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lundi 16 avril 2012

Taiwan Statistics

Deux statistiques sur Taiwan. Libre à vous d’y chercher une corrélation...

1) Taiwan est le pays au taux de fertilité le plus bas au monde (Source BBC)

2) Taiwan est le pays au taux de possession de vibromasseur le plus élève au monde (Source Durex Global Survey 2005)

lundi 2 avril 2012

La France a Taiwan 2

Saviez-vous que la France avait conquit deux territoires Taïwanais au XIXeme siècle?

À cette époque la France se battait durement pour ses territoires d'Indochine, et pour punir la Chine d'avoir enfreint un traité de guerre elle entreprit une campagne punitive contre la flotte chinoise. Afin de démontrer sa puissance, d'établir une place arrière et de disposer d'une "monnaie" d'échange pour négocier avec la Chine, la France débarqua et s'empara de Keelung en 1884, puis des Pescadores (Penghu) en 1885.

Malheureseument Grâce à dieu un accord fut finalement trouve avec la Chine qui retira ses troupes du Tonkin. En échange la France retira progressivement ses troupes de Keelung et des Pescadores.


dimanche 13 février 2011

Des missionnaires jésuites à Macau à la vente du TGV aux Coréens

En 1582 une mission jésuite débarque à Macau, au Sud de la Chine. Leur mission : transmettre l’évangile dans le pays des petits bridés. Leur force de frappe : La connaissance des arts et techniques en provenance d’Europe. Dotés d’un prestige grandissant, ils sont invités à monter graduellement vers le Nord. En 1601 l’empereur chinois les invite au palais impérial, à Pékin. 

A cette époque, la Corée, protectorat chinois, envoie une délégation tous les ans pour verser un tribut à l’empereur Chinois, en échange de sa protection. A la fin du XVIIIème siècle, les ambassadeurs Coréens reviennent de leur voyage à Pékin avec des ouvrages religieux chrétiens rédigés en Chinois. L’évangélisation de la Corée commence.

Durant le siècle qui suit, les missionnaires occidentaux s’infiltrent en Corée, et de plus en plus de Coréens se convertissent au christianisme. Le gouvernement Coréen, confucianiste, s’oppose par la violence à l’entrée de cette religion.

En 1866, neuf prêtres français, un évêque et 8000 convertis coréens sont exécutés en Corée. La France envoie une escadre en représailles : 500 marins avec la mission de conquérir le pays ! Les Français brulent, pillent et se chargent de trophées, avant d’être repoussées par l’ « ennemi coréen ». Ils repartent avec des livres anciens de la bibliothèque royale, considérés comme reliques nationales. Ces reliques disparaissent ensuite de la circulation, c’est une perte tragique pour la culture coréenne.

Presque 150 ans plus tard, un étudiant coréen à Paris redécouvre ces livres, à la bibliothèque nationale de France ! Cela fait grand bruit, mais les ouvrages restent où ils sont.

Quelques années passent. La France participe à l’appel d’offre pour construire le train à grande vitesse en Corée du Sud. Mais le TGV est cher, et le contrat semble leur filer entre les mains. Ils proposent donc la remise de ces ouvrages-reliques à la Corée, si le TGV Français est choisi. 

Le TGV sera ainsi choisi ! Mais pour des raisons douteuses, les reliques ne seront pas remises… L’histoire n’est donc peut-être pas terminée !

dimanche 6 février 2011

L'homme parfait

Cet article prend la suite de celui d’Aurélien, publié l’été dernier à propos du très populaire programme télévisé 非诚勿扰 : Non sincères, s’abstenir.

Dans ce programme 24 demoiselles célibataires se tiennent en demi-cercle, debout derrière leur pupitre respectif. Elles commencent le jeu avec leur pupitre éclairé. Entre un candidat de sexe masculin. Il se présente brièvement, puis commence un jeu de questions réponses avec le présentateur et ces demoiselles. Lorsqu’une demoiselle n’est pas satisfaite de la réponse faite par le candidat, elle lui éteint sa lampe – cela signifie qu’elle ne veut pas de lui. Le but du candidat est de convaincre au moins une de ces demoiselles de garder sa lampe allumée jusqu’à la fin du jeu : elle lui accorde alors une date.

En prêtant attention aux questions posées par ces demoiselles, et aux raisons invoquées lorsqu’elles éteignent les lampes, j’en ai synthétisé le profil de l’homme parfait. 

L’homme parfait.

L’homme parfait pourrait se résumer en un mot : 安全感 – le sentiment de sécurité. L’homme parfait fournit à ces dames  un sentiment de sécurité. Se pourrait-il que la femme chinoise d’aujourd’hui ait une telle peur de l’avenir, du présent, et des hommes ? En tout cas, le sentiment de sécurité est l’argument massue qui justifiera toute appréciation personnelle du candidat masculin.

Comment apprécier la capacité d’un candidat masculin à donner un sentiment de sécurité à ces demoiselles ? 

J’ai identifié trois critères.
  • L’homme, le vrai : le MAN.
Le mari idéal ne se doit pas d’être beau (帅), il se doit d’être viril (阳刚, Man). Son physique sera imposant – grand, fort – et il n’oubliera pas de laisser quelques marques de virilité – courte barbe, veste de costume. Il marchera toujours devant elle et ne sera gentleman qu’avec modération.
  • L’homme, le socle : 稳重. 
Il aura une maison, une voiture. Il aura un métier stable, et des perspectives d’avenir. Il aura une santé de fer et pas de parents à prendre en charge. Et il privilégiera le sérieux à l'humour et la plaisanterie. Bref, il sait trouver la bonne place dans la société chinoise encore très instable – et très inégale – d’aujourd’hui.
  • L’homme, le soumis. 乖乖 
Il obéira à sa copine, quoi qu’elle lui demande. Elle voudra qu’il reste à la maison ? Il restera à la maison. Elle voudra aller faire du shopping avec lui ? Il fera du shopping avec elle. Il acceptera ses colères avec tolérance, et bien sur, il sera fidèle.

samedi 17 avril 2010

Le Wenyan wen (文言文) ou chinois littéraire

Une petite introduction au Wenyan wen qui fait office de réponse à quelques questions qui me sont longtemps restées sans réponses: 

Lors de ma visite de Hong-Kong en juillet dernier, j’avais un peu discuté avec un libraire local de la langue cantonaise. Je me souviens avoir fortement douté de lui quand il m’avait expliqué que le cantonnais était uniquement une langue orale, et que les cantonnais utilisaient le mandarin quand il s’agissait de passer à l’écrit.
J’ai eu la confirmation dernièrement que la langue traditionnelle d’expression des auteurs cantonais n’était effectivement pas le cantonais, pas non plus le mandarin en réalité, mais une langue écrite partagée par tous les lettrés de l’empire : le Wenyan wen (文言文), aussi appelé chinois littéraire.


Dans l’apprentissage d’un nouveau mot chinois, on doit apprendre les caractères qui composent le nouveau mot, la prononciation du mot, les locutions et contextes dans lesquels il apparait, mais aussi son niveau de langage : langage oral (口语) ou langage écrit (书面语). L’emploi de langage oral à l’écrit fait vulgaire, et l’emploi de la langue écrite à l’oral choque encore plus. Les chinois ne manquent pas de me reprendre quand je tente de replacer les nouveaux du jour à l’oral alors qu’il s’agit de langage écrit. La différence entre langage oral et langage écrit existe naturellement en Français, où l’on parle de langage courant ou formel, mais la différence très marquée entre langue orale et langue écrite en Mandarin m’a toujours surpris. 

