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dimanche 19 juillet 2009

Voyage Sichuan Yunnan

Voilà, si le blocage de blogspot m’a empêché de rajouter régulièrement quelques nouvelles fraiches sur ce blog durant notre voyage dans le Sichuan et le Yunnan en ce mois de juillet, le récit et les photos de toute notre aventure sont maintenant entièrement disponibles, n’hésitez pas à y laisser quelques commentaires !

Un récapitulatif des différentes étapes et leurs articles associés :

1er juillet : la ville de Chengdu
2 juillet : la base de reproduction des pandas géants et le buddha de Leshan
3-4-5 juillet : Emeishan
6-7 juillet : trajet jusqu’à Lijiang et visite de la ville
8-9 juillet : Dali
10-11 juillet : les gorges du saut du tigre
12 juillet : Xianggelila
13-14-15-16 juillet : le parc de la Meilishan
17-18 juillet : trajet jusqu’à Kunming, et petite visite avant retour à Pékin

samedi 18 juillet 2009

Retour à Kunming

Un dernier défi nous attendait pour conclure ce voyage : rentrer à Kunming en passant le plus vite possible à travers les différentes escales du trajet aller. La meilleure solution ? Un car au départ de Deqin et à destination directe de Kunming… le trajet doit durer 20h !

Notre première expérience du bus couchette nous ayant laissé quelques traces, on a décidé de prendre le problème à bras le corps. 17 juillet, 10h du matin, le bus ne part qu’une heure plus tard, mais on monte s’installer. Oubliant nos numéros de couchettes, beaucoup trop à l’arrière du car, on prend place sur les couchettes basses à l’avant du véhicule, les meilleures. On éparpille nos affaires, on se met sous la couverture, on met l’oreiller sur le numéro de la couchette pour le cacher et on fait semblant de dormir en attendant les autres voyageurs.

La stratégie ne loupe pas, les gens ne comprennent pas que l’on soit à leur place, soulèvent nos oreillers à plusieurs reprises pour vérifier les chiffres… mais n’osent ni nous secouer pour nous réveiller, ni nous adresser la parole pour nous demander de changer de place ! On les entend pourtant maugréer que nous sommes à leurs places, mais ils semblent trouver un arrangement entre eux, et quand le bus démarre, nous sommes toujours à nos places, victoire !

La route se passe étonnamment bien, le sac de bananes de mon voisin de derrière me protège des mauvaises odeurs, pas d’éboulements sur la route, les films débiles le sont toujours autant, mais on arrive même à dormir et on arrive à Kunming au petit matin. En attendant notre avion du soir, on se balade un peu en ville et on se pose un peu au Hump Hostel (très près du centre) que je déconseille fortement : on y mange mal et cher et il n’y a que des étrangers : allez plutôt au Camellia Hostel !


Nous sommes bel et bien de retour en ville!


Un petit thé au milieu du parc avant de rentrer à Pékin...

On prend l'avion à 20h, on atterrit à 23h, c'est la fin du voyage...

jeudi 16 juillet 2009

Yubeng et ses randonnées dans le massif de la Meili shan

Nous sommes le 16 juillet, nous sommes à Deqin (德钦), l’une des villes les plus moches de Chine, mes cheveux sont gras, mon short plein de boue, mon T-shirt recouvert de poussière, je n’ose plus ouvrir mon sac de peur de laisser échapper les mauvaises odeurs, nous n’avons ni porté le bicorne, ni chanté la marseillaise il y a deux jours, 3 d’entre nous ne quittent plus les toilettes, 2 autres finissent les paquets de mouchoirs (l’intersection est loin d’être nulle), mais nous sommes heureux, car enfin, oui enfin, nous avons aperçu le Kawakarpo, ce géant de l’Himalaya qui s’est enfin découvert de son voile nuageux pour nous laisser apercevoir ses ailes monumentales et la bouche de son glacier supérieur, semblant en laisser échapper un second qui file jusqu’au Mékong et sa terne teinte rougeâtre qui traverse ces grandes valles arides.


Le Kawakarpo

Mais reprenons les choses dans l’ordre... On est en provenance de Xianggelila, on arrive dans la super 4x4 de Nima, notre copain tibétain. Comme il est sympa, il nous arrête régulièrement sur la route, pour nous montrer les spots les plus intéressants:


Le premier virage du Yangzi


Passage d'un col à 4292m d'altitude! Mon record! Dommage que ce soit en voiture...


