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vendredi 12 octobre 2012

百家姓: Petit Jeu

Ci dessous un tableau de 100 noms de famille, peut-être les noms de famille les plus courants à Taiwan. Un petit nombre en comparaison du 百家姓, poème chinois composé de plus de 400 noms de familles chinois. Mais saurez vous trouver les paires de caractère qui se prononcent de façon identique? - Les tons sont évidemment à prendre en compte.


mardi 9 octobre 2012

Sexy Mandarin

Learn Chinese in an unconventional way!

Extrait du Monde.fr, 14 aout 2012

mardi 7 juin 2011

Bear-Cat or Cat-Bear ?

I've been asked yesterday what made a Taiwanese different from a Mainland Chinese. 

I would say... A different philosophy of life.

When a Chinese sees a panda, he calls it a 熊貓 = Bear-Cat. The Taiwanese? 貓熊 = Cat-Bear 


Hence the misunderstandings I have with my colleagues. Each time I say “我要打車過去”, they ask me: “搭什麽車”?Though differences in vocabulary may appear in all kind of fields and registers, they seem to be the most frequent in modern and technical fields. A good example are the computer-related words: Software, Hardware, Printer, Notebook Computer, Default Settings, Mouse, etc. All different!

The article shows that only 2% of the Chinese speakers use traditional characters. What is not mentioned is that most of the well-educated mainland Chinese can also read the traditional characters. Traditional characters are also widely used in Mainland China on street or shops signs: It looks upper-class. It is also the language of the KTV... On the other hand, Taiwanese people look at simplified characters with disdain.

I laughed when I read in the article that Taiwanese people wonder "how the simplified word for love can be missing the character for heart, and the word for noodle the character for wheat.". I laughed because there seems to be a consensus in Taiwan to use these only two examples when arguing that simplified characters lost their meaning in the simplification process!


But let's come back to the heart of the problem: should panda be called bear-cat or cat-bear? After discussion with a few locals here a few days ago, we finally agreed that a panda looked a lot more like a bear than like a cat. Point for Taiwan.
 

Nevertheless, we then realized that pandas and cats had so little in common that 貓熊 was still a really inappropriate name for pandas. We thought 黑白熊 (Black and White Bear) would be a lot better. We’ll make a proposition for this!

lundi 14 février 2011

Des moines et du porridge

Voici une sélection de chengyus, proverbes et autres expressions idiomatiques particulièrement amusantes, intéressantes ou originales... Enjoy!

杀鸡取卵 : Tuer la poule pour récupérer ses œufs. No matter si cela a commencé avec la poule ou l'oeuf, en mangeant les œufs et tuant la poule, le cycle s’arrête -> Faire quelque chose de stupide

车到山前必有路 : Si une montagne se dresse devant vous, continuez dans sa direction, vous finirez bien par trouver un chemin qui la traverse. Une façon amusante de dire que les problèmes se résolvent très bien d’eux même. 

鱼死网破 : Les poissons sont morts et le filet est troué. Avec des trous dans le filet, le pécheur a bien du mal à pécher du poisson. Et de toute manière, même sans trous, il ne pêcherait que des poissons morts. Bref, une vie de combat. Décrit pas mal les générations qui ont vécu en Chine entre les années 40 et 80.

水涨船高 : Quand la mer monte, le bateau aussi. Une jolie petite image pour signifier que l’on en profite tous quand la situation générale s’améliore. Mais à l’inverse, imaginez-vous le bateau flotter 10 mètres au dessus de l’eau ? 

崇洋媚外 : Un Chengyu pour résumer l’adoration qu’avaient certaines personnes pour tout ce qui venait de l’occident au XIXème siècle, quand les marchands occidentaux venaient vendre les nouveaux joujous technologiques en Chine. On l’utilise aujourd’hui pour parler de cette vénération du blanc !

僧多粥少 : J’adore celui-ci : Beaucoup de moines, mais peu de porridge. Il n’y en aura pas pour tout le monde !!! C’est souvent le cas en Chine…

高不成低不就 : Les meilleures ne vous veulent pas, mais vous refusez les moins attractives. S’applique aussi bien aux femmes qu’aux entreprises. Idem pour 骑驴找马 : Monter l’âne pour partir à la recherche du cheval!

samedi 22 janvier 2011

Vous rêvez de parler à la Taïwanaise ?

En novembre dernier je passais une semaine à Taipei. Je découvrais en discutant avec les locaux que les différences entre leur mandarin et celui de Pékin étaient beaucoup plus importantes que ce que j’avais réalisé jusque là. J’ai essayé de recenser quelques unes de ces différences et les ai classé en trois catégories : lexique, prononciation et prosodie.
  • 1) Lexique
Les différences lexicales sont déjà bien présentes dans la langue courante, et sont encore plus flagrantes dans le vocabulaire technique. Ci-dessous quelques exemples issues de la langue courante :


Chine TaïwanFrance
中国 大陸 Chine
Continentale
普通话 國語 Mandarin
自行车 腳踏車Vélo
出租车 計程車 Taxi
公交车 公車 Bus
地铁 捷運 Métro
热闹 Bruyant
可以 ça marche
挺好的 蠻好的 Super
没事儿 沒有關係 Pas de problème
不谢 不會 De rien
发短信 傳簡訊 Envoyer un SMS
邮箱 信箱 Boite mail
屏幕 螢幕 Ecran
信息 資訊 Information
程序 程式 Programme
软件 ,硬件 軟體,硬體 Software, Hardware
厘米 公分 cm
公尺 m
百分之 %
太过分 太誇張 Exagéré
土豆 馬鈴薯 Pomme de terre
取钱 領錢 Retirer des sous
Merde
空调 冷氣 AC
质量 品質 Qualité

  • 2) Prononciation
Le erhua est à proscrire absolument ! Il n’est jamais présent. De plus les r et autres rétroflexes se font sans courber la langue vers le fond de la gorge, en allant simplement toucher le pont alvéolaire avec la pointe de sa langue.

Les G en fin de mot sont souvent oubliés. Éviter de parler de 高信誉. 

Les E et N sont bien séparés dans les syllabes en –eng. C'est pertinent avec la remarque du dessus. 