La raison à cela ? Son origine. Le mandarin écrit est un mandarin formel qui descend du Wenyan wen, une langue bien différente du mandarin oral aujourd’hui. 


J’ai fait beaucoup appel à mes amis et connaissances chinoises pour des recommandations de lecture. J’ai d’abord été surpris par l’absence de réponse spontanée en faveur de tel ou tel bouquin. Il leur fallait absolument une orientation préalable avant de pouvoir me conseiller quelque chose. Je précisais alors : un roman, ou un recueil de nouvelles, une pièce de théâtre, bref, n’importe quelle histoire narrative d’imagination. Ils m’emmenaient alors dans le rayon des œuvres étrangères traduites en chinois. Echec. Je rajoutais donc d’inspiration chinoise à mes critères précédents. Ils pensaient alors tous et unanimement aux grands classiques de la littérature classique chinoise, à commencer par la pérégrination vers l’ouest (西游记) et les 3 royaumes (三国演义). Mais ils m‘indiquaient que ces bouquins étaient à l’origine écrit en Wenyan Wen, et qu’il me faudrait donc chercher une traduction en 白话, ie langue vernaculaire, mandarin d’aujourd’hui. Echec, c’était encore une sorte de traduction. Je précisais donc encore : un roman, ou un recueil de nouvelles, une pièce de théâtre, bref, n’importe quelle histoire narrative d’imagination d’inspiration chinoise et écrite en chinois d’aujourd’hui. Critères qui ne me paraissaient pas particulièrement rigoureux. Je me privais en fait ainsi de la plus grande partie du contenu de la librairie. 

La raison à cela ? Presque tout écrit littéraire antérieur au XXème siècle n’était pas écrit en langue vernaculaire, mais en Wenyan wen, et ce que l’auteur soit pékinois, shanghaiens ou cantonais.


Vous l’aurez compris, le wenyan wen fut le latin de l’empire chinois. La langue de communication écrite des lettrés de l’empire, et ce quelque soit leur dialecte maternel. Et si en France le Français remplaça le latin dès le XVIème siècle, notamment sous l’impulsion de Du Bellay et les poètes de La Pléiade, il aura fallu attendre le début du XXème siècle et des auteurs comme Lu Xun (鲁迅) pour que le même type de révolution de la langue écrite se produise en Chine. Nous ne nous interrogerons par aujourd’hui à la raison d’une révolution aussi tardive, mais nous mesurons tout de suite son impact sur la production littéraire en langue vernaculaire chinoise : elle a moins d’un siècle ! Alors, qu’est-ce qu’on attend pour se mettre au Wenyan Wen ?

vendredi 16 avril 2010

老外 - Laowai !

老外- Laowai ! 

Si vous avez déjà mis les pieds en Chine, vous avez à coup sur déjà déclenché quelques volées de Laowai ! Laowai, c’est le petit cri que pousse le chinois ou la chinoise de base dès qu’il ou elle aperçoit un ou une occidentale. Et plus vous vous enfoncez dans l’intérieur du pays, plus vous l’entendez. 

Littéralement, vieil étranger. Mais cette traduction est mauvaise. L’adjectif 老 = vieux est affectif en chinois. Ainsi les parents appellent parfois l’ainé de leurs enfants 老大 = vieux grand, et le cadet 老二 = vieux second. Donc 老外 = vieil étranger est un terme affectif. 

Vraiment ? Si vous en doutez comme moi, tapez donc 老外 dans la section image de Baidu, le moteur de recherche de chinois… Voici les 8 premiers résultats :
















dimanche 28 février 2010

La Chine passionne-t-elle vraiment ?

Cet été dans l’aéroport de Shanghai je me souviens m’être attardé devant une publicité de Total. Si je me suis attardé, c’est parce que le slogan comportait un terme qui m’était encore inconnu : 激情. Passion. Passion, un terme que l’on doit entendre quelque chose comme 40 fois par jour auprès des francophones ou des anglophones, mais un terme que j’ignorais toujours en chinois après trois ans d’études. Je fus d’autant plus étonné car connaissant les 2 caractères constitutifs du terme, j’aurais du être à même de le saisir au milieu d’un texte ou d’une conversation sans trop de problème. Mais non, j’ignorais toujours le terme « passion » en chinois. Dans les mois qui ont suivi j’ai compris pourquoi. Les chinois n’utilisent purement et simplement pas ce terme. Ils n’utilisent pas un terme différent de 激情 pour parler d’une passion, non, ils ne parlent simplement jamais de passions. Ce terme qui était présent dans le slogan de total n’aurait pas pu apparaitre dans celui des entreprises chinoises concurrentes. 

Cette semaine nous nous sommes interrogés avec Aurélien sur les motivations de nos voyages respectifs. Et sur les motivations des touristes chinois dont l’immense majorité ne voyagent que par l’intermédiaire d’une agence bien qu’il s’agisse de leur propre pays. Aurélien décrivait ce type de voyage comme une nécessité sociale, pas comme répondant à une passion particulaire. 

En cours de Chinois nous avons abordé cette semaine le thème 梦想, les rêves. Pas les rêves de notre sommeil, mais ceux de notre imagination consciente. Je m’attendais à ce que l’on parle de grand rêve. De rêve de non discrimination comme en avait Martin Luther King en son temps. De rêves de découvertes du vaccin contre le sida ou du Boson de Higgs. De rêves de vie éternelle, de lévitation ou de télékinésie. J’ai été assez étonné en découvrant que pour la prof chinoise, un rêve, ça reste beaucoup plus pragmatique : décrocher son exam pour un écolier, décrocher la médaille d’or pour un sportif. 

Xu Xiangming me disait aujourd’hui qu’il avait été particulièrement marqué par un reportage télé à propos d’un citoyen anglais venu s’installer à Pékin où il a développé un large réseau de clubs de foot. Ces clubs de foot n’ont pour but que d’offrir l’opportunité à de jeunes chinois de jouer. De jouer pour le plaisir. Sans le but d’une compétition d’importance. « En Chine, c’est très original » me disait Xu Xiangming. « Un Chinois ne monterait pas une grande opération s’il n’y avait pas de 前途, de perspective d’avenir. Cet anglais l’a pourtant fait par simple passion du football. En voyant ce reportage j’ai pris conscience que l’important dans ce que l’on fait, c’était peut-être d’aimer ce que l’on fait, pas le 前途, pas la perspective d’avenir. »

L’exemple de cet anglais est en effet très original. On se souvient plutôt des entraineurs étrangers embauchés pour préparer les équipes nationales aux jeux olympiques de Pékin, et venus uniquement pour le gros salaire. On se souvient aussi, et c’est encore plus marquant, que parmi les équipes de curling participant aux JO de Vancouver, seuls les compétiteurs chinois ont l’opportunité de s’entrainer sans « s’encombrer » d’un travail à coté, le gouvernement ayant en effet décidé que la Chine devait « se doter » d’une équipe de curling.