Les 12 stupas. Attention à en faire le tour d'en le bon sens, n'est-ce pas capitaine Haddock!


Des éboulis ont lieu tout le long de la route


Les éboulis sont parfois très gros! La route était partiellement bloquée ici


Après cette route remarquable, on arrive le 12 juillet au soir à Feilaisi. Après avoir difficilement refusé les deux offres d’hébergement chez la cousine puis chez la tante de Nima, on se décide pour notre coup de foudre: la belle barre posée au sommet de la colline, l’hôtel hyper luxueux du coin: Il est bâti face au Kawakarpo, de grandes baies vitrées dans chaque chambre permettent de l’admirer des heures durant, les chambres sont grandes et superbement aménagées, le tout pour seulement 240 kuais la chambre! Petit déjeuner a 50 kuais inclus. On croit au miracle.

Notre chambre

C’est déjà l’heure de diner, on redescend donc dans le village à la recherche du Migratory Bird Cafe qui semble être le lieu incontournable du village. Laissez-moi tout de suite rétablir la vérité. Ici la bouffe occidentale est dégueu. La bouffe chinoise aussi. Les informations sur les treks du coin qui sont censés être excellentes ici sont du même acabit: désastreuses. Alors si vous décidez un jour de venir faire un pause à Feilaisi, suivez mon conseil, passez ici récupérer la carte du coin, puis enfuyez vous dans un vrai resto Chinois!

C’est d’ailleurs en cherchant un endroit qui pourrait compenser le désastre du café oisillard qui devrait migrer au plus vite, que l’on se rend compte de la difficile réalité de Feilaisi. Il s’agit d’un village construit, mal, même très mal, dans le seul but de faire face au Kawakarpo. Ici les gens ne sont pas bien sympas, il n’y a qu’une rue d’une cinquantaine de mètres, la vue sur le Kawakarpo est bloquée par les nuages... et notre sublime hôtel s’avère un échec assez redoutable. La sono de l’hôtel a été installée à l’extérieur, et elle crache ses décibels sur le village entier, comme à ses propres clients. Clients qui se retrouvent bientôt dans le noir après s’être fait retirés la carte magnétique, carte qui ne reviendra jamais. Au moins cela permet de ne plus voir le trou dans le plafond laissé par le luminaire manquant. Bref, une imitation du luxe occidental complètement ratée. On est loin d’être déçu lorsque l’on quitte Feilaisi le lendemain matin pour nous rendre dans le parc national de la Meili Shan.

La Meili shan, qu’est-ce que c’est? Il s’agit d’une haute chaine de montagne de l’Himalaya coupée en deux par la frontière Tibet-Yunnan, mais entièrement dans la zone d’influence tibétaine. Ses deux plus hauts sommets, le Kawakarpo et celle qu’on appelle sa femme, s’élèvent respectivement à 6740 m et 6054 m, et sont entourés de 12 pics moins élevés considérés comme leurs enfants, le tout formant la Meili Shan. Celle-ci est bordée par deux des plus grands fleuves du monde, et a fortiori du continent Asiatique, ayant pris leur source au Tibet: le Mékong a l’Ouest qui se jettera plus loin au Vietnam, et la Salouen a l’Ouest, dont les eaux traverseront la Birmanie avant de se jeter dans l’océan. A cet égard, comme dirait Monsieur Doguet, connaissez-vous les 4 plus grands fleuves du monde, s’étalant chacun sur plus de 6000 km ?

Réponse ici.

Sinon, voici la Meili shan:

Carte (schématique... et un peu usurpée!) de la Meili Shan

Pour ces 4 jours de grande randonnée, notre but sera de rejoindre le village de Yubeng (雨崩), accessible uniquement par chemin de randonnée, depuis lequel nous étoilerons ensuite les jours suivant. Pour atteindre Yubeng, il est possible de partir directement depuis Feilaisi, descendre vers le Mékong à flanc de gorges, sur un terrain très aride, traverser le fleuve, puis remonter en face, rattraper la route de terre, et rejoindre Xidang (西当). Depuis Xidang, le chemin inaccessible aux voitures s’élève sur environ 1000 m de dénivelé, et redescend sur 600 derrière jusqu’au village de Yubeng. Ayant été informé (à tort) que le pont piétonnier franchissant le Mékong sous Feilaisi avait été détruit en attendant rénovation, on fait encore appel à Nima et à son 4x4 pour nous emmener jusqu’à Xidang d’où on attaque notre ascension après le déjeuner du midi, dans un endroit des plus spartiates…

