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vendredi 5 novembre 2010

Longquan Temple (龙泉寺)

Retour sur le deuxième week-end AICE. 

Il y a un mois de cela, nous emmenions un large groupe à Cuandixia, village traditionnel de montagne en banlieue de Pékin, pour la première sortie-week-end de l’histoire de l’association. Ce week-end, nous remettions cela dans une ambiance plus spirituelle, avec comme objectif de passer la nuit dans un temple bouddhiste ! 

L’idée m’était venue en repensant à notre escapade de l’été 2009 sur les pentes d’Emeishan, où nous avions passé deux nuits dans des monastères bouddhistes ouverts aux visiteurs. Alors que rien ne m’avait sorti de mon sommeil, mes compagnons du moment furent réveillés/effrayés/énervés par des bruits bizzares qui retentirent longtemps, bien longtemps avant le lever du jour. Qu’était-ce donc ? 

C’est afin de chercher la réponse à cette question que samedi matin, prêts à sacrifier la viande au tofu, et la passion à la modération, nous nous mettions en route pour le temple Longquan (龙泉寺). Le groupe était composé d’une petite vingtaine d’étudiants, avec une dominante européenne, et féminine. Les américains sont décidément bien absents ce semestre, et les males préférèrent rester à Beijing pour fêter la soirée d’Halloween dignement. Ou pas.  










Longyu, PhD student du département de physique de Tsinghua et disciple bouddhiste affirmé, nous accompagnait pour cette sortie. Il était notre lien entre la science et la croyance. Il était aussi notre lien entre Tsinghua et le monastère où il était bien connu car il y participe régulièrement à des activités de volontariat
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Longyu 龙宇

Arrivés à l’heure du déjeuner, Longyu nous expliquait la première règle à respecter dans le temple : 止语, ne pas parler à table. Première surprise ! Le repas végétarien composé de petit pain, légumes et soupe au riz fut donc pris silencieusement. Nous nous regardions, peu habitués à se tenir silencieux à l’heure du repas, échangeant parfois quelques mots murmurés, incapables de vraiment respecter la règle. 

Après le déjeuner première rencontre avec un moine. Il nous explique en chinois les règles et horaires du temple. 17h : cours du soir, 18h : diner, 21h : coucher. 4h : réveil et cours du matin, 6h : petit dej. En chinois, les phrases n’ont pas besoin de sujet pour exprimer ce genre de choses. Mais la traductrice utilisait « you » quand elle traduisait en anglais pour nos participants : « You will get up at 4 in the morning ». Cela en effraya plus d’un ! Le moine les rassura : ces horaires sont pour les moines et travailleurs du temple, nous n’avons pas l’obligation de les respecter, même s’il nous incite à les suivre pour expérimenter en profondeur leur rythme de vie, et l’apaisement qui l’accompagne. 




Dans l’après-midi nous partîmes randonner sur la montagne Fenghuang (凤凰). Une très belle montagne qui fait directement face à la ville de Pékin. Des sommets on repère quelques points de la ville. Le site est organisé en trois zones : nord, central et sud. A l’origine préservé du bétonnement associé au développement touristique, Fenghuang a fini par se faire avoir aussi : les zone nord et centrale sont presque entièrement taillées en marches.






Avec mon groupe, parti explorer la partie nord malgré le désaccord des personnes du temple qui souhaitaient contrôler tous nos gestes et mouvements, nous revînmes au milieu du cours du soir que nous observâmes de dehors. Le terme cours du soir (晚课) désignait en fait la prière du soir, une lecture chantée des sutras. 

Lors du repas du soir, pris cette fois avec toute la communauté du temple rassemblée dans le réfectoire, nous ressentîmes plus en profondeur l’atmosphère apaisée du repas partagé en silence. Des personnes passent en silence entre les rangées de table, des grands récipients à la main, et servent en fonction des indications qu’on leur donne par des petits gestes de la main. On réalise l’importance de la communication non verbale.









Après le diner, nous nous couchâmes à des horaires indécents à l’occasion d’Halloween : 21h30. A 4 heures du matin c’est le réveil au son de la planche de bois frappée, bien avant le lever du jour. La plupart d’entre nous se levèrent et nous eûmes la chance de participer au cours du matin dans la salle de prière, faisant face à la grande statue de bouddha. 