Bref, la Chine, un pays passionnant pour certains, un pays dépassionné pour d’autres…

jeudi 21 janvier 2010

Retour sur l'affaire Google

Retour sur l’évènement de la semaine dernière : l’affaire Google. L’annonce publique d’une série d’attaque sur Google et sur ses divers services associés a secoué la communauté étrangère sinophile (et sinophobe). Google a accusé le gouvernement chinois d’être responsable de cette attaque de grande envergure. Google a ainsi trouvé la raison de revenir sur tous les compromis que son moteur local, google.cn, avait accepté de la part du gouvernement chinois. Cet évènement a secoué les sphères bloguistiques, journalistiques et entrepreneuriales toute la semaine dernière. Je ne reviendrai donc pas sur ce que cela signifie en termes d’engagement sur les droits de l’homme et les libertés personnelles, ou sur les soumissions auxquelles doivent se plier tant d’entreprises étrangères pour percer sur le marché chinois. J’ai plutôt cherché à savoir ce que cette décision de Google signifiait pour les étudiants chinois, au moins pour ceux de mon labo.

J’ai commencé par leur demander s’ils étaient au courant de l’affaire Google. Ils l’étaient, mais leur information se bornait au fait que google.cn pourrait se retirer de Chine. Pas de mention d’attaque, ni de refus des concessions. Pour eux, si Google décide de se retirer du marché chinois, c’est volontairement, parce qu’ils y ont échoué, parce que Google n’a jamais dépassé son grand concurrent local : Baidu. Lorsque je leur parle de concurrence injuste, notamment parce que tous les plus grands sites dérivés de Google (Youtube, Picasa, Blogspot, Googlegroups) sont bloqués, ou de filtration des recherches, cela ne suscite pas de réactions.

Ils préfèrent plutôt m’expliquer les raisons de la réussite de Baidu. Baidu, c’est le moteur de recherche local et il existait avant la rentrée de google.cn, il est normal que les chinois préfèrent l’utiliser. Il offre en plus des services très utiles, notamment baidu baike, leur wikipedia, et baidu zhidao, un forum questions-réponses. Il offre aussi le téléchargement gratuit de toute la musique présente sur le web. Bref, lorsque l’on est chinois, et que l’on surfe sur le web « localement », baidu est encore le must.

Mais mes camarades m’expliquent ensuite que baidu n’est efficace que sur le chinois, là où Google offre un service excellent dans un panel impressionnant de langues. Les scientifiques ne peuvent pas se passer de Google, me disent-ils, les recherches en anglais sur Baidu ne sont pas efficaces. Dès que tu travailles dans un milieu où tu as besoin de l’anglais, le monde de la recherche le premier, tu as besoin de Google. C’est pourquoi nous, graduate students, utilisons aussi beaucoup Google.

Quelle sera donc la conséquence d’un éventuel retrait de google.cn ? Pour répondre à cette question, il faut d’abord rappeler la notion de réseau interne et de réseau externe. En réseau interne, la plupart des websites étrangers ne sont pas accessibles. Le réseau externe coupe souvent au labo, il devient alors impossible de se connecter sur iter.org, lemonde.fr, etc. Lorsque l’on achète une connexion, la connexion au réseau interne est bon marché, la connexion au réseau externe est chère. A l’université, on paye 8€ par mois pour notre connexion au réseau externe, les élèves chinois se content de la connexion locale, près de 10 fois moins chère.

Ainsi un retrait, ou une expulsion, de google.cn, serait donc marqué par la disparition de google.cn et la réclusion de google.com sur le réseau externe. Baidu redeviendrait seul maitre à bord en internet local, et les chercheurs et les entreprises pourraient encore avoir accès à google.com en réseau externe, un google.com toujours susceptible de se stopper en cas de recherche sensible, comme c’est le cas actuellement. Si google.com devait être tout simplement banni du web chinois, les pertes pour les chinois eux-mêmes seraient grandes, à commencer dans le milieu de la recherche, un milieu oh combien important aux yeux du gouvernement chinois aujourd’hui.

mercredi 23 décembre 2009

La chronique du labo: Maisons et mariages

Extrait d’une conversation au labo:

Un Chinois: "J’ai un ami Français, il vit en France, et c’est trop bizarre, il me dit qu’il n’a pas envie de se marier !"
Moi : "Tu veux dire, toute sa vie ?"
- Non non, juste pour le moment, il n’a pas d’idée de mariage en tête
- Mais… il a quel âge ?
- Comme nous, il est né en 85
- Bès alors ? Tu crois que j’ai l’intention de me marier ?
- Comment ça, en France quand tu rencontres une fille, c’est pas en espérant que ça se conclura en mariage ?

- Et sinon un appart à Paris, ça coute combien ?
- Ça peut monter jusqu’à 60 000€ par m² dans les beaux quartiers. (je me suis trompé, j’ai donné les prix en francs, donc plus de 6 fois trop élevés…)
- Et en comparant avec le salaire moyen d’un étudiant sortant d’une école de Paris Tech ça donne quoi ?
- On doit toucher quelque chose de l’ordre de 3500€ brut par mois à la sortie de l’école.
- Donc au bout d’un an vous n’êtes toujours pas capables d’acheter un m² à Paris ??? Ici à Pékin, c’est de l’ordre d’1/2 m² par mois. Mais alors comment vous faites pour acheter un appart/maison ?
- On s’en fiche pas mal, on peut très bien louer un appart dans nos jeunes années.
- Mais alors, comment faites-vous pour vous marier ?
- C’est quoi le rapport ?
- Tu veux dire qu’une Française accepterait vraiment de se marier avec toi si tu n’as pas de maison ou de plan précis pour en acheter ?

lundi 14 décembre 2009

La Voiture

Dimanche, il ventait, je me suis enfin décidé à sortir. Zuo Hongwei, un camarade du labo, m’avait invité à l’accompagner pour rendre visite à Jia Lei, une de ses camarades d’enfance en banlieue de Pékin. Après avoir déjeuné, nous sommes allés faire un tour dans un quartier de concessionnaire automobile, car Jia Lei et son mari projettent de faire prochainement l’acquisition d’une voiture.

La voiture, l’un des trois objectifs ultimes dans la vie d’un chinois, avec le mariage et la maison. Ils achètent généralement la voiture et la maison après le mariage. Mais une voiture, et encore plus une maison peuvent aussi être des arguments de poids dans la recherche du mariage. Enfin, dans le cas de Jia Lei, il y a d’abord eu le mariage, elle a maintenant presque la trentaine, elle et son mari travaillent, et les grands projets sont là : le bébé, et la voiture.

La voiture est un symbole immense pour un Chinois. On n’achète plus la voiture parce que c’est utile ou confortable, mais parce que c’est un symbole. Il faut arrêter d’y chercher toute logique. Même les chinois au moment d’acheter s’auto-convainquent qu’il ne faut pas regarder la logique de la chose. La voiture, c’est le symbole de la personne qui a suffisamment réussi pour profiter, savourer la vie. 享受享受. Lisez un peu la suite.

A table, Lei Jia parle de son travail, et quand Zuo Hongwei lui demande si les trajets depuis chez elle sont faciles, elle répond que oui, 3 stations de bus. Mais elle ajoute que les rues sont maintenant tellement encombrées que d’un quart d’heure, ça monte parfois jusqu’à une heure. Elle préfère donc maintenant prendre le métro.