Le resto de Xidang, et sa spécialité: le yak au caoutchouc


Sympa la cuisine! Ici, on choisit pas le menu, une casserole pour tout le monde

Notre première ascension se déroule bien, au soleil, mais la vue ne porte que sur… Feilaisi, et n’a donc pas grand intérêt. On croise et se fait doubler régulièrement par des convois à cheval portant les touristes fainéants de chinois, chevaux qui contribuent à défoncer le chemin déjà rendant boueux par les fortes précipitations des derniers jours. Au moment de passer le col, on entre dans un bois dans lequel sont disposées des prières tibétaines, on se sent dans un lieu sacré!

Le passage du col entouré des prières tibétaines


pause casse-croute

La pluie se met alors à tomber, il n’est que 4 heures, mais les gens que l’on croise nous incitent à nous dépêcher, la pluie risquant de s’intensifier avec le temps. Au cours de notre descente on voit petit à petit les sommets se dégager légèrement… et le village de Yubeng apparaitre ! Yubeng est en fait morcelé en 2 partis, Yubeng bas et Yubeng haut, séparés par environ 200 mètres de dénivelé. Le premier que l’on aperçoit est Yubeng bas, mais en poursuivant notre descente on aperçoit rapidement Yubeng haut, que l’on atteint en premier, et qui sera notre lieu de bivouac pour notre première soirée « en pleine nature ».


Jérôme guettant les sommets se découvrant


Yubeng haut (雨崩上村)


On est appelé à venir s’installer dans la première « auberge » que l’on rencontre, située sur le chemin, un peu avant Yubeng haut. On y découvre alors qu’il y a des chambres avec des lits individuels, ce n’est pas l’immense dortoir avec les grands lits dans lesquels on dort à 50 comme on s’y attendait. Il y a aussi la douche, et la bouffe n’a pas l’air dégueu. J’ai l’impression que cela ne va pas être aussi inconfortable que ce que je redoutais ! On préfère néanmoins s’enfoncer un peu dans le village pour trouver notre logement, cela fait un peu bizarre de dormir dans la première cahute rencontrée, mais on y retourne pour diner :

Des jeunes chinois à la table d'à coté

La cuisine

Après le repas, le ciel s’est bien dégagé:


Sommets enneigés surplombant Yubeng


Sommets enneigés surplombant Yubeng - 2


Pour les 2 jours suivants, on prévoit une balade par jour, l’ascension du lac glacé (冰湖) d’intensité moyenne le premier jour, de telle manière à ce que tout le monde suive malgré l’altitude, car on part tout de même de 3150 mètres d’altitude à Yubeng, puis deux balades parallèles le deuxième jour : une très intense pour monter à près de 4700 m d’altitude au lac sacré (神湖) pour les plus forts, et une plus cool qui monte à la cascade mystérieuse (神瀑), à 3700 m.

Voici les photos de notre première ascension, celle du lac glacé :

Le yak se trompe de sens au passage de la stupa


Le cheval n'est pas beaucoup plus futé


Et pendant ce temps-là, les cochons ont mieux à faire!


Le lac glacé se situe au point de chute du glacier que l'on a en face de nous

Glacier se jetant dans le lac glacé


Lac glacé


Alors que nous contemplons ce lac glacé, nos différentes affaires sont éparpillées un peu partout. Certaines sont encore proches de nous, au fond du sac a dos. Certaines sont aux mains des paysans de Yubeng, d’autres dans celles de potes de Nima, les dernières sont aux mains des Fuwuyuan de Tsinghua, désormais seules possesseurs des clés de ma chambre a Tsinghua...

Le soir, on redescend jusqu’au village du bas, les balades du lendemain partant en effet de celui-ci. Si le premier village s’était avéré très boueux, on préfère le second, plus aéré, et directement entouré des champs de blé. On loge dans la dernière auberge du village.


Notre "ferme-auberge" à Yubeng bas

Le soir même, il faut se rendre à l’évidence : personne n’accepte de m’accompagner dans l’ascension du lac glacé le lendemain. Affaiblis par rhume, gastro, ou genou difficile, ils ne feront pas plus que la fontaine sacrée. Persuadé de ne pas y aller seul, d’autant plus que le chemin est indiqué comme non ouvert au public, je me résigne, demain sera une journée « repos » ! L’ascension est en effet très aisée, mais le spectacle n’est pas décevant, au contraire :


Au départ de la balade. On va s'enfoncer dans la vallée et remonter sur la droite derrière le versant sombre.