Comme le cours du soir, cela consistait à réciter des sutras. On nous donna des livres pour que l’on puisse suivre. Les écrits, bien qu’écrits en caractères chinois, ne « faisaient pas sens », c’était une transcription phonétique du sanskrit. Les prières commençaient lentement, très lentement, chaque syllabe étant bien distinguée. Puis elles accéléraient, régulièrement, sans que rien ne les stoppe. Elles finissaient sur un rythme déboussolant ! Rien de mieux pour vous garder éveillé après un réveil si matinal. 







A 6 heures, le petit-déjeuner ressemblait comme deux gouttes d’eau au déjeuner et au diner. Puis la matinée fut consacrée à la visite du temple, à une initiation à la méditation et à une séance de discussion avec un maitre bouddhiste. 

Durant la séance d’initiation à la méditation, assis en tailleur sur nos petits coussins ronds, le maitre nous enseigna une première technique d’accès à la méditation : 管呼吸. Se concentrer sur la respiration. Sentir que l’inspiration est froide, l’expiration est chaude, compter les cycles d’inspiration-expiration, etc. Il nous parla aussi d’une autre technique, adaptée aux personnes qui se posent beaucoup de questions et ne parviennent pas à faire le vide dans leurs tête : se poser une question simple, par exemple « qui suis-je », et concentrer toute son attention sur cette question. La concentration sur la respiration, ou sur la question, débouche parfois sur un état de méditation correspondant à un état d’apaisement et d’ouverture de l’esprit, et dans lequel on peut trouver des réponses à ses questions. 

Séance de méditation

Durant la séance de dialogue qui suivit, nous passâmes un peu de temps à discuter de science et religion, notamment évolution et bouddhisme. Par exemple comment relier le concept de réincarnation à celui de l’évolution ? Une des réponses intéressantes fut que l’évolution est une théorie qui donne une interprétation de l’évolution physique, alors que le bouddhisme est une doctrine prônant l’évolution psychologique. 

Je vous laisse réfléchir à cette réponse !



dimanche 21 mars 2010

Confucianisme et Taoïsme



Un certain penseur chinois estime que le cœur de tout chinois est partagé entre les deux grands courants de pensée que sont le confucianisme et le taoïsme. La voix confucianiste pousse l’individu vers de grands horizons en l’invitant à se plonger corps et âme dans les études. La voix taoïste le pousse vers le Wuwei (无为), la non action, le retour à une vie simple (平凡). Aucune des deux n’est fondamentalement considérée comme la bonne ou la mauvaise voie. Contrairement à Milou partagé entre ses principes moraux et la tentation de l’os, ce ne sont pas ici deux principes moraux qui s’affrontent, mais deux philosophies de vie. 

En pratique, même s’il n’y a pas de voie fondamentalement bonne ou mauvaise, le pouvoir impérial a rapidement choisi la sienne, et s’accordait logiquement avec la pensée confucéenne. Le système d’examens mandarinaux en vigueur en Chine des siècles durant testaient ainsi la connaissance des classiques confucéens, et l’aptitude à les interpréter.

vendredi 5 mars 2010

Bouddhisme et Taoïsme

J’ai entendu aujourd’hui une jolie formule résumant la différence fondamentale entre bouddhisme et taoïsme : le taoïsme prend soin de la vie actuelle (今生) alors que le bouddhisme prend soin de la vie future. (来生) Le chinois pragmatique comme il est aime donc associer une visite au temple bouddhique à une visite au temple taoïste. Et le Taïwanais a encore raccourci le chemin : ses temples mélangent les deux croyances.

mardi 19 janvier 2010

Le bouddhsime par Fairy

J’ai enfin trouvé un vrai Bouddhiste ! Fairy, un de mes voisins, est quelqu’un qui connait l’histoire, les principes et les croyances du bouddhisme. Et comme tout un symbole, il s’agit d’un Chinois… d’Indonésie ! Comprenez que ses origines sont chinoises, mais que les membres de sa famille ont émigré il y a quelques générations en Indonésie. Les Chinois de l’étranger sont ainsi souvent décrits comme l’image d’une chine figée à l’époque de leur émigration. Le bouddhisme de Fairy est ainsi un bouddhisme assez pur, qui ne s’est pas mixé avec d’autres croyances comme c’est la cas en Chine.