Et puis les h sont très très légers, c’est la marque du Sud ! Ne croyez tout de même pas qu’il suffit de les oublier, vous sonneriez Singapourien, pas Taïwanais ;)
  • 3) Prosodie
Rythme : Prenez votre temps, les taïwanais parlent plus doucement que les pékinois. J’ai aussi remarqué un ralentissement sur les derniers mots de certaines phrases.

Contractions : Mais ils font parfois des contractions : 这样 peut se contracter en jiang4 à l’oral, par exemple. Le u dans 不然 peut être omis. Le ch en début de cheng dans 計程車 est avalé. Etc. 

Tons : Les accents neutres de fin de mots dans le mandarin de pékin sont souvent prononcés avec un ton long à Taiwan. Ex : 頭髮. Pas mal de tons sont aussi prononcés différemment de ce coté du détroit : 法4ème ton, 亞3ème ton, 質 3ème ton, etc. Certains tons sont aussi modifiés par les jeunes. Pour faire jeun’s ! 

Les sons de fin de phrase (尾音) : Très employés par les Taïwanais, à forte consonance de 喔,啦,耶, qui viennent s’ajouter et remplacer les traditionnels 啊 et 呀. On entend aussi des 喽, mais pas encore entendu de 呗.

mardi 5 octobre 2010

Ecrire un email comme une vraie petite chinoise

Je vais me moquer (un peu) d’une jeune fille aujourd’hui, j’espère qu’elle ne m’en voudra pas…

Je replace la situation dans son contexte. Une liste des membres du Chinese corner vient de circuler dans nos boites mails pour que l’on mette à jour nos coordonnées personnelles.

Découvrant qu’une jeune chinoise nouvelle recrue encore jamais rencontrée avait la même d’anniversaire, j’envoie gaiement le message suivant sur la liste de diffusion :

« 哈哈哈,我跟杨心韵同日生日!!!!! »

Ce qui en Français donne: « Ha ha ha, j’ai la même date d’anniversaire avec Yang Xinyun point d’exclamation point d’exclamation point d’exclamation point d’exclamation point d’exclamation »

Je reçois moins de deux heures après le message suivant :

哇哈哈哈哈真的是耶~~~
好兴奋哦~~撒花~~~
C'est le destin. En quelle année est votre anniversaire? Je suis né en 1991.
圣宏宇小朋友肯定比我老~\(≧▽≦)/~啦啦啦~O(∩_∩)O哈哈~


Google Translate donne ça :

« Vraiment wow ha ha ha ha ouais ~ ~ ~
Oh, si excité Sahua ~ ~ ~ ~ ~
C'Est le destin. En Quelle Année CEST Votre anniversaire? Je suis né en 1991.
San enfants Hongyu plus âgé que moi ~ \ (≧ ▽ ≦) / ~ la la la ~ O (∩ _ ∩) O ~ 哈哈 »


Nous remarquerons que google translate a retraduit la partie en Français, et a eu un peu de mal à faire la différence entre les onomatopées et les smileys sur la fin du message.


Je reprends maintenant le message original en enlevant la partie en Français et en mettant en rouge les  smileys, les onomatopées et les signes graphiques:

哇哈哈哈哈真的是耶~~~
好兴奋哦~~撒花~~~
圣宏宇小朋友肯定比我老~\(≧▽≦)/~啦啦啦~O(∩_∩)O哈哈~

Ça fait quand même 37 sur 59 ! Belle série finale d'ailleurs.
Supprimons le texte, ce n’est finalement pas le plus intéressant :

哇哈哈哈哈耶~~~
哦~~ ~~~
~\(≧▽≦)/~啦啦啦~O(∩_∩)O哈哈~

D’abord bravo pour les smileys : O(∩_∩)O en 7 signes graphiques et ~\(≧▽≦)/~ en 9 ! 

Ensuite grandiose sur les petites vagues ~, signe graphique que l’on met à la fin des phrases à la place de la ponctuation pour faire moins "brutal", avec un total de 12 dans le message! ~~~~~~~~~~~~

Enfin les onomatopés et sons de fin de phrase : Wahahahaha…Ye… Oh… lalala…haha… Elle devait sacrément bien s’amuser la petite quand elle m’écrivait cet email !

jeudi 13 mai 2010

Jeu des 7 erreurs

Le petit Li s'est trompé en recopiant ses caractères, saurez-vous l'aider à retrouver ses erreurs?

夭备究贫秦浩拨

天奋穷贪奏洁拔

mardi 11 mai 2010

Les retroflexes en Chinois

Continuons aujourd’hui notre série sur la prononciation du chinois, un sujet étonnamment difficile. Dans le premier article nous avons longuement parlé des tons. Le ton, c’est la musique avec laquelle une voyelle est exprimée : sa durée, sa hauteur, ses variations de hauteur. Or en Chinois, à l’exception des voyelles e et i, les voyelles sont toujours précédées d’une consonne dans une syllabe. Avant d’apprendre à articuler les voyelles avec leurs tons, il aurait été logique de commencer par les consonnes. Nous avons donc commencé par la fin. Nous avons néanmoins déjà fait la moitié du chemin entre les voyelles et les consonnes dans le deuxième article, où nous avons discuté de l’importance du soufflement d’air qui retarde l’arrivée de la voyelle dans le cas des consonnes aspirées. Aujourd’hui nous nous intéresserons aux consonnes du Chinois. Pas à toutes, celait serait bien trop, mais à un groupement particulier de consonnes, que l’on appelle les consonnes rétroflexes, à savoir zh, ch, sh, r.

Consonne rétroflexe se dit 舌尖后音 en Chinois : son arrière de la pointe de la langue. Cela désigne une consonne articulée avec la pointe de la langue pointée vers l’arrière de la bouche. Jusqu'à aujourd'hui j’avais  toujours pensé que seul le r, consonne que je n’ai jamais réussi à articuler, était une consonne rétroflexe. De plus le r, c’est erhua, c’est l’accent pékinois, c’est la patate chaude dans la bouche. C’est tout l’inverse de l’accent du sud, léger, raffiné et musical. Je n’ai donc jamais vraiment fait l’effort de le prononcer correctement, et ai rapidement abandonné après quelques tentatives couronnés d’échec. Hier on s’est moqué de ma façon de dire 中国. Zhongguo, un des mots les plus basiques, que je pensais honnêtement articuler correctement. En comparant avec la bonne prononciation, j’ai senti une lourdeur dans ma prononciation, mais pas de différence radicale. En farfouillant un peu sur internet, j’ai trouvé sur Sinoplice l’origine de ma prononciation incorrecte : la position de ma langue. Je positionnais le plat de ma langue sur la bosse entre la gencive et le palais, alors que le zh de zhongguo doit être articulé avec la langue incurvé vers l’arrière, et la pointe de la langue appuyant sur le palais. 