Magique atmosphère aux alentours de Yubeng bas


Champ de kern tibétains


Un barbu qui fait même pas peur


Me voici à la cascade!


Une petite chinoise adorable que l'on a croisé à la cascade


et qui accepte même de poser avec le barbu! Elle repartira avec une petite tour Eiffel...


Toujours à la cascade, prêts à relever la tradition débile: passer sous la cascade et ressortir trempé jusqu'aux os!


Le grand névé par lequel on a coupé à la descente


Ici, on aime les pates chinoises!


Dans la descente, comme on est très en avance, on en profite pour faire une pause sieste/lecture en pleine foret, quel calme !

Pause lecture dans les bois


Nous voici de retour à Yubeng bas!


Dernière soirée loin du bruit, dernière nuit à Yubeng, on se remet en route le lendemain matin, et on regrimpe le col du premier jour, cette fois dans l’autre sens. Seulement 600m de dénivelé, mais il faut y rajouter les 200m pour rejoindre d’abord Yubeng haut. Je profite de cette montée pour vérifier que mes capacités de montée à grande vitesse ne sont pas amoindries par nos plus de 3000 d’altitude !

Une petite heure de descente et nous voila de retour à Xidang (西当) et son désormais très renommé restaurant du coin. Aujourd’hui il y a autre chose que du Yak à la carte, nous sommes bénis. Puis on décide de se mettre en route, nous devons nous rendre jusqu’à Deqin. Tel est notre programme aurait dit Raymond Quenaud. Les chauffeurs affalés sur leur canapé à l’étage ne bougeront pas pour moins de 150 pouloutes. Mais une Tibétaine qui trainait dans le coin nous informe qu’un chauffeur qui est encore à l’étape du dessus peut descendre pour nous prendre, cela devrait lui prendre environ 20 minutes, et 120 pouloutes lui suffiront. Sachant d’expérience que cela peut signifier prés de 3/4 d’heures, je lui ajoute en plaisantant à moitié que nous baisserons le prix de 10 kuais par minutes de retard ! Extrêmement indignée par cette proposition, elle contacte néanmoins son chauffeur de mari, et lui transmet le contrat. 17 minutes plus tard, le voici haletant, il a mouillé le T-shirt, il n’a pas pris le temps de récupérer son véhicule au parking du dessus, mais il a respecté le contrat, victoire! 2 minutes après, voici le véhicule, un mini van classique, et il le parque en pleine pente. On commence à rentrer dedans lorsqu’il avance de 30 cm. Puis de nouveau 30 cm! Ca me rappelle le coup de Yangshuo lorsque nous avions commencé à foncer dans la foule de xijie quand notre chauffeur était descendu du véhicule sans en serrer le frein à main. Ici en fait, le frein à main est totalement HS et le minibus ne retient qu’au frein moteur... De quoi nous rassurer pour la descente à flan de falaise! On commence à regretter le 4x4 de Nima... Quelques minutes plus tard, on s’arrête devant chez notre chauffeur, le temps pour lui de changer de T-shirt, celui-ci étant bien mouillé après sa descente précipitée... notre petite vengeance sur les tibétains du coin. On repart. Pierre-Alain rebaptise l’endroit premier virage du Mékong et lance ainsi une nouvelle vague touristique dans ce coin et qui détrônera bientôt le beaucoup trop célèbre premier virage du Yangzi. Puis on le traverse, ce Mékong et on remonte sur la face opposée de la Gorge, celle qui fait face a la Meili Shan... Et c’est la que soudainement la couverture de nuages s’estompe et offre a notre vue l’incroyable Kawakarpo, ses 6702 m et son ascension jamais réalisée, la dernière ascension (qui s’est finie en hécatombe) remontant a 1991. Jérôme, comme a son habitude, estime que l’ascension doit être réalisable. Il reviendra.

dimanche 12 juillet 2009

Xianggelila ou la mafia tibétaine

A peine rentrés des Gorges du Saut du Tigre, on cherche à rejoindre la ville suivante de notre itinéraire : Xianggelila (香格里拉). Pour éclaircir les confusions sur le nom de cette ville, rappelons qu’elle s’appelait originellement Zhongdian (中甸) jusqu’à la parution du livre Lost Horizons décrivant un lieu fantastique au Tibet du nom de Shangri-La. Le gouvernement décida alors que Shangri-la correspondait en fait à la ville de Zhongdian, et changea donc son nom, non pas en Shangri-La, un peu difficile à prononcer par les chinois, mais en Xianggelila, qui est en fait une transcription phonétique de Shangri-La, sans doute un terme Tibétain.