Pour Fairy, il n’y a pas de dieu dans le bouddhisme, mais oui le bouddhisme est une religion, car il voit la religion comme un ensemble de principes, de valeurs et de rites permettant de contrôler et de guider des individus dans une bonne direction. Voici donc quelques éléments que m’a rapporté Fairy sur cette religion qu’est le bouddhisme :

Dans le bouddhisme, une notion primordiale est le karma (因果). Tout évènement est la conséquence de quelque chose, et chacune de nos actions aura une répercussion dans le futur. Si je suis malchanceux, si je subis des souffrances, ce n’est que le résultat de mes mauvaises actions du passé. Si je suis malade, si je meurs, de même. Il me faut donc apprendre à me comporter comme il le faut, apprendre à réaliser des bonnes actions. Une bonne action, c’est une action par laquelle j’aide autrui. Aider autrui pour m’éviter toute souffrance ou tout évènement malheureux dans mon futur, que ce soit dans cette vie ou dans une vie ultérieure.

Car oui, le cycle des réincarnations est un autre principe de base du bouddhisme. Le monde est composé de plusieurs niveaux, et il existe une gradation entre ces différents niveaux. Si tu as accomplis suffisamment de bonnes actions dans ta vie, tu atteindras un niveau supérieur dans ta vie suivante. Une âme dans le niveau animal pourra atteindre le niveau des humains, une âme humaine pourra atteindre un niveau de sagesse supérieur. Une âme ne s’éteint donc jamais. Par de bonnes actions, elle cherche à grimper vers le niveau de sagesse supérieur et ainsi à échapper au cycle des réincarnations. La vie est vue comme une période de souffrances (苦海), souffrances qui ne s’arrêteront pas avant que l’âme n’ait échappé au cycle des réincarnations. Il existe un niveau de sagesse ultime qui a été atteint par le fondateur du bouddhisme, Sakyamuni.

Sakyamuni n’a pas écrit de règles, il n’a d’ailleurs rien écrit du tout. Il a fait des expérimentations, il a médité, il a compris beaucoup de choses, et il en a fait part à travers des histoires et des exemples. Ses pensées ont été mises en forme dans les sutras. Une différence principale avec la bible et le coran, c’est qu’il n’y a pas de « devoir faire » ou de « ne pas devoir faire ». Croire au bouddhisme, c’est seulement croire à la conception bouddhiste du monde, avoir conscience des implications de ses actions.

Lorsque l’on est bouddhiste, on apprend aussi à pratiquer la méditation. Le but de la méditation est d’arrêter de penser. Ne penser à rien. Plus exactement, échapper aux pensées complexes inhérentes à notre vie. Je dois arriver à me concentrer sur quelque chose de simple, une musique, ma respiration, un mouvement. Je dois me concentrer assez fort pour ne plus penser à autre chose que cette musique, cette respiration, ou ce mouvement. Je ne dors pas, car je suis conscient, j’ai notamment encore conscience du temps qui passe. Mais je libère mon esprit des ses pensées pour entrer dans un état de relaxation. Je me calme. Et quand je sors de cet état de méditation, je suis toujours dans cet état de relaxation qui me permet de réfléchir sereinement aux problèmes qui se posent à moi.

« Et le rapport avec la notion de bien faire ? En quoi la méditation t’aide-t elle dans les principes du karma ? » En état de méditation, tu peux te concentrer sur cette idée du bien, et le bien rayonnera alors à travers toi. La méditation est un outil qui t’aide à comprendre le monde qui t’entoure et à réaliser les bonnes actions. Et la réalisation des bonnes actions est le fil directeur dans ta vie.

lundi 18 janvier 2010

Bouddhisme? Quelques témoignages

Un an et demi que je suis en Chine. Capable d’aborder, au moins dans les grandes lignes, à peu près tous les sujets de discussion. Et pourtant quand Pierre-Alain ou Papa me demandent de leur expliquer un peu les fondamentaux du bouddhisme, je me trouve toujours aussi désemparé.