La pointe de la langue appuyant sur le palais ? Une configuration bien originale pour articuler une consonne, inexistante dans les langues françaises comme anglaises, et donc toute nouvelle pour moi. Ce fut aujourd’hui une découverte comparable à la découverte de la position de la langue entre les dents lors de l’articulation des th en anglais. Malheureusement pour moi, cette découverte arrive bien tard, et ma prononciation incorrecte est maintenant bien ancrée. Il faut que je « retraite » l’ensemble de mon chinois pour réapprendre à articuler tous les zh avec la langue incurvée vers l’arrière et la pointe appuyant sur le palais. 中,这,重,猪,etc, des mots en zh des plus basiques aux plus compliqués, il va tous falloir réapprendre à les articuler. 

Mais ce n’est pas tout ! J’ai découvert que non seulement zh devait être prononcé comme ceci, mais aussi ch, sh, et r. Pas étonnant pour ch, car c’est la version aspirée de zh. J’arrive relativement bien à le prononcer avec la langue dans la bonne configuration : 茶,吃,etc. C’est plus difficile avec sh et r. J’arrive péniblement à les articuler dans cette nouvelle configuration. J’arrive bien a toucher mon palais avec la pointe de la langue, mais je ne parviens pas à conserver la position recourbée de la langue. Les chinois m’ont pourtant confirmé qu’elle devient bien l’être, même dans sh : 是,说,etc. Bref, je me suis lancé aujourd’hui dans un long réapprentissage du parler chinois… 

En conclusion, relativisons l’importance à accorder aux consonnes rétroflexes. En les prononçant mal, avec une position de la langue incorrecte, par exemple en la laissant inerte au milieu de la bouche, le son que l’on articule ne sonne pas chinois, mais est compris. Il n’est pas confondu avec un deuxième son porteur d’un sens différent, comme c’est le cas pour les tons, ou les consonnes aspirées. L’articulation correcte des consonnes rétroflexes, c’est déjà chercher le luxe. C’est essayer de tenir plus que 2 ou 3 syllabes au téléphone avant que l’interlocuteur ne découvre votre origine étrangère. C’est aussi parler avec plus de légèreté, plus de raffinements. Tout ce que l'on attend d'un Français, non?

mardi 4 mai 2010

Les consonnes aspirées en Chinois

Consonne aspirée, un terme bien étrange en Français. Avez-vous déjà essayé de prononcer une consonne tout en aspirant de l’air ? C’est bien difficile. Nous devrions plutôt parler de consonnes expirées, ou soufflées. Il s’agit de consonnes qui sont articulées avec un soufflement d’air qui vient retarder les voyelles qui les suivent. En Français, il n’y en a pas, et nous sommes donc particulièrement maladroits à cet égard dans les langues étrangères riches en consonnes aspirées. L’anglais comporte déjà des consonnes aspirées. L’exemple classique est pen. Le p doit être articulé avec un soufflement d’air, et le en arrive avec un léger retard par rapport au p. Comparez avec le peine français, vous constaterez tout de suite le retard dans l’émission de la voyelle. On dit que l’explosion du son est différée.

Oublier l’aspiration en Anglais, les anglophones trouveront ça bizarre, très français, mais vous comprendront généralement toujours aussi bien. Faites la même chose en Chinois, et les chinois vous regarderont avec des yeux ronds, vous feront répéter 5 fois, et si vous avez de la chance, comprendront finalement ce que vous vous vouliez dire, et répéterons la syllabe cette fois avec l’expiration. Vous aurez cependant l’impression que c’est exactement ce que vous aviez dit. Car encore une fois, comme pour les tons, si nous ne prononçons pas correctement les consonnes aspirées, c’est parce que nous ne les entendons pas. Et si prononcer une consonne aspirée sans l’aspiration est bien plus grave en chinois qu’en anglais, c’est qu’en chinois, à chaque consonne aspirée correspond son équivalent non aspirée : (b, p), (d, t), (g, k), (j, q), (z, c), (zh, ch).

Pour savoir si vous prononcez correctement la consonne aspirée, placez une feuille de papier devant votre bouche, ou même simplement votre main. Si la feuille de papier bouge, ou si vous sentez un souffle franc sur votre main, vous avez correctement aspiré la consonne. 

Pour finir une illustration assez flagrante de notre inaptitude aux consonnes aspirées. Ci-dessous un petit diagramme décrivant d’abord la force du souffle standard correspondant à l’articulation des consonnes j et q, toutes deux inexistantes en français. j doit être prononcer sans souffle, avec la voyelle arrivant sans retard par rapport à l’articulation de la consonne, q est son équivalent expirée. J’ai tendance à prononcer mon j avec un petit souffle d’air, très léger. Les Français m’écoutant pensent qu’il doit s’agir d’un q. J’ai aussi tendance à prononcer mes q sans accentuer suffisamment l’aspiration, et les chinois/anglophones pensent qu’il s’agit d’un j. Question de standard. En France nous ne sommes pas habitués aux consonnes expirées, le moindre souffle sera interprétée comme une réelle aspiration, en Chine la consonne expirée est franche, si elle sonne faible, elle sera négligée.


mardi 27 avril 2010

Sympatiques Caractères

Moins de 3 semaines avant mes prochaines vacances. D’ici là encore un peu de temps pour engranger toujours plus de nouveaux caractères. Petite sélection des caractères les plus indiscernables sur les téléphones portables :

: gēng, 19 traits. Désigne une sorte de ragout. Il était présent sur toutes les cartes du Fujian.

: xīn, 20 traits. Utilisé dans 温馨提示 : Avertissement amical, c’est l’en-tête de tous les messages d’information que l’on trouve placardé en chine.