Lorsque nous acceptons l’offre que nous propose Jane, à savoir un aller simple pour Xianggelila depuis les gorges du saut du tigre en minivan pour 35 petits kuais par personne, nous sommes bien loin de savoir que nous entrons ainsi dans le giron d’une grande famille. Notre chauffeuse recommandée par Jane et une femme tibétaine, forte mais très sympathique et dévouée. Un quart d’heure après avoir pris la route, on fait une petite pause, la chauffeuse descend de voiture pour serrer son fils tout droit descendu de la montagne (il sort de cours !) dans ses bras. Cet épisode sans importance se révèlera en fait tout un symbole : en territoire tibétain, on croise un mari ou une cousine à tous les coins de rue ! En effet, arrivés à Xianggelila dont la qualité hôtelière ne suscite pas d’éloge dans les guides, elle est ravie de m’entendre lui demander s’il y existe une auberge de jeunesse (AJ). Elle connait et nous y emmène aussitôt. Le tableau n’est pas folichon, il pleut à torrent, mes amis espéraient des doubles avec sanitaires intégrés, mais tout est déjà parti. On va donc partir à la recherche d’autre chose. Notre chauffeuse visiblement de mèche avec la proprio de l’auberge (elle me dira ensuite que c’est sa sœur) insiste pour que nous restions, puis devant notre mine déterminée, se propose de nous reprendre dans son véhicule (sans frais supplémentaire) pour nous « aider » à trouver un autre endroit. Elle prend son téléphone et tout en conduisant appelle numéro sur numéro. Mais tout semble plein ! Devant notre intention de nous arrêter dans un hôtel chinois hors de son réseau, elle se réveille et nous propose soudainement quelque chose dans le vieux centre, 80 yuans la double. On y va, c’est super, et notre chauffeuse en profite pour nous présenter la tenante, sa cousine ! D’ailleurs cette dernière est accompagnée de Nima, un des meilleurs amis de notre chauffeuse. Nous sommes « surpris » d’entendre qu’il doit justement rentrer sur Deqin (德钦,notre destination suivante) le lendemain, et qu’il nous propose donc de nous emmener au meilleur prix dans son 4x4 ! L’offre est convaincante, on accepte avec plaisir : flexibilité et confort que nous ne pourrions trouver ni dans la ligne de bus régulière, ni dans un minivan pourri.

Le lendemain, nous visitons d’abord la lamaserie (temple bouddhiste d’inspiration tibétaine) Songzanlin (松赞林寺) avant de reprendre le véhicule de Nima direction Deqin. Je lui demande de nous arrêter pour qu’on achète de quoi grignoter pour la route, mais au lieu de s’arrêter à la première boutique, il fait 100 m de plus, et descend en même temps que nous pour dire bonjour à son cousin, derrière le comptoir ! Puis la pause-déjeuner au milieu du parcours, on la fera bien sur chez son grand pote, et il pourra manger à table avec une bande d’amis. On reprend la route et plus on s’approche de Deqin, plus il fait signe ou adresse un petit mot aux voitures que l’on croise, et arrivés à Feilaisi (飞来寺), village située 10km plus loin que Deqin, plus branché tourisme, il nous emmène directement dans l’hôtel de la famille. On lui dit qu’on a envie de tenter l’immeuble de luxe perchée sur la colline. Il nous y emmène par un chemin détourné… et nous arrête dans un autre hôtel, bien meilleur que le précédent… mais on insiste, on veut celui tout en haut de la colline ! Alors il nous y guide finalement à contrecœur. Cette fois, nous n’aurons pas de prix. 240 pouloutes la chambre, et non négociables. Devant le gigantesque luxe de l’endroit, le prix qui reste dérisoire en comparaison des standards français et la perspective de passer ensuite 4 jours en pleine nature, on saute sur l’occasion. Nima est déçu… il nous aidera malgré tout à y monter nos sacs… et retira une commission de l’hôtel ! Comme on l’aime bien notre chauffeur Nima, malgré sa musique tibétaine, on fait encore appel à lui pour nous emmener au départ de notre balade le lendemain. Il nous convaincra de ne pas laisser les bagages supplémentaires à la réception de l’hôtel… mais au resto du bas, tenu par sa famille…

