoise en robe de mariée et en running, voir en chaussure de rando, on a le Chinois dans les vestiaires de la piscine. Le chinois, très peu pudique, vient se sécher les cheveux devant le grand miroir central vêtu simplement d’un court T-shirt. Normal, c’est pas encore sec dessous. Alors il descend le sèche-cheveux pour se sécher ses parties génitales, d’abord, puis ses petites fesses ensuite. Depuis ce jour, Julie a dit qu’elle ne se sècherait plus jamais les cheveux à la piscine...

          Nouvelle N°4 : Sarkozy a rencontré le Dalaï-lama. Si Lemonde.fr n’affiche qu’un petit article sur sa page principale traitant de cette rencontre, il n’en est pas de même dans la presse Chinoise. Mes camarades de classe, ma professeur de Chinois, Wei Laoshi, les chauffeurs de taxi, tout le monde à le nom de Sarkozy en bouche ! Quand Areva vient faire son amphi retap à Tsinghua, la première question posée est : « Et ne pensez-vous pas que la tension actuelle entre la France et la Chine va troubler les activités d’Areva ». Quand je dis au chauffeur de taxi que l’on est Français, je me vois répondre que vraiment à Tsinghua, on apprend très mal à parler le Chinois ! Mes camarades toujours très cordiaux avec moi me disent ouvertement qu’ils détestent notre président…



          Nouvelle N°5 : J’ai une année de plus ! Déjà 23 ans, snif… Certains insistent en me souhaitant une bonne 24ème année… Il me reste 7 ans pour devenir un grand homme! Super soirée avec les amis Français (voire Francophones, mais pas plus loin !) d’abord au resto Japonais (qualité tip-top, quantité : à volonté !), puis au bar blu de Sanlitun, tout ça dans le quartier expat. Pleins de supers cadeaux, un chapeau de père Noël pour pas que je me perde, une guirlande pour danser en mode sapin de Noël, pleins de DVD, avec des petites et des grandes filles, des chansons de karaoké pour épater mes camarades en soirée, des sucreries pour continuer mon ascension vers le quintal, un gâteau Chocolat-Poire parce que c’est celui que je préfère, un cd de chanson françaises romantiques pour rester fidèle à notre réputation, un cd pour les chinois nostalgiques de leur pays, un joli coussin rouge pour écrire confortablement cet article, une corde à sauter qui ne finira pas sa vie au bout des 233 sauts à la corde, et enfin un porte-clés poisson rouge, maintenant vous devez comprendre pourquoi ! Bref j’ai été bien gâté !

          On dine autour du cuisto!

          Il sait aussi faire le spectacle!

          Coquilles Saint-Jacques!

          Nouvelles N°6 : Le vendredi est toujours aussi horrible. La faute principale au prof du cours avancé de Neutronique, un mot barbare pour désigner un cours de barbare. Je ne comprends toujours pas beaucoup plus que ses « dui bu dui », c'est-à-dire « n’est-ce pas », ou plutôt « hein ? » à la fin de chacune de ses phrases. Il commence tous ses cours par nous dire que ce que l’on va traiter est étudié en une quarantaine d’heure dans les universités américaines, mais que comme on est pressé, on le fera en 3 heures… Mais si je le déteste aujourd’hui, c’est qu’il nous a proposé cette semaine de choisir entre la semaine 17 ou la semaine 18 pour l’examen final (celui que je n’ai bien sur aucune chance de valider), et c’est après avoir entendu que tout le monde préférait la semaine 17 qu'il a décidé que ce serait en semaine 18 ! En semaine 18, le dernier jour, celui qui m’empêche d’aller à la cascade de glace ! Je suis trop déçu ! Cela fait déjà deux semaines que je suis l’entrainement spécifique à la sortie (racontée ici par Julien), je ne pourrais même pas y aller !

          Des tractions, en veux-tu, en voilà!

          Nouvelle N°7 : Je commence à être connu au club Montagne. Voici comment je suis décrit par le président sur le facebook chinois :


          圣宏宇 , 跑步不错 ,喜欢攀岩: Mathieu, belle course, aime l’escalade !

          Nouvelle N°8 : J’ai élucidé le problème des 4 délégués! 1 département, 80 élèves séparés entre 2 groupes. Dans chaque groupe un représentant des membres des « jeunesses communistes », et un représentant des membres du parti. En fait, à Tsinghua, tout le monde est au moins membre des jeunesses communistes. En effet depuis qu’ils sont tout petits, à l’école, les professeurs recrutent pour les jeunesses communistes parmi leurs meilleurs élèves. Donc ceux qui viennent ensuite à Tsinghua. Les encore meilleurs, une fois grand, sont autorisés à intégrer le parti. Donc dans ma classe, tout le monde est/fut membre des jeunesses communistes, mais seuls les meilleurs d’entre eux sont aujourd’hui membres du parti. Le chef de classe est donc le représentant des membres de la jeunesse communiste. Pas étonnant que je n’ai pas trop compris comme le choix des délégués s’était passé à l’époque !

          叶流长,Mon chef de classe!

          Nouvelle N°9 : Noël, c’est qui Noël ? J’ai DS le 24, cours comme d’habitude le 25, et rien dans la vie de tous les jours ne concourt à l’ambiance de Noël. Au fond ce n’est pas plus mal, ça évite de trop se dire que c’est triste de ne pas pouvoir être à la maison pour fêter Noël en famille. Je serais en Chine pendant notre Noël, et je serais en France pendant l’équivalent chinois, à savoir la fête du printemps, aussi communément appelé Nouvel An Chinois dans nos contrées. Plus de détails sur cette fête au moment idoine, à savoir le 16 janvier prochain, date à laquelle je vous invite à me rejoindre dans le XIIIème, ce sera plus facile que de venir à Pékin…

          Nouvelle N°10 : Quoique… Avec les prix incroyables que l'on trouve ces derniers jours… Un AR Pékin-Paris à 300€, et sur Air France, on hallucine ! On dit merci Air France de proposer des billets à 30€ (270€ de taxe d’aéroport), ou merci à Govoyage d’avoir oublié une puissance de 10 dans le prix du billet ? Si c’est la faute à Govoyages, étant donné l’effet de poudre parmi les Français de Tsinghua, ces derniers seront bientôt en banqueroute ! Donc j’en ai profité, et je serai à Paris du 18 janvier au 2 février pour 2 belles semaines Françaises !