: zuàn, 23 traits. Serrer fortement dans son poing. On peut essayer de le décomposer en 2 mots : 紧握 : 10+12 = 22 traits. Bon, on a gagné un trait, c’est déjà ça :)

: lín, 23 traits. Associé à 麒 , 19 traits aussi, pour former 麒麟, un animal mythologique chinois ressemblant à notre licorne. Avec 42 traits, il fait sacrément peur!

: náng, 25 traits. C’est le nom du pain Ouighour dont on raffole au restaurant. 

Et le vainqueur de la soirée :

: cuàn, 29 traits. Littéralement cuire avec le feu. En pratique est utilisé dans le nom d’un village Ming touristique en banlieue de Pékin : 爨底下. Le gouvernement l’a rebaptisé 川底下. Les villageois mécontents de perdre pas moins de 26 traits dans le rebapteme ont tenu tête et ont fait de ce caractère 爨 l’emblème de leur village. Aujourd’hui ils vendent des t-shirt avec comme inscription la « recette » pour se souvenir de ce caractère.

vendredi 23 avril 2010

Les tons en chinois

Zhang Yaoli me disait encore au labo cette semaine que selon lui la difficulté quasi insurmontable dans l’apprentissage du chinois est la parfaite maitrise des tons. Selon lui, il n’existe qu’un seul étranger en Chine capable de s’exprimer en Mandarin avec des tons et une prosodie qui ne trahissent pas son origine étrangère, la star Da shan (大山)

Les tons, en termes techniques, c’est utiliser la modulation de hauteur du son pour exprimer du sens. En plus clair, c’est exprimer du sens en mettant son langage en musique. Pour un étranger en Chine, il faut donc apprendre à comprendre une partition. Voici quelques clés.


1) Syllabes isolées

Rappelons qu’en mandarin standard, la prononciation d’une syllabe isolée intègre un aspect musical que l’on appelle le ton de la syllabe. La lecture d’une syllabe écrite en pinyin récapitule l’ensemble de l’information nécessaire à la prononciation de cette syllabe isolée. Par exemple dans běi, le groupement bei correspond à l’aspect phonétique de la prononciation, l’accent en forme de V sur le e indique le ton. 

En mandarin standard il existe 4 tons standards pour les syllabes isolées. Chacun de ces tons correspond à un motif musical que l’on peut représenter sur une portée simplifiée :


  • Le 1er ton (阴平) représenté ici en vert est un ton plat et aigu, sans variations de la hauteur du son.
  • Le 2ème ton (上声) représenté ici par la flèche bleue du haut est un ton montant, démarrant à hauteur intermédiaire, et finissant dans les aigus.
  • Le 3ème ton (阳平) représenté par la seconde flèche bleue ressemble à un 2ème ton qu’on aurait cherché à emmener vers le bas en début de son, avant qu’il ne se libère et cherche à rattraper son retard vers les aigues en fin de son. Pour le prononcer il faut commencer par aller chercher les sons les plus graves au fond de la gorge, puis remonter comme un élastique vers les aigus.
  • Le 4ème ton (去声) est une longue descente des sons les plus aigus vers les sons les plus graves.

La hauteur absolue à laquelle est prononcé un ton n’est pas importante, mais les hauteurs relatives le sont. Ainsi le 4ème ton descendant démarre plus haut que le 1er ton, et doit descendre aussi bas que le 3ème ton dans sa partie grave.

Une notation chinoise de la mélodie des tons est souvent effectuée à l’aide des chiffres de 1 à 5. Chacun de ces chiffres correspond à une hauteur de son, 1 est le son le plus grave, 5 le plus aigu. Le premier ton est ainsi noté 44, le deuxième 35, le troisième 214 et le quatrième 51.

A cela il faut rajouter une variation de volume, à peu près identique sur les 4 tons : un rapide crescendo suivi d’un lent decrescendo.

Le site suivant propose une prononciation de toutes les syllabes phonétiques chinoises, avec leurs tons.


2) Liaisons entre deux syllabes

La prononciation des syllabes isolées avec leur ton permet de lire correctement les caractères chinois pris individuellement. Mais dès lors que l’on cherche à prononcer des mots, et non plus seulement des caractères monosyllabiques, il va falloir apprendre à faire la liaison au niveau tonal entre deux syllabes.

Gardons en tête que le ton est l’aspect mélodique de la prononciation des syllabes chinoises. Ils sont définis de façon stricte et unique au niveau des syllabes isolées, mais des variations apparaissent lorsque l’on lie deux syllabes entre elles pour améliorer la fluidité de l’élocution. 

Trois grands types de variations existent.


Le premier type de variations correspond à la difficulté d’enchainer deux « vagues mélodiques » à la suite. Par vague j’entends une descente vers les graves suivie d’une remontée vers les aigus dans un temps unité correspondant à l’articulation d’une syllabe. Ainsi l’enchainement de deux 3ème tons modifie les tons (2 vagues en deux syllabes), l’enchainement d’un 3ème et d’un 2ème ton aussi (2 vagues en deux syllabes), mais pas l’enchainement d’un 4ème et d’un 2ème ton (1 vague en 2 syllabes).

L’enchainement de deux 3ème tons à l’origine décrit par 214-214 devient un 35-214. On dit communément qu’un 3ème ton précédent à un autre 3ème ton devient un 2ème ton. Ex : 法语,美女 ,可以. 

L’enchainement du 3ème et du 2ème ton est aussi modifié, car le 2ème ton est censé démarrer plus bas que le 3ème ton ne finit, ce qui impliquerait une 2ème vague dans l’enchainement des 2 syllabes. Le motif 214-35 est donc transformé en 212-25. Ex : 语言,法国. 



Le 3ème ton est ici tronqué dans sa remonté vers les aigus. Cette existe en fait aussi lorsque le 3ème ton est suivi d’un 1er ou d’un 4ème ton. Le 3ème ton pur n’est donc jamais prononcé dans sa totalité dès lors qu’il est suivi d’une autre syllabe !