Pour conclure, et avec un esprit un peu plus critique, « l’effet de mafia », ça a du très bon quand on peut récupérer des services de qualité à très bon prix, par exemple le très bon hôtel dans le centre-ville, ou un chauffeur à la conduite contrôlée et au véhicule relativement sécuritaire comme Nima. Ça en a du moins bon quand « la famille » ne propose pas des services de qualité égale, par exemple quand nous avons été fortement incités à loger dans un hôtel à la propreté discutable à Feilaisi. Il devient alors difficile de dire non après avoir reçu tant de bons services… et que les bagages sont soigneusement gardés chez les cousins !

Je vous laisse avec des photos de Xianggelila, ou plus exactement de la lamaserie Songzanlin, le véritable lieu d’intérêt de la ville.

La lamaserie est une vraie petite ville


On remarque au dessus de l'entrée la roue et les deux chèvres, symboles du bouddhisme lamaïste


On a suivi des tibétaines qui semblaient monter au temple


On remarque qu'il manque le bâtiment central!


Un grand Buddha, à l'intérieur du pavillon principal, on remarque le bonnet jaune, caractéristique de la secte Gelugpa, la plus récente des écoles du bouddhisme tibétain


Un lama en pleine prière


La photo que nous ne devrions pas montrer... Le pavillon central a été détruit cette année pour être reconstruit...

samedi 11 juillet 2009

A l'assaut des Gorges du Saut du Tigre

Quelques minutes après l'écriture du post précédent, alors que je venais de quitter le café internet, nous fumes secoués par un tremblement de terre! Je n'ai à vrai dire rien remarqué, plongé dans un coup de téléphone, mais les boutiques furent vidées en vitesse, et Jérôme fut bel et bien secoué sur son siège. Une magnitude de 6 et 10 000 sans abri sont les informations que nous avons le jour suivant. Etonnamment, ce tremblement de terre qui fait la une des JT de Taiwan aux Etats-Unis n'apparait pas sur lemonde.fr...

Quelques minutes après l'écriture du post précédent, je reçois aussi le devis de Jean Yves, notre ex-futur guide, pour la traversée du Mékong a la Salouen. 370 euros par personne. Il a honteusement gonflé les prix, nous donne un devis global, et en euros histoire de le cacher. Mais c'est bien plus que nous ne sommes prêts à accepter. Nous irons donc rendre visite au village de Yubeng sans Jean-Yves... mais il restera longtemps dans nos pensées avec ses phrases chocs!

Dernière soirée a Dali marquée par les 'smoke smoke' que nous adresse des petites vieilles à tout les coins de rues! C'est très amusant! 50 kuai, 20 kuai, 10 kuai, tout leur convient, à condition que tu les accompagnes chez elles. Pas étonnant que Dali soit rempli de rasta... Pas mal d'alcool de prunes, dans les sacs et dans les estomacs aiguaieront notre dernière soirée chez les Bai.

Debout tôt le matin, il nous faut 5 heures de bus pour nous rendre a Qiaotou (桥头), le site depuis lequel on peut attaquer le mythique trek des gorges du saut du tigre (虎跳峡徒步). On dépose nos bagages a la Jane's guest house. Jane supposée être une anglaise laissera de nombreuses interrogations, autant sur sa nationalité que sur ses poils aux mentons. En tout cas, elle (il?) semblait apprécier les longs poils de Pierre-Alain.

Pour le premier après-midi, 5 heures de marche au programme, de Jane's Guesthouse à Tea Horse Guest house. Ci-dessous une très bonne « carte » du lieu.

Carte schématique de la zone des Gorges du Saut du Tigre

Le chemin débute en fait au niveau du fleuve, puis s'en écarte progressivement en s'élevant sur le versant Ouest. D'abord tranquillou jusqu'à la naxi guesthouse, il monte plus raide jusqu'a suplomber les gorges d'environ 800 mètres. Puis cela redescend légèrement jusqu'a la Tea Horse GH. Si je devais caractériser cette première après-midi, je dirais décevante. Bien loin des superlatifs employés dans tous les guides, cela ressemble plus à une balade dans les verts pâturages de nos chères Alpes. La pente est très douce jusqu'au fleuve, bien loin de mes images d'à-pic vertigineux. Heureusement le versant Est offre un spectacle autrement plus impressionnant avec des pentes nues quasi verticales qui s'enfoncent dans les nuages. Il s'agit du massif de Haba qui s'élève a plus de 5000 m, même si nous sommes bien loin d'être capables de le constater!