Dans mes souvenirs, le Bouddhisme est une religion qui vient d’Inde et s’est répandue en Indochine (Bouddhisme du petit véhicule), au Tibet (Bouddhisme tibétain) ainsi qu’en Chine, en Corée et au Japon (Bouddhisme du grand véhicule), où elle a pu prendre des formes relativement différentes. Toujours dans mes souvenirs le bouddhisme doit enseigner l’art de la méditation par laquelle les hommes sont capables d’atteindre des niveaux plus élevés de sagesse, l’état de sagesse ultime (nirvana) devant permettre à une âme d’échapper au cycle des réincarnations.

Mais les idées restant très vagues, je me suis donc retourné vers mes camarades pour savoir ce que c’était le bouddhisme pour eux.


J’ai commencé avec Kevin, mon voisin Malaisien, un faux Chinois. Il m’a dit qu’il était bouddhiste. Quand je lui ai demandé ce que cela voulait dire, il a commencé par me dire qu’il ne savait pas, qu’il était bouddhiste parce que sa famille l’était. Je lui ai alors demandé comment cela se manifestait d’être bouddhiste. Il a eu l’air de réfléchir longtemps et s’est souvenu : « 念经 », ce qui signifie lire les écritures. Les lire à haute voix. Et que disent-elles ces écritures ? Il ne savait pas. « Mes parents savent, mais pas moi ». Les écritures sont en fait en Sanskrit, une langue indienne qu’il est bien sur incapable de lire. Mais il est capable de les réciter.

J’ai continué en lui demandant si en tant que Bouddhiste, il ne fallait pas apprendre à méditer (坐禅). Il m’a dit que lui ne méditait pas, mais que d’autres le faisaient. Lorsque l’on médite, on cherche à éliminer de ses pensées les vexations (烦恼), et l’on recherche la vérité (真理).


Comme j’étais encore loin d’avoir compris, j’ai demandé à Ye Zhangliu, aussi bouddhiste, ce qu’il en pensait. Un peu désarçonné par ma question, il a commencé par répondre « être bouddhiste, c’était faire des bonnes actions pendant ta vie pour que ton âme aille au paradis. Mais en fait, toutes les âmes vont en enfer ». Des bonnes actions pour échapper à l’enfer et se réfugier au paradis, c’est vraiment le bouddhisme ça ?

Wang Dengying qui écoutait notre conversation l’a repris : « En fait, ce n’est pas une question de paradis ou d’enfer, mais le bouddhisme nous dit que les âmes se réincarnent, que les maux qui nous tombent dessus dans une vie ne sont que le résultat des mauvaises actions que nous avons faites dans notre vie antérieure. Il nous faut donc faire de bonnes actions dans cette vie pour le bien de notre vie ultérieure. »

J’ai demandé de nouveau à Ye Zhangliu s’il y avait une notion de méditation ou de prière dans le bouddhisme. « Pas vraiment, mais le jour anniversaire de la mort d’un ancêtre (忌日), on va s’incliner sur sa tombe (拜拜) pour commémorer sa mémoire (纪念). » Quand je lui demande pourquoi, il me dit que c’est ce qu’ils font traditionnellement (传统). Vous vous en doutez, ça ne m’a pas suffit, j’ai demandé si c’était pour partager quelque chose avec l’âme du défunt. Il m’a répondu que c’était pour implorer leur bénédiction (保佑)

Mais il a ajouté qu’ils priaient les dieux (神明). Les dieux ? Il y a des dieux dans le bouddhisme ? « Bien sur que oui, vous, vous croyez en l’existence d’un dieu unique, nous on croit en plein de petits dieux. » Cela m’a alors rappelé ces figurines que l’on voit souvent sur les posters collés sur les portes des demeures chinoises. Ces figurines représentent les dieux de la porte qui sont là pour repousser les mauvais esprits hors de la demeure.

J’ai demandé à Ye Zhangliu quels dieux ils vénéraient. Il m’a dit qu’ils vénéraient d’abord 释迦牟尼 (Shakyamuni – The Bouddha), le fondateur du bouddhisme. Il m’a encore parlé du buddha Tathagata (如来佛) et d'Avalokitesvara (观世音), deux autres dieux très importants pour lui. Ce sont des personnes qui ont vraiment existé, et ont acquis le statut de dieu ultérieurement. Mais ce ne sont pas des buddhas, seulement des boddhisattvas (菩萨).

Il a fini en me disant que finalement, pour lui toutes les religions disaient à peu près la même chose : il faut chercher à aider son prochain, 助人为乐.

