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lundi 6 janvier 2014

MyCO2 - Aider Taiwan a se doter d'une meilleure efficacité energetique


Nouveau boulot, nouvelle aventure! 

Je démarre cette semaine une mission de développement commercial avec la startup MyCO2. Cette startup aide ses clients depuis plusieurs années dans divers projets: construction de bâtiments qui consomment moins, rénovation des infrastructures pour améliorer l’efficacité énergétique, etc. 

Depuis peu MyCO2 s'est doté d'un produit extrêmement prometteur: Smartconso. C'est une plateforme de visualisation de sa consommation en eau et en électricité. Les applications sont extrêmement nombreuses!



Faisons quelques analogies.


Un pèse personne est un bon outil pour réaliser qu'une bonne fondue savoyarde dégustée avant d'aller se coucher fait augmenter de façon considérable notre poids. Il suffit pour cela de se peser tous les matins. Le poids qui suit la fondue savoyarde devrait être nettement supérieur a celui des jours précédents. 


De même Smartconso est un bon outil pour réaliser qu'une climatisation réglée a 16 degrés en face d'une fenêtre ouverte fait augmenter de façon considérable notre facture d'électricité. Il suffit pour cela de jeter un coup d’œil a la consommation en électricité tous les matins. La consommation du jour de climatisation branchée devant la fenêtre ouverte devrait être nettement supérieure a celle des jours précédents.



Restons dans la même analogie. 

Un grand nombre d'application sur nos smartphones nous permet de garder l'historique de notre poids quotidien, pourvu que nous le rentrions régulièrement tous les jours. Ces applications nous permettent ensuite de faire des prédictions: Suis-je en phase de prise de poids? Suis-je en phase d'amincissement? Si oui, serais-je en dessous de 50 kg avant le 15 juin et le début de mes vacances a la plage?



De même Smartconso permet de garder l'historique de notre consommation en eau, électricité et chauffage. Même pas besoin de rentrer des données dans le système a la main, c'est fait automatiquement grâce a nos compteurs nouvelles générations, branchés sur internet. Smartconso nous permet ensuite de faire des prédictions  Suis-je en phase d'augmentation de ma consommation? Suis-je en phase de réduction? Arriverai-je a passer sous la barre des 10% de réduction pour bénéficier des 20% de remise supplémentaire offertes par le gouvernement taïwanais? 


Bref, vous l'avez compris, Smartconso est un outil très simple, mais extrêmement puissant. Smartconso et l'expertise en efficacité énergetique sont ainsi les atouts puissants de MyCO2 que j'essaie de faire valoir sur la petite île de Taiwan!!

mardi 8 décembre 2009

Vive le vent, Vive le vent, Vive le vent d'hiver

Vive le vent, Vive le vent, Vive le vent d'hiver,
Qui s'en va sifflant soufflant dans les grandes cheminées,
Vive le vent, Vive le vent, Vive le vent d'hiver,
Emmene tout ça loin vers le Sud et laisse nous respirer

Vendredi dernier on a enfin eu un jour de vent! Force 5-6 selon les critères Pékinois. J'adore ce genre de jour. D'abord parce que tous les vélos se retrouvent par terre, on a l'impression de passer derrière les Japonais. Mais surtout parce que le vent nettoie la ville! Les particules en suspension sont trop légères pour tomber au sol, les précipitations sont inexistantes, en hiver, le vent est notre seul espoir. Regardez un peu l'effet sur ce graphique:


Beijing, 4 décembre, jour de grand vent:  PM10 Time series

Et vendredi, il faisait réellement beau! On voyait de nouveau briller le soleil, le ciel était bleu, on apercevait les montagnes de l'ouest, bref ça donnait envie de sortir!