Le second type de variations concerne les liaisons avec les 4ème ton. Le 4ème ton est le ton fort du mandarin. C’est le seul ton à explorer l’ensemble de la portée, du plus aigu vers le plus grave. Il est sec, il se différencie nettement des autres, et nous verrons un peu plus tard qu’il rythme la phrase. L’enchainement de deux 4ème tons est lent et oblige à un ralentissement du rythme. Les modifications inhérentes à la liaison avec le 4ème ton seront donc généralement rejetées au problème de la prononciation de la phrase. Certaines modifications apparaissent néanmoins déjà au niveau des mots individuels :

Les variations les plus communes sont celles de 一 ou 不 . 一 (yì dès qu’il ne désigne plus le chiffre 1) et 不 (bù) sont normalement prononcés avec des 4èmes tons, mais cela change lorsqu’ils sont suivis d’un second 4ème ton. Il faut donc alors les prononcer comme des 2èmes tons. Ex : 不对,不会,一定,一个.

Lorsque qu'un quatrième ton apparait en première position dans un groupement de 2 caractères, il sera souvent atrophié, "neutralisé", en un ton bref et sans variations de hauteur. Le meilleur exemple est 第, caractère qui annonce un adjectif ordinal, et apparait donc toujours suivi d'un nombre. 第 est censé être un 4ème ton, mais en écoutant les chinois parler, il est impossible de distinguer ce quatrième ton: il est atrophié. 第一 devient un di continu, 第二 est exprimé avec un di bref en haut de portée, suivi du 二 descendant. Autre exemple: 部队

Les premiers tons dont la hauteur est légèrement inférieure à la haute d’où part le quatrième ton sont légèrement rehaussés pour éviter une montée du son avant la descente du 4ème ton. Ainsi le 家 dans 家电 est prononcé plus aigu, et le son est fluide au passage du 1er vers le 4ème ton. 


Le rehaussement du 1er temps vers les aigus existe en fait aussi lorsqu’il est suivi d’un 3ème, d’un 2ème ton ou d’un ton neutre. C’est pourquoi les diagrammes de tons sont généralement donnés avec un 1er ton en 55. Il existe pourtant indéniablement une différence de hauteur entre un 1er ton prononcé individuellement, et un 1er ton suivi d’une deuxième syllabe.



Le troisième type de transformation est l’apparition des tons léger (轻声) dans la deuxième syllabe. En Français on parle généralement de ton neutre, ou de 5ème ton. L'appellation est trompeuse car en fonction du ton long précédent le long léger, la hauteur de celui-ci ne sera pas identique.On considèrera qu'il existe deux tons tons légers, tous deux prononcés tels des note piquées, courtes et légères, sans variation de hauteur.

Le premier ton léger suit un 1er, 2ème ou 3ème ton. Sa hauteur est intermédiaire, on le notera par 3’. Après un 1er et un 2ème ton, il sonne plus bas que la hauteur finale du ton qui le précède, mais après un 3ème (tronqué) , il sonne plus haut que la hauteur finale du ton qui le précéde.

Le second ton léger suit un 4ème ton. Sa hauteur est basse, au niveau de la hauteur finale du 4ème ton. On le notera 1'.

  • Après un 1er ton : 东西,桌子 55-3’
  • Après un 2ème ton : 头发, 便宜 35-3’
  • Après un 3ème ton : 好了 212-3’
  • Après un 4ème ton : 凳子,似的,豆腐 51-1’





3) Transformation des tons dans la phrase

La phrase. Si la prononciation des syllabes isolées ou des groupements de deux syllabes permet d’exprimer des caractères et des mots isolés, l’aspect pratique de la communication repose dans la phrase, et il faut apprendre à adapter la musicalité des caractères et mots pris individuellement à la phrase chinoise. Si le ton désigne le motif musical de la syllabe, la prosodie désigne la musicalité de la phrase dans son ensemble. 

Plusieurs types d’élocution existent en Chinois. Si la lecture de poèmes chinois doit se faire avec un respect très strict des tons des syllabes et mots individuels, ce n’est pas le cas dans l’expression en langue courante. Des variations importantes apparaissent dans les tons dès lors que l’on lie les mots entre eux dans une phrase, et que l’on accélère le rythme. L’unité musicale n’est plus le caractère ou le mot, mais la proposition, ou le groupement que l’on prononce sans respiration. 

Aurélien a magnifiquement identifié la transformation des tons individuels lorsqu’ils s’intègrent à la phrase. Les trois premiers tons longs deviennent des tons brefs, sans variations de hauteur. Le premier ton est placé en milieu-haut de la portée, en position 3-4, et les 2ème et 3ème tons sont placés en bas de la portée, en position 2. Seul le quatrième ton reste un ton long, et s’exprime dans sa globalité. Le 4ème ton rythme la phrase de ses claquements réguliers. En exagérant un tout petit peu, on peut même essayer de prononcer à la même hauteur les 3 tons brefs, et n’articuler que les 4èmes tons. Certains sinisants ont d’ailleurs bien compris cela et n’apprennent que les 4èmes tons. Un frein malgré tout à cela : le dernier, ou les deux dernières syllabes de la proposition doivent être correctement prononcées, avec leur juste ton long…

Un exemple : 我可以讲法语. Que des 3ème tons. On apprend généralement que les 5 premiers 3ème tons doivent devenir des 2ème tons, par transitivité de la règle de transformation de 3ème ton lorsqu’il précède un autre 3ème ton. La réalité de la chose, c’est que seul le 法 devient un 2ème ton, et les 4 premières syllabes se prononcent toutes sans variations de hauteur, avec des tons brefs. Essayez un peu…

Une nuance à propos du 4ème ton : quand plusieurs 4ème tons sont enchainés dans une même proposition, seul le dernier d’entre eux est réellement appuyé, les autres deviennent des tons neutres, placés tout en haut de la portée. Par exemple 部队, qui doit être prononcé avec deux 4èmes tons très distincts 51-51 lorsqu’il est prononcé individuellement, doit être prononcé 5’-51 dans la phrase. 



Voilà, beaucoup d'analyse aujourd'hui de la "structure musicale" du mandarin oral.  Le but de cette compréhension selon moi est d'arriver à passer à une écoute active du "parlé musical" des chinois, et ainsi  pouvoir mieux s'ouvrir à cette langue tonale. Il ressort en effet que les étrangers qui maitrisent les mieux les tons du chinois sont souvent les mêmes qui ont appris à écouter la musique...

lundi 5 avril 2010

Un peu de grammaire chinoise

La grammaire chinoise est d’une simplicité enfantine. C’est bien connu. Enfin, cette idée fausse est bien connue. Idée fausse globalement répandue par tous les petits rigolos qui se sont contentés d’un apprentissage des plus basiques du chinois. 