Après le repas, on se demande comment aller chez les concessionnaires, et on opte pour un taxi. Lei Jia ajoute que ses parents essaient de la persuader de ne pas acheter de voiture, qu’elle peut aussi bien prendre un taxi quand elle a besoin d’une voiture. Mais elle répond que si elle avait sa voiture, elle serait sur d’avoir un véhicule quand elle en a besoin, pas besoin d’attendre qu’un taxi libre passe. Je ne dis rien mais pense très fort qu’excepté le vendredi soir devant Tsinghua ou les jours de déluge, ce n’est jamais bien long, et qu’il est de toute manière possible de les réserver par téléphone.

On arrive chez les concessionnaires. On commence par Citroën. 雪铁龙 en langue locale. On ne voit pas de gros modèles familiaux. Finalement pas très étonnant. On ne voit pas non plus beaucoup de petits modèles. La majorité sont des modèles intermédiaires, car il est important d’avoir de la place. Une 207 est vraiment trop petite, et il serait impensable de ramener une twingo. Il faut une voiture grande et confortable, même si tu n’as pas encore d’enfants, et n’en aura de toute manière qu’un, limite deux. De plus les modèles sont à peu près tous en version break, c’est beaucoup plus à la mode ici. Lei Jia aime beaucoup la C4. Pour l’anecdote le chiffre 4 est tabou en Chine, car il est homonyme à 死, mourir. C4 devient donc le modèle C Quatre, ou même 世嘉.


C Quatre - 世嘉

Lei Jia me dit que plus jeune elle pensait qu’elle préférerait acheter une voiture pratique, donc pas trop grosse, et pas trop chère aussi. « Mais les années ont passé et j’ai beaucoup écouté ce que les gens disaient autour de moi, aujourd’hui j’ai plus envie d’en profiter, j’ai plus envie d’acheter quelque chose de plus gros » rajoute-t-elle.

On se rend ensuite chez Volkswagen. Jia Lei est fan de la golf. Elle s’installe au volant. Elle réalise qu’à part le prix très élevé (16000€ pour le modèle qu’elle espère, les voitures sont une exception aux choses pas chères en Chine), elle aime tout dans la golf.

Un moment de doute survient. Elle se demande à quoi servira la voiture. Elle ne l’utilisera qu’au mieux une fois par semaine. Les rues sont complètement bouchées. La voiture est chère… Puis elle se reprend, après tout, on doit profiter ! 享受享受 ! Assise au volant de la golf d’exposition, Jia Lei se demande ensuite s’il vaut mieux acheter une boite automatique ou manuelle. Puis elle se souvient que l’on s’arrête tout le temps dans les embouteillages Pékinois, il serait embêtant de passer et repasser la 1ère à tous les redémarrages. Il faudra donc une automatique. Ce sera donc une golf automatique. Pour être confortable dans les embouteillages. Pour profiter de la vie.

vendredi 11 décembre 2009

Grandir en Chine 2 - Après le Gaokao

Arrive enfin le jour du Gaokao! Un jour spécial en Chine, la vie semble s’y arrêter devant la sacralité de l'évènement. Zuo Hongwei me rapporte : "它影响了大家的一生, Cet examen influence la vie entière de chacun".

Nous avons vu hier comment il influençait la jeunesse des étudiants chinois. Qu'en est-il une fois sorti de la salle d'examen?

Le Gaokao est noté sur 750 points, dont 150 pour l’Anglais, 150 pour les maths, 150 pour le Chinois, et 300 pour l’ensemble bio-phys-chimie ou histoire-géo-politique. Les lycéens en filière littéraire passent leurs Gaokao en rêvant d’intégrer Beida (北大, Peking University), les scientifiques eux rêvent de Tsinghua (清华). Puis c’est la longue et douloureuse attente des résultats, résultats qui sanctionnent toute une jeunesse. Et ce sont sans doute les parents, pardon, les chefs de famille qui sont les plus stressés…

Pour les provinces normales le résultat du Gaokao vient d’abord, puis le lycéen exprime ensuite ses vœux en termes d’universités. Il a le droit à trois choix d’université, universités qu’il faut choisir judicieusement car la logique d’intégration est étonnante : on fait défiler les lycéens par ordre de classement, et au lieu de les placer les uns après les autres dans leur plus haut choix où il reste encore de la place, on les place dans leur premier choix s’il reste de la place, ou on les laisse de coté pour une seconde lecture du classement ! Cela veut donc dire qu’en demandant une bonne université, on joue à quitte ou double. Si on n’intègre pas l’université de premier rang, on se retrouvera dans une université de beaucoup moins bon rang qui ne reflétera pas son niveau. Et pour les Pékinois ce choix est encore plus difficile, car il est à faire en aveugle, avant l’annonce des résultats !!!

Les Pékinois se consolent malgré tout avec un nombre de place allouée dans les meilleures universités très large en proportion des autres provinces. L’intégration se fait en effet par province. Les lycéens chinois sont seulement en concurrence avec les autres lycéens de la même province. Puis chaque université donne un quota (名额) par province. Et en terme de places offertes par rapport au nombre d’étudiants passant le Gaokao, certaines provinces sont avantagées. C’est le cas de Pékin. Cette inégalité se constate par exemple dans le nombre de points avec lesquels les lycéens de différentes provinces ont intégré Tsinghua. Si le dernier entré de la province du Sichuan est entré avec 700 points, le dernier entré venant de Pékin avait peut-être seulement obtenu 650 points…

Et celui du Qinghai est entré avec moins de 600 points, sans avoir jamais pris de cours supplémentaires au cours de son enfance, et tout en ayant profité de ses week-end sans crouler sous le travail scolaire ! Injustice peut-être, mais le Qingghai comme le Tibet ou le Xinjiang font partie de ces régions sous-peuplées, sous-développées, très pauvres, et où le niveau d’éducation est très bas. S’il leur fallait atteindre un niveau équivalent à celui des lycéens des provinces du littoral pour rentrer dans les plus grandes universités, il n’y en aurait pas un seul. Il existe aussi une discrimination positive pour les membres des minorités ethniques chinoises, ceux-ci ont un bonus initial compris entre 5 et 20 points au Gaokao. Dans un couple dont l’un des époux est han, l’autre membre d’une minorité ethnique, le bonus au gaokao est la raison principale du choix pour l’appartenance à la minorité pour leur enfant…

Une parenthèse à ce sujet, en Chine, il est très mal vu de 走一步算一步, littéralement marcher un pas, puis calculer le suivant. Il faut plutôt 走一步算三步, calculer 3 pas pour un pas parcouru. Et pour les parents chinois, c’est plutôt 连一步还没走,都算了一万步了, le premier pas n’a pas encore été fait que les dix milles suivants sont déjà programmés. L’enfant n’est pas encore né que les parents ont déjà prévu l’université qu’il intégrera et le parcours pour y arriver… Fin de la parenthèse.

Juste avant d’intégrer l’université, une dernière condition à remplir, choisir sa majeure. Les derniers rentrés prennent les majeures qui restent, seuls les premiers ont l’embarras du choix. Enfin, le choix, ce sont les chefs de famille qui le prennent, et il est plutôt fait en fonction des recommandations du gouvernement que des desiderata du nouvel universitaire. « A vrai dire, on n’aurait pas vraiment su choisir » nous rapportent nos camarades chinois.