Mais cette année est bien avare en vent. L'année dernière les grands vents étaient presque journaliers dès le mot de novembre et le démarrage des plus grandes pollueuses. Cette année il n'y a eu qu'un jour de grand vent en plus d'un mois... Le vent est ainsi tombé dans la nuit de vendredi à samedi, et 72 heures après, voici le résultat:



Beijing, 7 décembre, PM10 Time series : on atteint les sommets


Incroyable! On a atteint le haut du graphique! Et réellement, quand on sort de chez nous, ça pue. ça pue le cramé, l'air est sale, on respire mal. On aperçoit une espère de forme arrondie jaunatre dont les contours se distinguent mal dans ce nuage de pollution, c'est le soleil. Je n'ose plus sortir...



Remarquez que contrairement aux situations habituelles, le nuage de pollution a franchi les première lignes de montagne! Alexis, si tu es toujours en Mongolie, prend garde à toi, le nuage chinois est en route!!!

lundi 30 novembre 2009

Pékin, polluée?

Un petit diagramme pour commencer :


Pékin, 23.11.08

Pékin est au centre, et en bleu, non pas la mer, car elle se trouve au-delà de Tianjin aussi présent sur la carte, mais le nuage de pollution ! Ce diagramme date du 23 novembre dernier, date de mon retour sur Pékin. Arrivant des montagnes par le Nord-Ouest, pas étonnant que l’on ait eu l’impression de rentrer dans cet épais coton blanc en approchant par avion de l’aéroport de Pékin…

Une semaine à passé, une semaine durant laquelle le soleil a plus ressemblé à une nébuleuse qu’à notre étoile, et durant laquelle j’ai eu bien peur de mettre le nez dehors. D’ailleurs une semaine sans vent après, le résultat est toujours le même :


Pékin, 30.11.08

Tous ces diagrammes viennent du très bon site « Air quality monitoring and forecasting in China ». Bon, alors, à quoi correspondent les couleurs ? On recense sur ces diagrammes la quantité de microparticules dont le diamètre est inferieur à 10mm par unité de  µg/m3 à travers l’indice PM10. Ces particules sont celles qui peuvent rentrer dans nos poumons, nos yeux, et provoquer toutes sortes de cancer, brrrrr ! Vous pouvez jeter un coup d’œil sur wikipedia. En vert, inferieur à 50, en bleu, supèrieur à 200. Oui, vous avez bien compris que Pékin était entouré de montagnes au Nord et à l'Ouuest.

Ci-dessous l'évolution des valeurs du PM10 sur la journée d'hier. 





En Europe on applique la valeur limite de 50 µg/m3 comme moyenne journalière recommandée. Cette valeur de 50 constitue l’indice 1. Ici on navigue entre 4 et 12, c’est carrément monstrueux ! Quand on revient de France, on a vraiment l’impression de débarquer au milieu d’un barbecue géant. Et dire que les Chinois (Mme Bai la première) sont persuadés que d’un, Pékin n’est pas polluée, que de deux, c’est pareil chez nous…

Voici donc une carte de l’Europe (issue du site suivant dépendant de l’union européenne, à propos de la qualité de l’air en Europe) avec le même critère PM10 effectuée hier


Carte europe 30.11.09
  
ça ne dépasse pas les 50 (ici le bleu symbolise l'air pur, c'est inversé par rapport aux cartes chinoises). La même en Asie:


Carte Asie 30.11.09

Je propose ainsi une nouvelle définition d’une mégalopole à l’asiatique: Un ensemble sur lequel un nuage de pollution s’étend sans discontinuité…

Toujours sur ce même site, on peut trouver le tableau suivant (provenant du site du gouvernement chinois relatif à la pollution atmosphérique) qui nous explique les réactions chez l’individu face à la pollution



Voilà pourquoi je dis que le sport est mauvais pour la santé à Pékin... Enfin, c'est mauvais en extèrieur,  moi je me suis mis à la piscine!

Puis un deuxième venant de la municipalité de Pékin.



Donc nous sommes tous les jours au moins en situation Unhealthy, et plus généralement en situation Hazardous...