Il est vrai que dans sa structure de base le chinois est très direct, et ne s’embête pas avec des problèmes de conjugaisons, de genres, de déclinaisons, d’accords. Les Chinois ont eu la bonne idée d’adopter des natures de mots qui s’identifient quasiment aux nôtres : noms, verbes, adjectifs, adverbes, et particules à la con. Et tant que l’on se limite à l’emploi des deux premiers susnommés, la structure de la phrase est simple comme bonjour : Sujet-Verbe-Complément. Je mange du riz devient 我吃米饭 = Je Manger Riz. 

On entend souvent comme idée fausse que l’emploi des classificateurs est une difficulté principale du chinois. C’est très faux. Un classificateur, c’est quelque chose de simple à comprendre. Nous en utilisons d’ailleurs en Français, mais seulement dans le cas des noms indénombrables : une baguette de pain, une tranche de saucisson. Baguette et tranche sont interprétées dans une logique grammaticale chinoise comme une nouvelle classe grammaticale, celle des classificateurs. En Chinois, les noms dénombrables possèdent aussi leur(s) classificateur(s). Un éventail par exemple se dit 一把扇子. 

La difficulté inhérente aux classificateurs, c’est qu’il faut savoir lequel utiliser avec tel nom, et ce afin de ne pas avoir l’air ridicule en demandant une baguette de saucisson ou un carré de pain. Difficulté minime en réalité, puisque d’une part dans le sens de la compréhension, l’information apportée par le classificateur est secondaire, et dans le sens de l’expression, au moins à l’oral, il existe un classificateur passe-partout (个) qui peut s’appliquer dans presque toutes les circonstances. 

A l’écrit en revanche on se doit de s’exprimer avec des classificateurs appropriés. L’apprentissage des classificateurs peut paraitre difficile, mais c’est en réalité une tâche bien mince en comparaison de celle de l’apprentissage des tons et de l’écriture du caractère. Etant donné que la majorité des étrangers occidentaux apprenant le chinois n’apprennent ni les tons, ni l’écriture des caractères, il ne reste plus que le problème des classificateurs, et c’est sans doute la raison de toute l’histoire que l’on fait autour d’eux. 

Je rajouterai enfin à propos des classificateurs que leur apprentissage est rendu relativement aisé par une certaine logique dans leur choix. De même que l’on utilise le mot tranche pour qualifier des objets d’ont l’épaisseur est faible par rapport aux autres dimensions (une tranche de pain, une tranche de viande, une tranche de saucisson, une tranche de vie, une tranche de société), on utilisera en chinois un même classificateur pour les noms ayant en commun une caractéristique essentielle. Ainsi les objets dont la particularité première est d’être tenus à la main sont précédés du classificateur 把 : 一把扇子,一把伞, 一把钱 : un éventail, un parapluie, une petite somme d’argent. 

Nous pouvons donc complexifier un petit peu notre phrase de départ en la transformant en « Je mange un bol de riz » : 我吃一碗米饭 = Je manger un bol riz. Riz étant indénombrable, cherchons un deuxième exemple avec un nom dénombrable, et rajoutons un verbe auxiliaire, verbe qui va permettre d’exprimer le désir ou la capacité : 我要买三件衬衫, je veux acheter trois chemises = Je vouloir acheter trois (classificateur des vêtements) chemises. Le nom chemise est bien précédé de son classificateur: 件

Cependant dans certaines situations nous rencontrons des noms qui sont employés sans classificateurs. Parfois parce qu’on peut les oublier, comme dans 我是法国人 = Je suis français, comme simplification de la phrase 我是一个法国人 = Je suis un français. Parfois parce qu’ils font parti d’une classe particulière, les 动宾搭配 = Locutions verbe-objet. Par exemple 建设社会,学习汉语,提高效率 : Construire une société, appendre le chinois, améliorer l’efficacité.

Je viens de parler de locutions. Plus connus sous le nom de 搭配 (dapei) en chinois ou de Collocations en Anglais. Le terme désigne une association particulière de mots, reliés non seulement par le sens, mais surtout par l’usage. Ainsi même si l’emploi du terme « un cercle bénéfique » en français n’est pas en soi vide de sens, l’usage veut qu’on lui préfère le terme « un cercle vertueux ». Vertueux vient en locution avec cercle. C’est un exemple de locution nom-adjectif. La difficulté des locutions, c’est qu’elles varient d’une langue à l’autre, et ne peuvent pas être devinés, car c’est un problème d’usage, et non de sens. Il faut donc les apprendre de manière systématique. Quand le ciel est dégagé pour un français, il est « clear » pour un britannique. 

Les locutions existent pour les relations noms-adjectifs, il n’y a pas de raison qu’elles n’existent pas pour les relations verbes-noms. Quand les français jouent du violoncelle, les chinois le tirent: 拉大提琴. L’utilisation incorrecte de dapei (= locutions) dans une langue reste généralement l’ultime défaut de l’étranger, car d’une part seule une longue, très longue pratique de la langue, permet de les maitriser, et d’autre part les dapei de notre langue maternelle ont toujours tendance à déteindre un petit peu sur celles des langues étrangères. Le HSK de haut niveau ne manque ainsi pas de tester la connaissance des dapei des candidats : une phrase avec un trou, quatre propositions de termes ayant fondamentalement le même sens, et il faut choisir le terme approprié… Par exemple si vous aimez le riz, il va falloir apprendre à le faire cuire. Mais êtes-vous sur qu’en Chinois on fait vraiment cuire (熟) du riz ? Non, en Chine, on le fait bouillir (煮). Faisons donc bouillir une marmite de riz : 我们煮一锅米饭. 