Vous l’avez compris, en Chine, le bouddhisme est une religion très difficile à cerner. Les Chinois l’ont modelé à leur sauce, l’ont agrémenté, l’ont mélangé avec d’autres religions, y ont rajouté des composantes de mysticismes, et de façon différente suivant les communautés. Les jeunes chinois ne la comprennent plus vraiment, c’est plus l’indifférence qui règne. Seul le bouddhisme tibétain avec une communauté entièrement soudée autour de la vie religieuse a gardé une cohérence et une unité, je compte m’y intéresser de plus prêt.

dimanche 17 janvier 2010

Croyances et Religions en Chine

Un thème que j’ai encore peu abordé sur ce blog est celui des croyances et religions. C’est pourtant un thème riche et varié en Chine, et parfois assez éloigné de nos grandes croyances et religions monothéistes. On trouve ici un véritable melting polt de petites et grandes croyances qui se chevauchent et varient entre les zones géographiques et les communautés.

Quelles sont les principales familles ?

La plus ancienne est la mythologie chinoise (神话). Elle ressemble beaucoup à notre mythologie gréco-romaine avec deux mondes, celui des dieux et celui des hommes. Des héros, des pouvoirs, des aventures, des combats, etc. Elle va de la création du monde et de l’humanité à la fondation de la chine unifiée par Qin Shihuangdi, ce dernier marquant la transition entre les empereurs imaginaires et les personnages réels.

La plus chinoise est le taoïsme (道教). Développée sur le territoire chinois, contrairement au bouddhisme venu d’Inde, vous avez déjà eu l’occasion de lire quelques éléments sur cette religion il y a bien longtemps sur ce blog. Pour vous rappeler quelques souvenirs, dans le taoïsme, on considère que le Tao (dont une mauvaise traduction est « la voie ») est l’élément est la source de toute chose, et est donc le point focal de cette religion. On considère aussi que le corps est le véhicule de l’âme, et qu’il faut donc l’entretenir, l’entretenir jusqu’à espérer trouver le chemin de l’immortalité (长生不老,成仙).

La plus répandue est le bouddhisme (佛教). 3 grandes familles de bouddhisme, des moines rouges ou oranges, des bonnets blancs ou bleus, etc, le bouddhisme est une croyance-religion majeure. Du karma au nirvana, de la méditation aux réincarnations, il serait indécent de la développer en quelques lignes dans cet article, ce sera donc l’objet d’un ou plusieurs futurs articles !

La moins religieuse est le Confucianisme (儒家). Assurément pas de dieu dans cette doctrine, la foi est consacrée à des principes fondamentaux comme la sagesse ou la piété filiale. Il est donc difficile de parler de religion, bien que l’on trouve à Pékin comme un peu partout en chine des temples confucianistes. J’avais eu l’occasion de visiter le magnifique temple confucianiste de Jianshui dans le Yunnan, vous pourrez y redécouvrir une petite explication du pourquoi et du comment du confucianisme.

La plus amusante est la superstition (迷信). La superstition est très répandue chez les chinois, surtout dans le sud de la chine. L’importance du fengshui, le passage inévitable chez le diseur de bonne aventure, les chiffres symboliques, les démons et mauvais esprits, la superstition est partout.

Les grandes religions monothéistes se sont aussi frayé des chemins parmi la population chinoise. Le christianisme à travers les vagues d’évangélisation venus d’Europe, l’islam à travers les caravanes de la soie conduite par les arabes, le judaïsme à travers la vague d’émigration du XXème siècle.

Enfin la religion la plus à la mode aujourd’hui : Désignée comme l’athéisme (无神论) par le parti communiste, elle consiste à interdire à tous les membres du parti de croire en une quelconque religion. Mais cet athéisme est un fake, être membre du parti communiste, c’est en fait adhérer à une nouvelle religion : la vénération de Mao à travers l’idéologie marxiste.


Voilà donc tout un chapelet varié de croyances et de religions d’où les chinois tirent leurs propres fois, en mélangeant allègrement les principes de l’une avec les rites de l’autre. Vous ne serez donc pas étonnés de suivre des rites de bonne aventure sous les yeux de dieux bouddhistes et taoïstes dans un temple taïwanais ou du sud de la chine !

mercredi 25 février 2009

Jianshui, la véritable cité du Printemps.