Deux derniers diagrammes pour finir :


Pékin 08.08.08

C'était 08.08.08 à Pékin, jour de la cérémonie d’ouverture des JO... Puis un an plus tard, même jour:



Pékin 08.08.09

Permettez-moi de douter que les mesures spécialement prises pour améliorer la qualité de l'air durant les JO aient bien fonctionné… L'impression que j'ai moi, c'est qu'il n'y a qu'uneseule chose qui marche pour faire disparaitre la pollution : les précipitations en été, le vent en hiver. Il n’a pas venté depuis la semaine  dernière et mon retour à Pékin. La prochaine fois qu’il vente sur Pékin, j’enregistrerai les graphiques pour voir l’effet du vent, puis le temps qu’il faut au nuage de pollution pour se réinstaller…

dimanche 4 janvier 2009

Dear Michelle and Barack

Bientôt l'investiture d'Obama, 4 ans devant lui, 4 ans durant lesquels il a promis le changement. Et si aujourd'hui il y a bien quelqu'un dont les actions peuvent orienter le destin d'une planète entière, c'est bien Obama.


J'ai peur que cela ne soit pas suffisant...

James Hansen, climatologue en chef de la Nasa, l'a bien compris en prenant le futur chef de l'état américain à parti. Dans une lettre qui lui est adressé, notre célèbre climatologue (connu pour tenter, en vain, depuis 1988 de mettre en garde le pouvoir politique contre les ravages attendus suite à nos émissions incontrolées de dioxide de carbone dans l'atmosphère) l'enjoint à prendre des mesures politiques dans 3 domaines clés qui suffiront à résoudre la crise actuelle, la réelle crise actuelle.

Je vous invite à lire par vous-même le contenu de cette lettre à cette adresse (début en page 3)

La première mesure s'applique aux centrales électriques au charbon, qui lorsqu'elles ne sont pas équippées de système de capture de carbone, sont les sources les plus polluantes de la planète. Une mesure d'urgence, et qui on l'espère ne passerait pas inaperçu de la Chine qui produit toujours 68% de son énergie à partir du charbon, et qui n'a vraiment pas envie de faire une croix sur cette ressource, la preuve, ils mènent des recherches actives sur des moteurs de voiture utilisant un carburant dérivé du charbon.

La seconde, mesure touchant chaque individu (américain pour commencer), est la mise en place d'une taxe carbone. Chaque produit serait taxé par l'état en fonction des émissions inhérentes à sa fabrication ET à son transport. On réapprendra peut-être à attendre les beaux jours pour manger des fraises, et les paysants Sud-Américains seront sans doute moins tentés de bruler la forêt Amazonienne pour pouvoir ensuite envoyer leur production à l'autre bout du monde nourrir les millions de boeufs, qui eux aussi seront invités à reprendre l'avion une fois découpés en petits morceaux.

La troisième concerne le nucléaire. James Hansen, contrairement à Greenpeace, garde les 2 yeux ouverts. Il se rend bien compte que si on essaie de supprimer une source d'énergie, alors que les énergies renouvellables que l'on prône tant ne sont pas encore aptes à fournir les quantités suffisantes d'énergie, il faut choisir la meilleure des solutions restantes, à savoir le nucléaire. Le nucléaire qui n'est d'ailleurs pas seulement la moins pire des solutions.Que lui reproche-t-on?

Les accidents du passé? Gardons alors bien en tête que ces accidents ont eut lieu dans des réacteurs de première génération, c'est à dire les prototypes de première génération. L'ingénieurerie des réacteurs nucléaires n'en était qu'à ses débuts, des pépins étaient inévitables, dommage qu'ils aient été aussi graves, et aussi peu "préparés" dans le cas de Chernobyl, centrale dénuée de tout système de sécurité visant à empécher les émissions radioactives suite au "déraillement" du réacteur.

Les déchets nucléaires? Lesquels? Ceux qui resteront radioactifs durant 150 000 ans sur terre? Et bien, les réacteurs de 4ème génération n'en ont que faire de ces déchets, car ils peuvent les utiliser comme combustible et les réduire ainsi à néant. Les réacteurs de 4ème génération, qui en sont à leur phase de développement, développement qui devrait être accéléré par une forte incitation gouvernementale selon James Hansen, pour qu'ils soient "disponibles au plus vite sur le marché".