Nous pouvons donc nous mettre à table. Qui prendra un bol de riz ? Personne? Mais pourquoi ? 吃不下来了 ! On ne peut plus rien avaler. Littéralement manger plus descendre. Nous sommes dans le cas d’un potentiel, qui lui-même dérive d’un complément verbal directionnel (趋向补语). Les compléments verbaux directionnels et leurs potentiels associés sont une classe grammaticale extrêmement puissante en Chinois, et sans équivalents en français. Les anglophones sont déjà plus proches du concept avec leurs phrasal verbs, mais ils n’atteignent pas le degré de pureté des compléments verbaux directionnels chinois. Pendant longtemps je suis passé sur ces derniers sans attarder mon attention, en les snobant de loin, préférant m’attarder sur le verbe seul, élément porteur du sens principal. En réalité je ne les comprenais pas, je persistais à ne voir en qu’eux qu’un élément de complexité inutile. Grâce à la magique Yang Yang laoshi, j’ai découvert qu’ils étaient en fait simples, et pourtant si puissants. J’ai appris à les regarder d’un autre œil, à les voir comme des alliés, et non plus comme des êtres embarrassants dont je redoutais l’irruption. Je souhaite donc vous faire part de cette illumination. Analysons les sens dérivés des quatre compléments directionnels les plus utilisés dans la langue chinoise d’aujourd’hui :

下来 : littéralement descendre dans la direction locuteur. 4 sens dérivés :
  1. Action de fixer quelque chose qui était en mouvement ou volatile : 停下来 (s’arréter),记下来 (prendre en note, on insiste avec le 下来 sur l’idée que l’on prend en note pour s’en souvenir),写下来 (mettre par écrit, il y a une nuance par rapport à écrire),买下来 (acheter, mais on insiste ici sur le fait que le prix et l’acheteur sont maintenant fixés).
  2. Action de séparer : 撕下来 (déchirer, on sépare par ex une page de son livre), 拆下来 (arracher, détacher, par exemple une pièce dans un moteur), 摘下来 (cueillir), 拿下来 (enlever)
  3. Action d’atténuation graduelle. S’emploie ici après un adjectif, qui prend le rôle de verbe dans la phrase : 黑下来 (s’assombrir), 冷静下来 (se calmer),
  4. Indique la continuité jusqu’à l’instant présent d’une action commencée dans le passé : 传下来 (se transmettre),延续下来 (se prolonger),坚持下来 (s’accrocher)
出来 : littéralement sortir dans la direction du locuteur. Le sens dérivé est intuitif : 
  1.  mouvement de l’intérieur vers l’extérieur, du caché vers le révélé, de l’idée vers la réalisation : 说出来 (dire, au lieu de le garder pour soi), 认出来 (reconnaitre, faire passer l’objet du verbe de l’état d’inconnu à l’état de connu),判断出来 (prononcer le jugement – A partir des éléments de l’enquête, il y a eu réflexion, et le résultat est le jugement. Le 出来 insiste sur cette notion de résultat après processus), 摆脱出来 (se libérer, passer d’un état d’emprisonnement ou de pression à un état de liberté). Ainsi 写下来 et 写出来 sont tous construits à partir de verbe 写, écrire, mais le premier insiste sur la prise par écrit, le second insiste sur la production d’un texte étant le résultat d’un processus (une enquête, une réflexion, etc.).

过来 : littéralement venir. 3 sens dérivés :
  1. Caractérise une variation d’emplacement, de direction : 转过来 (transférer), 翻译过来 (traduire), 换过来 (échanger)
  2. Caractérise un retour à la situation normale, ou initiale : 醒过来 (se réveiller), 苏醒过来 (revenir à soi), 改过来(corriger = supprimer les erreurs ), 恢复过来 (retour à la situation normale).
  3. Caractérise l’accomplissement avec difficulté, subir mais tenir. 辛苦过来,熬过来 ,挨过来,挺过来
起来 : littéralement se lever. 3 sens dérivés :
  1.  Caractérise le début ou le développement de quelque chose : 唱起来 (commencer à chanter), 下起雨来 (commencer à pleuvoir), 想起来了 (se rappeler)
  2. Caractérise l’action de rassemblement, et s’oppose ainsi au 2) de 下来. Ex : 捡起来(ramasser), 收起来 (débarrasser (la table)), 扎起来 (attacher (les cheveux)), 集中起来 (rassembler), 积累起来 (accumuler) etc.
  3. Caractérise un à peu près ou un caractère subjectif avec certains verbes particuliers : 算起来 (= ça fait a peu près),看起来 (sembler, mais selon des critères visuels),听起来 (sembler, mais selon des critères auditifs).
Pour résumer avec 4 compléments directionnels nous pouvons exprimer 11 sens dérivés qui permettent de préciser assez justement l’emploi du verbe. Les verbes armés de leurs compléments directionnels sont non seulement plus précis, mais aussi plus imagés. 

Ajoutons une utilisation très intéressante des compléments directionnels: leur emploi avec 弄,  le verbe schtroumpher local. Ce verbe n’exprime rien en dehors de sa qualité d’être grammaticalement un verbe. En lui ajoutant un complément directionnel, on le dote d’un sens. Pour être vague et précis à la fois, le 弄 + complément directionnel est assez remarquable!

Voilà, c’est fini pour la grammaire!

jeudi 4 mars 2010

Un peu d’argot Pékinois en vrac

拉倒, synonyme de 算了, laisse tomber. 不吃拉倒。 不愿意拉倒。那好,拉倒。

抠, raccourci de 抠门, qui désigne l’action d’ouvrir une porte sans utiliser la poignée. Synonyme de 小气 : Radin. C’est ce qu’on vous dit si vous avez bien négocié : 你真抠!Et si j’ai bien compris, on rajoute 儿 et on le prononce au 4ème ton…

抽, synonyme de 打 : frapper. 你找抽吗?

你看这么着成吗?synonyme de 行 ? ça marche ?

真行, synonyme de 厉害 : trop fort. 你真行!
搁, synonyme de 放 . 搁在这儿。

家蹲着 : pantoufler。在干吗? 家蹲着!

磕 : synonyme de 压 ou 撞. Le chinois l’a utilisé pour parler de mon téléphone dont j’ai tué l’écran par surpression entre ma cuisse et un obstacle inopinément rencontré.

二, diminutif de 250 : Bête.真二!

扯淡 : N’importe quoi !

mercredi 16 décembre 2009

Le chinois amusant - Comment dire...

Dur dur de s'exprimer dans une langue étrangère lorsque les champs lexicaux sont plus développés d'un côté de l'autre. Voici quelques exemples de ces mots qui n’ont pas d’équivalents suivant les langues.