Ça y est, l’étudiant chinois a intégré l’université, la vie est belle, il va pouvoir se faire plaisir pendant 4 ans ! Ts ts ts, l’université, ça a beau s’intégrer après 2 années de type prépa et un gros concours à la fin, ce n’est pas la belle vie comme en école d’ingé française. Un peu parce que les universités ont des exigences très élevées pour leurs élèves (Souvenez-vous), beaucoup parce que les parents continuent à mettre une pression très forte sur leur enfant. Car les parents voient toujours plus loin (走一步算三步 quand tu nous tiens…), plus précisément, derrière les 4 années de license (本科)…

A ce moment là, bac+4, quel est l’avenir pour les étudiants chinois ? A l’époque du président Hu Jintao, on s’arrêtait là, mais maintenant, il faut à tout prix continuer vers un master, ou mieux, un doctorat.

Pour cela, ceux qui ont intégré les meilleures universités chinoises au moment du Gaokao, l’objectif est le master ou le doctorat aux Etats-Unis. Ils montent donc les dossiers, passent des nuits entières à mémoriser des livres de vocabulaire anglais et passent le 2ème examen le plus dur au monde, toujours dans la conception locale : le GRE. Les meilleurs des meilleurs partent ainsi aux Etats-Unis et alimentent la diaspora chinoise.

Pour ceux qui auraient échoué à l’intégration des meilleures universités (211大学) à l’époque du Gaokao, session de rattrape : le concours master (研究生考试)! Nouvelle occasion d’intégrer les universités de plus haut rang. Concours master, dernier concours du trio des concours les plus difficiles du monde !!! S’ils intègrent, que se passe-t-il après ? Et bien, vous devez déjà le savoir si vous le lisez ce blog, car c’est à ce point que j’ai rejoint l’histoire…

jeudi 10 décembre 2009

Grandir en Chine 1 - La préparation du Gaokao

J’ai de nouveau participé ce soir à ce que l’on appelle le coin chinois (中文角), c'est-à-dire un espace de discussion sur la culture Chinoise. Ce coin chinois est organisé toutes les semaines par une petite équipe d’étudiantes chinoises très dynamiques. Elles nous présentent habituellement un thème durant une quinzaine de minutes, puis c’est l’occasion de longues discussions. Les thèmes sont très variés, de la calligraphie aux fêtes traditionnelles en passant par la mode et la diversité culturelle du pays. Aujourd’hui le thème était 成长 : grandir. On y a donc parlé d’éducation, éducation parentale et éducation scolaire.

Je vous propose de découvrir à quoi ressemble l’éducation d’un enfant chinois en deux parties. Aujourd’hui le parcours jusqu’au bac chinois, demain la suite…

En écoutant le témoignage de quelques camarades chinois, j’ai d’abord redécouvert un thème déjà abordé sur ce blog, la place omniprésente du travail scolaire dans la jeunesse des enfants chinois. Les cours supplémentaires (补习班) commencent dès la maternelle (幼儿园). « Il s’agit de classes supplémentaires prises en dehors de l’école et durant lesquelles on reprend les notions abordées en cours, en les approfondissant et en les appliquant sur des exercices très difficiles », nous confie une jeune chinoise. L’apprentissage est intense, et il y a peu de temps pour s’amuser à côté. Pourtant il existe des activités extrascolaires comme la musique ou le dessin. Mais ces activités extrascolaires sont toujours entreprises à l’initiative des parents, et pas pour le coté ludique de la chose, seulement pour rapporter des points au Gaokao (高考), le bac version concours qui attend les écoliers chinois à leur sortie du lycée. « Commencer le piano devient rapidement un devoir terrible, car les parents sont derrière pour te faire travailler. Si je ne faisais pas correctement mes deux heures d’exercice tous les jours, mes parents me punissaient et me tapaient » m’ont confié plusieurs chinoises, maintenant très aguerries à la pratique du piano.

Un point révélateur quand on parle d’éducation avec les chinois, c’est qu’ils cessent d’employer le terme 父母 (père et mère, donc parents) et préfèrent dire 家长. Le premier caractère désigne la famille, le second, le chef, comme dans 船长 capitaine d’un navire, 校长, directeur de l’école, ou 市长, le maire. Donc 家长, chefs de famille. Les chefs de famille décident de tout dans l’éducation de leurs enfants, de leurs activités extrascolaires à la majeure qu’ils choisissent à la sortie du Gaokao. Une phrase que beaucoup de parents chinois répètent à leurs enfants: « 你的任务就是好好学习,其他的别管 : Ta mission, c’est seulement d’étudier, ne t’occupe de rien d’autre. »

Il y a une continuité parfaite entre les professeurs et les parents. Les professeurs enseignent les cours aux élèves, les chefs de famille les encadrent, les inscrivent aux cours supplémentaires, surveillent les travaux à la maison… et attendent de la bonne volonté et des bons résultats de la part de leurs enfants ! Si ce n’est pas le cas, c’est la catastrophe, et les enfants reçoivent des sermons. Des sermons calmes, quand il s’agit de leur expliquer qu’ils doivent bien travailler pour intégrer les meilleures universités sans quoi ils ne trouveront pas de travail. Des phrases un peu plus brutales bien souvent aussi. Jetez un coup d’œil ici pour un joyeux best-of, donc les meilleures resteront bien sur : « 你是从垃圾堆里间的, on t’a récupéré à la décharge », ou « 早知道这样,当初就不该生你, si on avait su que ça serait comme ça avant, on ne t’aurait pas fait naitre » !!!

Un exemple frappant pour vous illustrer l’encadrement total autour du jeune chinois : Parents et professeurs ont établi une règle terrible : « 不许早恋 : pas d’amour durant la jeunesse » ! La petite copine ou le petit copain sont des obstacles à la sérénité nécessaire à l’accomplissement des études, il faut donc les bannir…

Reprenons les choses dans l’ordre : Garderie-maternelle (幼儿园), cours supplémentaires (补习班) école primaire (小学), collège (初中) puis le lycée (高中). En deuxième année du lycée, donc en même temps que nous en fait, ils choisissent une voie principale : scientifique (理科) ou littéraire (文科). L’idée globalement répandue ici, c’est que tu vas en scientifique si tu en as les moyens, si tu vas en littéraire, c’est que tu es bête, tu ne sais pas faire marcher ta tête. Les distinctions de matière sont similaires à ce qu’on trouve en France, avec maths, chinois, anglais en matières communes, auxquelles on rajoute l’histoire-géo et la politique pour la section littéraire, la bio et la physique-chimie pour la section scientifique.

Une fois ce choix fait commencent deux années horribles pour les lycéens chinois. 2 années horribles car il leur faut préparer ce Gaokao, le bac-concours à la Chinoise. Le Gaokao n’est pas une porte de sortie marquant la fin d’un cycle d’apprentissage comme c’est le cas pour notre bac, c’est plutôt la porte d’entrée vers la suite, l’université. Le Gaokao est un examen classant, et de ton classement dépend directement ton affectation dans une université ou dans une autre.

Les deux années précédant le Gaokao ressemblent donc à nos années prépas, mais à quelques différences près. D’abord, c’est deux ans plus tôt. Ensuite,  l'ensemble des étudiants chinois doivent passer par lui. Enfin le Gaokao teste une étendue des connaissances, pas une tête qui sait réfléchir, et le programme est ENORME ! Les Chinois rapportent que ce qu’ils doivent retenir sur ces deux années fait bien deux petits Robert d’épaisseur sur la surface d’un bureau ! Et ils nous montrent des photos pour nous montrer la terrible épreuve par laquelle ils sont passés. Ils aiment d’ailleurs dire que le Gaokao est l’un des trois examens les plus difficiles au monde…

La suite ici

samedi 5 décembre 2009

La 24ème année du buffle

5 décembre, je fête aujourd’hui mon anniversaire. Le 24ème. Multiple de 12, « tu es donc dans ta 本命年 ! » me disent tous les Chinois ! L’année de ma propre vie ? Chine-nouvelle propose l’année de son signe astrologique chinois. Ohhh, 原来如此 (c’était donc cela) !