Encore une fois, cela ne fera pas de mal à la Chine, car même si on s'émeut d'une ouverture massive de la Chine au nucléaire, la part du nucléaire ne dépassera pas les 10% avant 2050 dans les prévisions les plus optimistes... Notre climatologue insiste lui-même sur le fait que la R&D doit être intensifiée pour rendre les réacteurs nucléaires de plus en plus compétitifs économiquements, car notre pauvre petite Chine est encore en stade de développement, et n'a pas un centime à dépenser à notre petit loisir de pays riche qu'est la "préservation environnementalle".

Je laisse Hansen conclure:

An urgentiv geophysical fact has become clear. Burning all the fossil fuels will destroy the planet we know, Creation, the planet of stable climate in which civilization developed.

Of course it is unfair that everyone is looking to Barack to solve this problem (and other problems!), but they are. He alone has a fleeting opportunity to instigate fundamental change, and the ability to explain the need for it to the public.


vendredi 26 décembre 2008

The Inconvenient Truth


Voilà déjà plus de trois ans que « The Inconvenient Truth » est sorti au cinéma. Un détail qui ne m’avait pas tant marqué la première fois que je l’ai vu, c’est la visite d’Al Gore en Chine, précisément à l’université de Tsinghua, au cours de sa tournée mondiale afin de faire prendre conscience de l’enjeu environnemental.


Cette visite ne fut pas d’un effet transcendant, car pour les chinois, la préservation de l’environnement reste un « loisir de riches », pas une urgence que nous n’avons plus le luxe de négliger. Pourtant, à en croire les études présentées par Al Gore, les régions de Pékin et Shanghai seraient toutes deux envahies par les eaux en cas de fonte des glace du Groenland ou de l’antarctique. Est-ce bien la peine de faire fonctionner plus de 80% des grues mondiales si c’est pour voir tout englouti dans un avenir pas si lointain ?


Mais qu’est-ce que qui fait de la Chine un pays si polluant ? Pour une bonne partie, le concours de l’utilisation de technologies encore faiblement avancées, à des gigantesques ressources en charbon. Le charbon est ainsi la principale ressource énergétique de Chine (68% des ressources énergétiques primaires, pour une moyenne mondiale de 20%).


Malgré tous ces aspects du mauvais comportement environnemental de la Chine, cette dernière n’a-t-elle pas pris la mesure la plus radicale vis-à-vis de la préservation de l’environnement ? La mesure qui permet de combattre la plus grande des causes du dérèglement environnemental ? Pas la révolution industrielle, pas la consommation inutile de viande, pas la multiplication des transports. Simplement une population humaine qui a dépassé la limite que la terre lui avait donnée ?



Changeons maintenant un peu d’horizon, laissons la Chine tranquille, et réalisons que la consommation énergétique excessive n’est pas le seul de nos torts. Je vous invite à consacrer les 20 minutes nécessaires au reportage suivant, très intéressant pour nous faire prendre conscience que nos habitudes alimentaires sont loin d’être innocentes vis-à-vis de l’environnement. Monsieur Marius un jour me l’avait pourtant dit, qu’il ne servait à rien de manger de la viande le soir, j’aurais du l’écouter…



Enfin un article du Monde à propos d’une nouvelle théorie scientifique selon laquelle notre époque actuelle ne serait pas la première fois que l’homme influe fermement sur le climat. La première fois aurait été il y a 10 000 ans quand l’homme a développé l’agriculture. Le défrichement inhérent aurait augmenté d’une quantité, raisonnable, la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et aurait ainsi évité une entrée en période glaciaire. Même si ces idées ne sont pas encore confirmées par la communauté scientifique, "elles ont le mérite de nous forcer à réfléchir sur les effets à long terme de notre action sur le climat". "En ce sens, Walter Ruddiman pose les bonnes questions."

vendredi 7 novembre 2008

Implantations Nucléaires en Chine

La semaine dernière, j’ai entendu une légende de Tsinghua. Une histoire qu’il ne faut normalement pas divulguer aux étrangers…

Le bâtiment principal de l’université abriterait un réacteur nucléaire ! Cela expliquerait les bruits étranges et la chaleur étonnamment élevée dans ce bâtiment… Brrrrrrrrrr, une histoire effrayante !