Jianshui 建水 revendique son titre à Kunming: pas de saison des pluies, pas de saison sèche, pas de température qui dépasse les 35°, pas de température en dessous des 15° la nuit: C'est tous les jours le printemps! Jianshui, une cité où il fait bon vivre!

Jianshui, ce n’est pas la destination favorite des touristes étrangers. Arrivé vendredi soir, il aura fallu attendre dimanche midi que je tombe sur l’Australien déjà rencontré jeudi dans les rizières et qu’il me dise que j’étais le premier laowai (petit nom des étrangers en Chinois) qu’il rencontrait en ville pour que je me rende compte qu’effectivement, cela faisait presque 2 jours que je n’avais pas vu de bouille occidentale. Il faut croire qu’on s’y habitue…

Jianshui, c’est une ville dont le centre a su conservé toute son authenticité. Centrée autour du temple de Confucius et de la grande rue Piétonne, le quartier historique ne manque pas de charme. Le temple de Confucius, aussi appelé temple de la littérature, est le deuxième plus grand ensemble dédiée à Confucius en Chine après celui de Qufu, fief du célèbre sage. Tout ici rappelle les enseignements de Confucius et l’importance accordé au savoir.

Petit rappel historique : Au VIII ème siècle avant J.C. se finit la période de stabilité des Zhou de l’Ouest. Le pouvoir passe aux mains des Zhou de l’Est et des seigneurs féodaux. La montée en puissance des principautés proches du domaine royal se traduit par des luttes incessantes entre royaumes. On parle de l’époque des Printemps et Automne. Las de ces champs de bataille et de ce gaspillage humain, des sages tentent de réunifier le territoire sous leur bannières. Sous leur influence, les "cent écoles" éclosent. Elles prêchent à la fois des méthodes de gouvernement et élaborent des systèmes de pensée dont le but ultime est de rétablir la paix. Confucianisme et Taoïsme naissent de cette époque trouble.

La morale politique mise en avant par Confucius met ainsi l’accent sur le civisme et l’homme de bien, qui doit sans cesse se perfectionner par l’étude et éprouver sa rectitude intérieure par le respect des rites.

Confucius devant son temple

Le temple de Confucius est lui symbole de culture ancestrale et de sagesse. On y assurait le rite Confucéen. Les étudiants pouvaient y passer leurs examens mandarinaux. S’ils l’obtenaient, leur intronisation était marqué par le franchissement de la porte du dragon, aperçue dans les montagnes de l’ouest de Kunming.

Sitôt après l’entrée on tombe sur cette grande pièce d’eau, la mer des études.

Elle symbolise l’immensité du savoir dont seul le travail permet d’attendre l’autre rive !


Confucius avait du oublié de dire qu'il fallait apprendre les langues étrangères (Si vous n'aviez pas compris, on peut se faire graver des sceaux ici...)

La vieille rue piétonne fourmille de restos, boutiques, bars et salons de thé aménagés dans les anciennes habitations. Au centre de cette rue trône la résidence de la famille Zhu. En soi, elle n’a rien d’extraordinaire, mais elle fut construite au XIXème siècle et fut conservée jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit donc d’une authentique très grande maison avec ses jardins, qui appartenu à une riche famille de la ville.




Il est possible de dormir dans cette résidence, ou dans la sympathique petite rue, si mes lecteurs comptent se rendre à Jianshui un jour, vous saurez où dormir !

La veille, c’était la résidence de la famille Zhang que j’avais visité.


Cette résidence construite à l’exterieur de la ville est en fait une grande enceinte qui abrite de nombreuses demeures ainsi qu’un temple. Elle fut construite à la fin du XIXème siècle par un riche marchand venu de la province du Jiangxi. Arrivé ici, le mélange avec la population Yi locale aboutit à un élargissement de la famille. Puis la famille a continué à s’enrichir (surtout grâce au train des Français jusqu’à Hanoi) au XXème siècle. Et incroyablement (et je pèse mon mot Sarah), le jour où j’y étais était jour de fête : Tous les descendants Zhang disséminés dans le pays étaient invités à se rassembler dans la demeure de leurs ancêtres ! J’ai ainsi été invité à me joindre à la grande famille pour la visite, le spectacle, les jeux de carte, les repas, et surtout la boisson ! Au menu, nourriture typique paysanne locale, c'est-à-dire les trucs peine mangeables que j’avais avalé à contrecœur chez les paysans la veille. Bon, là, c’était quand même meilleur. Sauf, sauf, sauf, leur ignoble alcool, leur bai jiu… Et cette fois entouré par l’immense famille, il a fallu assumer. Alors j’ai bu à pleine gorgée, pour leur faire plaisir, et pour vider mon bol au plus vite. Manque de bol, dès que la boisson passe sous la ligne, ils te resservent, et chacun a envie de venir trinquer avec l’étranger… C’est le sculpteur de racines de tronc d’arbre qui a finit dans le pire état.