Vous devez déjà savoir que chaque nouvelle année du calendrier lunaire est marquée par un animal. C’était le rat l’année dernière, ce sera le tigre l’année prochaine, et cette année, c’est le buffle. Ce qui est bien avec le buffle, c’est qu’en chinois ça s’écrit 牛, ça se prononce nio, et ça permet de faire des jeux de mots marrants : Happy 牛year ! Ce qui est moins bien, c’est que le buffle, c’est aussi mon signe astronomique chinois, puisque je suis né entre le nouvel an chinois de l’année 1985 (20 février 1985) et le nouvel an chinois de l’année 1986 (9 février 1986). Il y a 12 signes astrologiques chinois (生肖) ce qui signifie que tous les 12 ans, on retombe dans son signe astrologique. Et cette année là est mauvaise !!! Malchance et dangers nous guettent ! Je fais face à la malchance (噩运) et doit faire attention à ma sécurité (注意安全), sans oublier de porter des sous-vêtements rouges, seul remède contre cette infortune passagère (红色辟邪,红色吉祥)!


mardi 1 décembre 2009

Les Chinois, sexistes ?

Les Chinois, sexistes ? Aujourd’hui, sans doute pas beaucoup plus que les occidentaux, mais les valeurs traditionnelles, elles, le sont profondément ! Découvrez-le à partir de quelques expressions traditionnelles…

男尊女卑 : les femmes sont traitées comme inférieures par rapport aux hommes. Voilà, on a commencé fort, et regardons comment cela se révèle.

头发长,见识短:Les cheveux sont longs, mais la connaissance est courte. Le terme 见识 que j’ai traduit par connaissance réfère à la connaissance due à l’expérience. Cela reflète le fait que dans les temps anciens, la femme ne quittait pas le foyer, comme l’illustre cette dernière expression : 大门不出二门不迈.

内人 , la personne à l’intérieur, utilisée désigne l’épouse. C’était d’ailleurs une tournure de modestie… On trouve aussi 内助, plus littéraire, son assistante au foyer, désigne toujours l’épouse… 贤内助 est un peu plus joli. Illustré sur Baidu (le google-wikipedia chinois) par la photo suivante




相夫教子 : expression rappelant les occupations de l’épouse : s’occuper du mari et élever les enfants. On le retrouve aussi dans 贤妻良母. Une version moderne existe aussi : 上得了厅堂,下得了厨房 : sortable et sait faire à manger.

夫唱妇随 : Le mari chante, l’épouse l’accompagne. Désigne l’obligation traditionnelle du respect de la femme envers son mari. Rappelons qu’il existe un code confucéen qui se résume en 三从四德 qui résume les trois personnes et les quatre valeurs que la femme doit respecter. Ces trois hommes sont d’abord son père, puis son mari une fois marié, enfin son fils ainé en cas d’absence ou de décès du mari.

Cette expression « 夫唱妇随 : Le mari chante, l’épouse l’accompagne » est aujourd’hui utilisé pour décrire l’harmonie dans le couple. Remarquons que la direction des choses est conservé chez l’homme. Dans le cas contraire, on parle de 妻管严, équivalent de notre « la femme porte la culote ». Mais ce qui est amusant, c’est que cette expression est exactement homonyme à 气管炎, le nom d’une maladie…

Vous savez écrire être jaloux en chinois ? 嫉妒 , deux caractères phonétiques, la clé orientant le sens étant 女 dans les deux cas, et 女, c’est la femme…

Nous finirons par une phrase célèbre de 毛泽东, qui rattrapera un peu le niveau de ce soir: 女人能顶半边天 : les femmes portent la moitié de notre ciel…

mardi 17 novembre 2009

Alcool et business, le mélange mortel des notables chinois

Excellent article du figaro.fr sur la boisson en Chine qui devrait vous rappeler mes deux derniers posts la dessus ( A Pékin, fais-comme les Pékinois et combien de bouteilles? )

Je vous encourage à le lire entièrement. J'ai sélectionné quelques extraits:

Issus d'une tradition millénaire, les toasts portés à répétition lors de dîners officiels peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur la santé des convives.

Problème : les «ganbei» se multiplient tout au long du repas. A tel point que les convives peuvent en boire plus de 20 verres en une heure. «Cela commence par des toast communs, puis des toasts individuels», explique Nathaniel Farouz, jeune businessman français installé à Pékin depuis 2006. Si beaucoup ont le foie bien accroché, l'ivresse est souvent inévitable. «Un partenaire , dans son ébriété, s'est mis à nous raconter tout le mal qu'il pensait de nous... Ce qui n'a pas été du meilleur effet pour la suite de nos relations.»

«Dans ma province natale, beaucoup d'entrepreneurs ont des problèmes de foie», assure un professeur de langues à l'Inalco d'origine chinoise. L'un de ses amis en a d'ailleurs fait les frais. «Il ne mangeait jamais chez lui car il était invité à chaque repas. Et à chaque fois, il était obligé de boire. Il disait parfois qu'il avait ‘mal à l'estomac', mais il devait continuer. Il y a deux ans, il a trop bu et il est mort. A 45 ans.»

samedi 14 novembre 2009

Consience...

Ces derniers jours, j’ai suivi une nouvelle grande étape de la vie de Ye Changliu. Quelques jours après avoir signé une promesse d’embauche, il s’apprête maintenant à devenir membre du parti! Car Ye Changliu, comme Xu Xiangming, ne sont encore qu’au stade des jeunesses communistes, responsables de pas mal d’activités étudiantes sur le campus. Par exemple le jour de la fête nationale Xu Xiangming était chargé d’interviewer un élève de Tsinghua qui avait participé au défilé, Ye Changliu aidait aux mouvements généraux.

Ye Changliu doit montrer aujourd’hui que sa 觉悟 (juéwù) est suffisamment développée. Wenlin propose Consciousness, awareness, understanding, enlightenment. On voit l’idée, mais c’est encore assez confus. Sur Baidu, l’encyclopédie en ligne chinoise, on trouve que c’est un terme d’origine bouddhiste décrivant la prise de consciences de phénomènes de l’univers. Il désigne de façon plus moderne une connaissance et une compréhension des principes de développement et de production, et par extension désigne la capacité à influencer favorablement la société. Pas étonnant que l’on trouve en bas dans les extensions du mot : 指一定的政治意识. Ainsi 觉悟 désigne une conscience politique préétablie. Un débat intéressant pourrait avoir lieu sur cette dernière traduction, mais grossièrement, l’idée est là. 觉悟 caractérise l’adéquation de ses idées aux idées du parti, notamment à travers les 3 grandes idéologies de Marx, de Mao puis de Deng Xiaoping.