Alors je me suis renseigné auprès de la source ultime, la référence populaire que Pierre Alain et Finkielkraut réduiraient en miettes d’un même geste : Wikipédia ! Voici la carte des 4 sites de production d’énergie nucléaire aujourd’hui opérationnels en Chine.



3 sont des sites de grande production. Le plus ancien (en service depuis 1991) est Qinshan (秦山). Ce site est situé au sud de Shanghai et alimente la région économiquement la plus développée de la Chine. Presque aussi ancienne (depuis 1993) Daya Bay (大亚湾) dans la région de Canton approvisionne cette grande région industrielle et économique (Hong-Kong, Macao, Canton, Shenzhen). Enfin Tianwan (田湾) qui vient d’être achevée en 2006 est le premier des nouveaux sites nucléaires. Bâties par les Russes, les nouvelles centrales de ce site précèdent les futures centrales Françaises (Lingyao) et Américaines (Haiyang et Sanmen) qui sont en construction sur les ronds verts ou en voie de l’être sur les ronds bleus.

Le 4ème site de production nucléaire opérationnel aujourd’hui en Chine est un site d’essai, d’une puissance de 10 MWe. Son nom : HTTR sur la carte. Localisé près de Pékin, il n’alimente pourtant pas la capitale Chinoise. C’est en fait le réacteur de Tsinghua ! Oui, Tsinghua possède bien son propre réacteur nucléaire, réacteur dont j’ai d’ailleurs eu la chance de pouvoir visiter la salle de contrôle durant mes premiers jours ici… Mais les étudiants peuvent se rassurer, le réacteur n’est pas dans le campus principal, mais dans le campus secondaire située à une quarantaine de km au nord d’ici !

jeudi 25 septembre 2008

Du développement de ParisTech en Chine

ParisTechniciens ? ParisTechnocrates ? ParisTecHEC ? Quel nom pour les étudiants de ParisTech, ce groupe qui fait le lien entre les plus grandes écoles Françaises, système que nous ne partageons avec aucun autre pays, et les grandes universités internationales menées par les légendaires MIT, Harvard ou autres Stanford ?



Mardi dernier 23 septembre avait lieu une rencontre entre la délégation ParisTech de passage en Chine et les élèves envoyés en Chine dans le programme d’échange ParisTech. Le but du passage en Chine de ces représentants de ParisTech ne se résumait pas à simplement discuter de la future appellation des étudiantes de ParisTech. Ils sont présents en Chine pour réchauffer l’ancienne idée de fonder une école d’ingénieur à Shanghai dépendant de l’institution ParisTech en partenariat avec l’université de Tongji.


Ce projet n’est pas le premier dans son genre, vous avez certainement déjà entendu parler de Centrale Pékin. Installé dans le campus de BeiHang (北京航空航天), équivalent de notre Supaéro Française, dans le quartier universitaire de Pékin, elle propose une formation d’ingénieur, à la Française. Du point du vue d’un élève Chinois, Centrale Pékin est dénommé 北航中法工程学院, littéralement l’école d’ingénieur franco-chinoise de Beihang. Il s’agit donc d’un institut de Beihang au même titre que les 26 autres. Enfin, pas tout à fait identique aux autres : il faut être dans les meilleurs aux examens d’entrée de l’université de Beihang pour être autorisé à entrer dans cette nouvelle école Centrale Franco-Chinoise.