Jianshui, ce fut la dernière étape de mon voyage dans le Yunnan. Voyage passionnant dans une région au climat tropical très enviable, habité par des gens adorables (si on oublie les Hani) et aux paysages magnifiques. De votre coté, si vous m’avez lu, n’ayez pas peur de laisser de petits commentaires ! Si vous le faites bien, vous aurez le droit à des images de Singapour, je m’envole demain… Hé oui, l’appel du Sud…

jeudi 16 octobre 2008

Lao-Tzeu l'a dit:

Le Taoïsme, tout le monde en a déjà entendu parler. Les principes édictés par Lao-Tzeu sont les écrits chinois les plus traduits dans le monde, mais avez-vous une quelconque idée de ces principes ? Si vous pensez que non, détrompez-vous, vous connaissez à coup sûr cette célèbre réplique : Lao-Tzeu l’a dit : « Il faut trouver la voie ! » Moi je l’ai trouvée. Il faut donc que vous la trouviez aussi… Je vais d’abord vous couper la tête. Ensuite, vous trouverez la vérité !


La voie, qui se dit Tao (道) en Chinois, a donné son nom à cette religion qu’est le Taoïsme. Une religion qui prône l’inaction : le « Ne Rien-Faire » (Wu wei : 无为). En vrac quelques éléments pour comprendre le système de vie relatif à ces principes :

Cessez de considérer la voie dans son sens traditionnel, la voie est tel un pouvoir (德) suprême. Vous ne pouvez toucher la voie. Vous ne pouvez sentir la voie. Vous ne pouvez même pas l’imaginer. La voie est la source de tout, mais elle est invisible à chacun. La voie qui se conçoit n’est pas la voie réelle.

Quand vous êtes dans un état de relaxation infinie, tout devient accessible à votre création. La relaxation suprême se mêle alors à l’activité suprême dans un individu. Vous regardez le ciel, et soudain, quelque chose apparaît dans votre esprit.

The Way to Do is To Be.

Wu Wei, le « ne rien faire » est l’action suprême. Il est symbolisé par l’eau, qui coule, qui n’a pas besoin de force pour coule, mais qui coule. Celui qui est capable de couler comme l’eau coule, celui-ci a découvert la vérité.

Si vous n’avez pas compris, ce n’est pas grave. Je vais d’abord vous couper la tête. Ensuite vous trouverez la vérité !
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Pour les inconditionnels, voici la traduction chinoise du passage le plus mythique du lotus bleu:

老子说,要《得道》! 我已经得道了,你也一样。

啊,是吗?

所以我要砍掉你的脑袋,然后你就会明白这个道理!嘿,别怕!我只是要砍下你的脑袋!

他是疯了!

mercredi 6 août 2008

Pourquoi les JO démarrent-ils le 08/08/2008 à 08h08 pm ?

Parce que le 8 porte bonheur, évidemment. Mais pourquoi donc?
  • Il se prononce « pa » et se rapproche donc phonétiquement de , le père, l’élément central de la famille et de la société chinoise.
  • En cantonais, le 8 (baat) est considéré comme porteur de chance car le mot ressemble au terme faat, signifiant richesse ou fortune.
  • 8 s’écrit en caractère chinois et représente donc un chemin qui s’élargit vers le futur (situé vers le bas dans la représentation spatiale du temps, du point de vue chinois - plutôt à droite dans notre logique occidentale).
  • Enfin placé à l’horizontal, comme chez nous, il donne ∞, l’infini.
Comme les Chinois sont très superstitieux (attardez-vous un peu sur leurs gri-gris et vous saurez), leur vie en est profondément influencée. Les statistiques du nombre de mariage explosent traditionnellement les 8 aout...