Ye Changliu doit préparer un dernier rapport qui lui ouvrira les portes du parti. Mais savez-vous qui décidera de cette adhésion ? Et bien les camarades du département qui ont déjà intégré le parti… Mais la machine est assez bien huilée pour qu’il ne suffise pas d’être pote avec les premiers membres pour rentrer. En passant j’ai déjà vu d’autres cas plus étonnants, notamment lors de la dernière remise de bourse. Chacun des étudiants devait choisir l’étudiant qui le semblait le meilleur selon 4 critères, et ceux qui recevaient le plus de voix récoltaient la bourse…

Aujourd’hui, c’est à peu près gagné pour ye Changliu. D’autres qui ne participent pas activement aux activités des jeunesses communistes ne seront pas appelés. Leur 觉悟 est bien trop faible…

A mon retour, c’est décidé, je m’attelle à un nouveau défi : leur montrer que mon 觉悟 est excellent !

jeudi 12 novembre 2009

Combien de bouteilles?

你吃了吗 – Tu as mangé ? Voici le genre de questions « bizarres » que l’on entend partout à Pékin. Mais si celle-ci se comprend en fait assez bien, il s’agit d’une façon de se saluer, d’autres manifestent de réelles différences culturelles. Voici pour vous le trio gagnant des questions à la chinoise :

3 – Tu cherches une copine chinoise ? (souvenez-vous)
2 – Tu t’es habitué à la Chine ?
1 – Tu es capable de boire combien de bouteilles de bière ?

Intéressons-nous aujourd’hui à cette question du nombre de bouteilles de bières. Que répondriez-vous spontanément à cette question ? Sans doute beaucoup, ou pas, mais certainement pas votre record en la matière. Mais si vous êtes chinois, vous serez ravis de répondre un bon gros chiffre, 10 par exemple.

Si tu ne connais pas ton record, pas de problème, à l’occasion du prochain diner de classe, tes camarades seront ravis de t’emmener sous le bras pour participer à la compétition. Car oui, les diners de fête ressemblent plus à des compétitions d’alcolo qu’à autres choses (souvenez-vous). Il faut boire beaucoup, pour montrer que tu es un homme, et vite, pour descendre assez de bouteilles avant de vomir.

Il y a une dizaine de jours alors que je déjeunais avec Xu Xiangming, il me disait qu’il était sorti la veille avec ses camarades de l’organisation de la compétition sportive de Tsinghua qui venait de se clôturer avec succès. Il m’a dit qu’ils avaient bu. Beaucoup bu. Il avait bu 7 bouteilles, ce qui restait loin de son record de 10 (rappel, ici les bouteilles de Tsingdao font 660 ml, il a donc déjà poussé jusqu’à plus de 6l de bière) mais il avait tout de même du être porté jusqu’à chez lui tellement il était mal en point. A le voir, j’avais du mal à le croire : pas de gros épis, pas de voix rocailleuse, pas de regard dans le vide. « J’ai bien dormi » me rétorque-t-il ! Il était au lit à 9h. Quand je vous dis qu’il faut boire vite et beaucoup !

Hier avec Pierre, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose, alors on a invité Xu Xiangming avec quelques autres amis à boire quelques bouteilles de vin rouge dans nos chambres. Pour Xu Xiangming, toutes les bouteilles étaient identiques (on avait pourtant du français, du chinois et de l’australien), alors il s’est rapidement remis à boire au rythme habituel… et il fut rapidement tout rouge comme les asiatiques le sont si facilement (ce rougissement sous l’effet de l’alcool se dit 上脸 en Chinois, littéralement la montée au visage)

Soit dit en passant, ça me rappelle un épisode de la plaisanterie de Kundera quand la miss qui a passé quelques années en France remporte quelques bouteilles de vin rouge avec elle lorsqu’elle repart en République Tchèque, et est terriblement déçue de voir ses amies préférer descendre des litres de bière plutôt qu’apprécier quelques verres de vin rouge.

Prochaine étape, inviter Xu Xiangming à rentrer dans un bar pour la première fois de sa vie. En même temps, les cocktails, il aime pas trop ça. « Quand on mélange les alcools, on est beaucoup plus vite ivre » me dit-il. « Pour boire beaucoup c’est pas top ».

Arf….

mercredi 11 novembre 2009

Blogspot est libéré !!!

4h28, ma boite mail est soudainement inondée de tous les messages blogs qui étaient retenus par le Great Firewall of China (raillé en 功夫网 filet de kong-fu par les chinois, un bon point à qui trouvera pourquoi) depuis le mois de mai dernier... enfin!

Je vais pouvoir me remettre à uploader des photos bien lourdes sans les compresser brutalement, et Sarah comme J&J n'auront plus d'excuse pour ne pas reprendre leurs blogs.

C'est tout de même amusant que le déblocage arrive maintenant alors que l'on a passé la soirée avec des amis chinois à leur expliquer que les blocages s'étaient succédés les uns après les autres tout au long de l'année dernière, que ce soit sur de grandes plateformes de type facebook ou blogspot, ou tout un tas de petits sites perso concernant la Chine, et que cela nous était particulièrement pénible. L'attaché de défense que nous avons rencontré hier et qui nous a invité à prendre garde à ne pas être trop naïf avait peut être raison...

Ceci dit, j'attends toujours pour Facebook ou les recherches inopportunes sur google!

De l'intégration en Chine

Arrivé en Chine en juillet 2009, déjà 16 mois en Chine, et je m’apprête à effectuer mon deuxième retour en métropole à l’occasion du forum de l’x auquel je suis convié pour partager mon expérience de ce coté de l’Asie. Il est donc logique que cette période soit l’occasion de se remémorer les expériences qui ont ponctué mon parcours jusque là, expériences qui relèvent bien souvent du défi dans un monde aussi différent. En voici un autre de défi, celui de l’intégration.

Difficile tâche que celle de l’intégration quand on vient en Chine avec les objectifs que je me suis donné, et que l’on pourrait résumer brièvement en 1, parler le Mandarin, 2, m’imprégner de la culture chinoise, 3, réaliser les exigences du master. Difficile tâche car les personnes que je suis amené à côtoyer à Pékin restent dans des groupes très cloisonnés et très éloignés les uns des autres, ma difficulté est de chercher à être à la jonction de ces deux groupes.

Le premier groupe, c’est bien sur les locaux, les Chinois. Si je suis aujourd’hui en Chine, c’est pour être parmi eux. Sinon à quoi bon ? Profiter de la vie pas chère et des filles faciles me souffle-t-on. Ok, c’est l’avis général parmi les étrangers. Pourquoi pas, mais je suis parti avec des objectifs ambitieux, et je n’aime pas abandonner en cours de route… Une fois que l’on franchit la barrière du langage, on devient à même de vivre parmi les Chinois. Tant que l’on reste observateur, c’est formidable, mais à peu près aucun étranger (pas même moi quand ils se mettent à descendre leurs 6 litres de bière pour avoir belle face – ou quand leur labo devient leur nouveau foyer) n’acceptera de se conformer totalement à un mode de vie si différent. Les raisons seront différentes pour chacun, mais il restera toujours une difficulté qui nous empêchera de vivre comme eux. Parce que les Chinois font leur partie de foot à 8h le dimanche matin, commencerait Julien. Parce que les Chinois ne sont pas gênés de prendre leur repas tout seul le midi, me dirait Antoine. Parce qu’ils prennent le diner à l’heure du gouter, rajouterai-je. Parce que les Chinois qui n’ont jamais quitté leur pays n’ont rien d’intéressant à dire, me dirait Jérôme. Parce que les Chinois ne sortent jamais le soir, continuerait Hugo. Et parce que je ne pourrai pas dormir dans leurs dortoirs collectifs, conclurait Pierre. Finalement, quand on est occidental en Chine, on a bien souvent envie de découvrir ce groupe local, mais par nos habitudes de vie, nous nous en excluons de nous-mêmes. Les activités restent ponctuelles, et nos amis Chinois ne peuvent devenir nos amis de chaque instant. Parce qu’ils leur manquent cette particularité que nous recherchons, et que je résumerai par un manque d’occidentalisation, à défaut de terme plus juste. Et c’est bien ces habitudes communes que nous partageons entre occidentaux qui nous poussent tous vers le deuxième groupe, celui des étrangers.