Départ du trekk, dans une zone où le Yangzi, très rouge bien qu'il soit renommé rivière au sable doré (金沙江) dans la région. On part sur la gauche.


Premiers pas, tranquilles.

La vallée s'encaisse petit à petit


Le ciel s'assombrit...


Et un magnifique arc en ciel apparait!


Pierre-Alain poursuit son reportage "Sarah en Chine"


Plantations de Cannabis à Tea Horse GH!


Pourquoi dormir à Tea Horse plutôt qu'à Halfway? Pour la superbe vue sur le massif de Haba!


Apres une nuit à dormir comme des bébés, on doit se résoudre a l'évidence, nous ne verrons pas le lever du soleil sur massif d'en face, le temps est très couvert. On reprend la balade ou nous l'avions laissé en direction de la Tinas Guest House. Et là, merveille, la gorge s'encaisse, notre versant est de plus en plus vertical, et le chemin au ras de la paroi ressemble de plus en plus à ce que je m'imaginais. Au passage, photos mythos inspirées par François Amet.


Prêt à prendre mon envol, tel le tigre légendaire du lieu.


Photo d'inspiration Jean-Yvesque


Beau bracelet!


Le couple du jour



De tout la haut, le fleuve, qui n'est autre que le Yangzi, encore bien petit ici, est déchainé. Il dévale son lit, vient s'écraser contre les parois à chaque virage, soulève des remous immenses... mais cela ne suffit pas à impressionner Jérôme qui reste persuader que ce passage est navigable en rafting. Il faudra descendre aux fond des gorges, au niveau de la Tinas guesthouse pour mieux se rendre compte des flots déchaines... Encore une fois, je me permets de montrer mon désaccord avec les guides: la descente jusqu'a la rivière est très impressionnante, rien de tel pour se rendre compte de la férocité du Yangzi dans ces gorges du saut du tigre!


La gorge du saut du tigre proprement dite, le lieu où les deux versants sont les plus rapprochés. L'histoire dit qu'un tigre aurait échappé au chasseur qui le poursuivait à cet endroit-ci en bondissant par dessus le Yangzi.


Les flots sont déchainés... qui oserait s'y aventurer en rafting?


Ok, ça, c'est fait...


Un petit véhicule nous remmène de Tina chez Jane, histoire de récupérer nos bagages déposés la veille, et on repart immédiatement pour Xianggelila. 2 petites heures de trajet mais une incroyable transition vers le plateau Tibétain. Lisons tout de suite la belle decription du guide bleu : « En route vers Xianggelila, un paysage sans cesse changeant dévoile les premières images du monde Himalayen. On quitte les larges plaines voisinant Lijiang pour rejoindre la première courbe du fleuve bleu. Des maisons de torchis s’élèvent dans une vallée de plus en plus étroite. Le Yangzi se rétrécit encore pour devenir simple torrent. Plus en altitude, sur de hauts plateaux herbeux au vert profond, des maisons tibétaines massives cernées par les premiers contreforts de l’Himalaya annoncent un autre univers. Les demeures s’élèvent sur de larges paturages, où broutent les yacks. »

Notre Mianbaoche (面包车), voiture à pain en Chinois, le véhicule le moins cher du pays!


Vert plateau tibétain


La petite troupe toujours complète!


Nous sommes maintenant en terre tibétaine. Bien loin de se restreindre a la région administrative du Tibet, la zone d'influence tibétaine s'étend aussi sur le Qinghai, l'ouest du Sichuan, et le Nord du Yunnan ou nous nous trouvons maintenant.

Notre simple chauffeuse se révèle d'une grande aide, car elle ne se contente pas de nous amener en centre ville, elle nous aidera a passer des coups de fils et à aller d'hôtels en hôtels pour en trouver un super et pas cher. J’en profite donc pour donner ici les coordonnées de cette sympathique dame : … et la référence de l’hôtel car il vaut le coup: 永盛源客栈,独古硕12号(小白塔处),13038600867. 80 kuais la double, confortable, dans le centre, accueil sympa et ... pas dans le routard.