Université de Beihang

Ne nous laissons pas tromper par l’appellation Centrale Pékin : cet institut n’est pas exactement comparable aux différentes écoles Françaises du groupe Centrale. Il n’était pas envisageable de créer simplement une réplique de Centrale Paris à Pékin, le cursus devait être adapté à la formation des étudiants chinois. Leur formation commence donc par 3 années de « base » : l’apprentissage du Français en 1ère année puis classe préparatoire intégrée en 2 et 3ème année. Cette année, la première promotion de Centrale Pékin vient d’attaquer le cursus école d’ingénieur. J’ai candidaté pour aider les étudiants Chinois en seconde année à s’exercer en Français. Ce devrait être plus amusant que des colles de physique…

Rentrée de la première promotion de Centrale Pékin, promo 2005 bien sur!

La nécessité d’adapter la grande école à la Française au cursus chinois, en y ajoutant la prépa intégrée, fut un réel frein au développement du projet de l’école de Shanghai selon Yves Cousquer, chef de la délégation ParisTech, car la prépa intégrée ne fait pas partie des compétences d’excellence des écoles de Paris Tech. Alors pourquoi Centrale a accueilli ses premiers élèves Chinois il y a déjà 3 ans ? Parce que le groupe Centrale a une cohérence, une homogénéité, que le groupe ParisTech n’a pas. ParisTech n’est encore qu’une fédération d’écoles qui se respectent, elle ne forme pas encore un tout. La formation d’un groupe homogène est malgré tout en marche, notamment avec le projet « plateau de Saclay » qui répond au plan campus, et vise à rassembler toutes les écoles de ParisTech, et plus encore, sur le plateau de Saclay.

Université de Tongji

Si Tongji (同济大学), l’université partenaire de ParisTech, a fait la demande claire d’une école d’ingénieur à la Française, quel intérêt ParisTech a-t-elle à fonder cette école à Shanghai ? Commençons par jeter un coup d’œil à ce très bon Article du Figaro. Je cite: « Si les universités locales sont « très bonnes en technique, la France apporte quelque chose en termes de management, de prise de décision, de créativité ou de communication »

Des ingénieurs chinois de haute formation, ayant des compétences comparables à celles des ingénieurs français et surtout sachant s’exprimer en Français, seront formés dans cette nouvelle école de Paris Tech. Cette formation répond donc au besoin des entreprises Françaises présentes en Chine, «très friandes de ces recrues à la double compétence culturelle. »

Du point du vue de l’école en elle-même, c’est aussi l’occasion de briller à l’international en continuant à recruter les meilleurs élèves, venant cette fois du monde entier. Les meilleurs étudiants de Centrale Pékin pourront partir à Centrale Paris, il en sera de même avec l’école de ParisTech.



Revenons sur le chef de la délégation ParisTech : Yves Gousquer. Voyez-ici son CV détaillé. Une carrière visiblement consacrée à l’administration, à l’équipement, aux transports et aux énergies, pourquoi donc diriger un projet d’école de ParisTech en Chine ?

A table avec Yves Cousquer

La réponse est dans le développement durable. Le ministre chinois actuellement responsable de ce développement durable en Chine, un ancien de la génération 77 (réouverture des universités après la révolution culturelle), fut précédemment président de l’université de Tongji, celle avec laquelle ParisTech noue des liens de plus en plus serrés. Une des raisons principales de la fondation de cette nouvelle école est en fait la volonté de former des experts du développement durable, des experts qui ne soient pas simplement Français, ou Chinois, mais internationaux. Des mesures environnementales à l’échelle d’un pays ne sauraient être suffisantes (竹篮打水一场空 pour les adeptes d’expressions chinoises). Les Chinois se démarquent enfin ici de leur symbole de réussite, les Etats-Unis. En prenant la France comme partenaire principal, ils s’attachent les services d’un pays leader dans le domaine du développement durable, et le partenariat existe déjà : des projets d’urbanisme écolos divers ont été lancés des communes de tailles très variées, la plus grande n’étant autre que la grande Nankin…


Un dernier mot pour la route : Pourquoi le développement de ParisTech se fait sous les meilleurs auspices ? Simplement parce que ParisTech forme des élèves qui partiront ensuite dans les corps de l’état. Dans un pays comme la Chine aussi structuré par le Parti, c’est important…