Les étrangers sont nombreux ici, mais parmi eux, combien maitrisent le Chinois au point qu’une discussion, une sortie, ou n’importe quel type d’activité dans cette langue reste un moment agréable, un moment de détente ? Un nombre malheureusement à peu près nul… Parmi les étrangers, certains ne parlent pas un mot de Chinois, mais la majorité l’apprend. Tout au moins, le débute. Mais peu vont plus loin que les exigences de la vie quotidienne. Quand je croise un étranger en cursus de Chinois à Tsinghua, c’est la sempiternelle déception : il débute tout juste ! Certains vont plus loin, mais qui va suffisamment loin pour que s’exprimer ne soit plus une difficulté de tous les jours ? Qui va suffisamment loin pour côtoyer le Chinois avec presque autant d’aisance que l’Américain ? Qui ? Quand j’y repense, je n’en ai rencontré que deux, Murielle et Germain. Ils ne sont malheureusement plus Pékinois aujourd’hui. Ainsi être dans un groupe d’étranger, c’est se couper du groupe local chinois, car quand ni l’anglais, ni le chinois n’est partagé sereinement des deux cotés, l’interaction est difficile. Seuls les chinois maitrisant l’anglais et déjà très occidentalisés dans leurs habitudes et pensées se mélangent aux étrangers, et seuls les étrangers les plus fous se mélangent aux Chinois. Je dis fou, car il faut l’être un peu, et c’est comme ça que c’est ressenti de la part du groupe d’étranger. Anecdote amusante, Pierre en arrivant cette année à Tsinghua pensait que la maitrise du Chinois devait me donner un prestige auprès des étrangers. Mais en fait, pas du tout, car les étrangers bien souvent se séparent du groupe Chinois, et interprètent la maitrise du Chinois… comme un indicateur de non non sociabilité ! Car pour parler Chinois, il faut prendre part aux activités avec les Chinois. Les activités « dans ton coin » comme les appellent Hugo. Les activités par lesquelles tu t’auto exclues des groupes d’étranger… Un week-end à la montagne avec l’association de Tsinghua, une soirée de classe avec tes camarades, et si personne ne te repêche (merci Antoine !), tu es oublié !

Vous l’avez compris, en essayant de se poser entre les deux groupes, la position est difficile. Pas vraiment dans l’un, pas vraiment dans l’autre, et pas assez de monde pour former le sien. Il faut savoir jongler entre les deux !

dimanche 25 octobre 2009

Questions sensibles

Il est toujours intéressant d’observer la réaction des Chinois aux questions sensibles. Particulièrement avec les profs de Chinois ou les camarades de labo.

Avec ma première professeur de Chinois, mon niveau peu avancé limitait la discussion. La prof était très naïve et se contentait de remettre en cause les valeurs traditionnelles, pas de discussion politique.

Ma deuxième prof était extrême dans son aveuglement. Un jour Julien s’est exclamé que son stylo ne marchait plus, que vraiment la qualité des stylos chinois était à chier. Ce qui est vrai, les produits Chinois sont connus pour être pas chers, mais tout pourris. La prof s’est échiné à lui dire que c’est parce qu’il était vieux (le stylo - il avait deux jours) et que les produits Chinois étaient d’excellents produits. Et quand quelqu’un a parlé du « problème de Taiwan », elle n’a pas compris. « Quel problème ? Taiwan, c’est une province comme les autres ! » Je pense qu’elle ne voyait sincèrement pas le problème.

Notre troisième prof se précipitait pour fermer la porte quand, devant utiliser une nouvelle tournure grammaticale, Julien donnait comme exemple : « La Chine envoie l’armée à Taiwan ». Lui, il connaissait bien le problème, mais savait trop bien qu’il valait mieux ne pas en parler dans cette société. Il nous priait de ne plus utiliser de tels exemples.

Ma prof d’aujourd’hui, la quatrième, est très ouverte. Et elle passe son temps à remettre en cause les actions du parti. Et elle le fait d’elle-même, sans incitation. Un jour elle disait : « j’espère qu’il pleuvra pendant la cérémonie du soixantenaire ! ». Elle nous disait aussi que les artistes Chinois étaient vraiment sans intérêts et que les seuls artistes qui savaient nous toucher par leur création étaient les artistes Taiwanais. Parce qu’ils sont libres et parce qu’ils voyagent, c’est comme ça qu’ils développent leur fibre artistique. Encore un exemple, elle affirme que la génération des années 80 et 90 est une génération perdue, constitués d’inaptes, incapables de quoi que ce soit après leur éducation d’enfant unique, et qu’ils seront donc incapables de tenir les rênes du pays.

Lorsque je lui demande pourquoi on persiste à dire « libération de la Chine » pour signifier la victoire du parti communiste sur le Guomindang en 1949 et la fondation de la nouvelle république, elle me répond que bien sur, il ne s’agit pas d’une libération. La vraie libération est la libération du pays contre les Japonais en 1945, et c’est le Guomindang qui a tout fait. Le parti communiste à l’époque ne servait à rien (Rappelons que la version officielle dit exactement l’inverse) et ne s’est réveillé que durant les 4 ans qui ont suivi la reddition Japonaise.

Mes camarades de laboratoires sont parfois aussi relativement bavards, bien que tous membres d’organisations politiques liées au parti. Je vais éviter d’écrire leurs noms, on ne sait jamais, mais quand je leur demande pourquoi tous les sites internet utilisés par les étrangers sont bloqués alors que les leurs restent accessibles, on me répond franchement que c’est parce que le gouvernement veut contrôler les informations qui circulent sur le net, que si eux, chinois, écrivent quelque chose de douteux sur un sujet sensible, c’est éliminé au plus vite, mais que ce contrôle est trop difficile à réaliser sur les plates formes étrangères, dans des langues que ne maitrisent pas les censeurs du parti.

Quand après avoir discuté longuement de problèmes d’organisation de l’administration d’un pays, je demande à un camarade s’il aime discuter de politique, il me répond « bof. De toute façon, on n’a pas le droit ». Ce même camarade est étonné quand je lui dis que l’image que la Chine cherche à donner d’elle-même à l’étranger est celle d’un nouveau pays développé, apte à discuter sur un pied d’égalité les grands problèmes mondiaux. Il me répond : « non non non, on ne peut pas dire qu’on est un pays développé, seulement en voie de développement. Si notre économie est aujourd’hui très bonne, ce grâce à notre population incroyablement nombreuse, il y a encore énormément d’aspects sur lesquels nous sommes encore très en retard. Notamment technologiquement parlant. Aujourd’hui on ne sait pas faire des avions. Mais on fait très bien des choses simples. » me dit-il en brandissant ses baguettes. « Nous cherchons à apprendre auprès des pays développés pour rattraper notre retard. Le but est d’avoir rattrapé le retard d’ici 40 ans, pour le centenaire de la nouvelle Chine. »