Les grands gagnants : les noms de plats, de fruits, de légumes, de poissons ou de condiments. Nous n’utilisons pas les mêmes ingrédients pour faire à manger, et nous ne cuisinons pas de la même façon. Inévitablement, tout le vocabulaire qui tourne autour de la gastronomie est intraduisible, et dans les deux sens. Pour tous ces mots, une seule solution : faire à manger avec les chinois, et essayer tous les petits plats au resto ! Un téméraire pour expliquer 鱼香肉丝, ce grand classique de la gastronomie pékinoise ?

Les classiques : baccalauréat, classes préparatoires, écoles d’ingénieurs… ça ne peut déjà pas vraiment se traduire en Anglais, alors imaginez en Chinois… J’ai malgré tout opté pour 无竞高考,预科班 ou 高四、高五 et 精英大学院.

Les déroutants : Tôt dans mon apprentissage du chinois je suis tombé sur 素质. Quality, me disait ma prof de chinois. Mais ça désignait une personne. Une personne de bonne qualité ? bizzare… Je me lance dans le dico chinois.素养 = 素养. Je ne connais pas. Je continue. 素养 = 平素的修养. 修养 je sais, ça désigne le niveau d’enseignement, d’accomplissement, 平素, désigne le caractère ordinaire des choses…. Vous n’avez rien compris ? Moi non plus. Voilà, 素质 fut mon premier terme réellement intraduisible. Même aujourd’hui, j’ai ne sais toujours pas comment l’exprimer en Français.

Les inattendus : Un an durant, j’ai cherché à exprimer l’adjectif « motivé » en Chinois. Ce soir j’ai diné avec une jeune chinoise de la promo 07 qui s’exprimait en chinois : « 应该很motivé » ! Elle a naturellement placé le mot français dans sa phrase en Chinois ! Il n’y a donc pas de motivation en Chinois, c’est terrible ! On peut l’approcher par 积极, être positif, mais c’est quand même pas top…

Les emphases : C’est trop bien ! C’est délicieux ! Il fait tellement chaud ! C’est incroyable ! Absolument parfait ! It’s awesome ! Adjectifs et/ou adverbes très emphatiques, voici la clé pour exprimer ses exclamations enthousiastes. On tente de faire de même en Chinois avec ces beaux adverbes, classiques (很,真,非常,特别,超级,相当) ou à la mode (爆,乱,巨), mais même ainsi on se rend compte qu’on manque encore d’enthousiasme. Car en Chinois, le degré d’excitation est indiqué par une belle métaphore dont la nature grammaticale est simplement appelé complément de degré ! Il suffisait d’y penser. Quelques exemples : 说得跟中国人一样 (parler aussi bien que les chinois), 好得不能再好 (bien tel qu’on ne puisse mieux), 难吃得不可想象 (inimaginablement mauvais) 可爱得让人发疯 (adorable à en devenir fou), 乱得热锅上的蚂蚁 (en bordel comme des fourmis sur une marmite chaude)

mardi 15 décembre 2009

Une histoire de coeur

心, un joli petit idéogramme pour représenter le cœur. Un caractère que l’on retrouve partout dans la langue chinoise. Il est en fait porteur de trois sens principaux : le cœur en tant qu’organe (心脏), le cœur pour qualifier l’humeur, l’état d’esprit (心情), et le cœur pour qualifier les idées, les pensées (心思).De ces trois sens ont dérivés une quantité d’expressions imagées dont je vous propose une petite sélection.

Si votre cœur est unique, 一心, vous ferez les choses de tout votre cœur. Et avec une seule idée en tête, 一心一意, un cœur, une idée, ce sera encore plus fort. A l’inverse si vous vous dispersez entre trois cœurs et deux idées, 三心二意, vous risquerez d’avoir du mal à vous décider.

Choisissez alors un petit cœur, 小心, et faites alors attention. Mais n’en prenez pas trop, car avec autant de cœurs, 多心, vous tomberez dans la suspicion. Alors mieux vaut l’ouvrir, 开心, et vous serez alors content. Et ne le portez pas trop longtemps, 担心, vous serez beaucoup plus soulagé une fois que vous l’aurez posé : 放心.

Et votre cœur, de quoi est-il fait ? Est-il bon, 良心, ce qui signifie que vous avez une conscience ? Est-il de sucre comme dans 甘心, ce qui signifie vous êtes toujours prêt à accepter ? Ou est-il de pierre et d’acier, 铁石心肠, être cruel…

Pour conclure, je reprendrais la citation de Mme Basile, 心想事成 : si le cœur le veut, les choses se font !

mercredi 9 décembre 2009

Les aventures du turbulent Ma Xiaotiao

Connaissez-vous 淘气包马小跳 (le turbulent Ma Xiaotiao)? C'est un peu l'équivalent chinois de notre petit nicolas, et j'adore lire ses aventures.

D'abord parce qu'elles sont écrites dans une langue qui est très adaptée à mon niveau. Je connais la grande majorité des mots et des caractères, et en y lisant quelques pages tous les soirs, je tombe à peu près toujours sur de nouvelles formes lexicales ou grammaticales justement apprises en cours le jour-même (donc une excellente mise en application). En plus ce sont les personnages principaux sont des enfants, et eux-mêmes n'ont pas une compréhension totale de leur langage. Il est particulièrement intéressant de les lire discuter de la différence entre 奇怪 (bizzare) et 有个性 (avoir de la personnalité), ou bien se demander la signification d'un nouveau chengyu comme 无地自容.

Ensuite à travers les aventures journalières du petit garçon qu'est Ma Xiaotiao, je peux découvrir à quoi ressemble l'enfance d'un petit chinois. Je me souviens avoir découvert à travers ses yeux la cérémonie du premier anniversaire lorsque l'enfant choisit un objet qui est censé prédéstiné son futur. J'ai aussi senti à travers lui le cauchemard de la montagne de travail à la maison, ainsi que la pression des parents qui ne connaissent qu'une mission pour leur enfant: étudier.

Enfin l'auteur des aventures du turbulent Ma Xiaotiao est aussi mère et professeur des écoles, et à travers ses écrits on découvre une profonde réflexion sur l'éducation que reçoivent les jeunes enfants chinois d'aujourd'hui, que ce soit à la maison ou à l'école. Pour elle, il y a beaucoup de choses à changer, dans la mentalité des parents comme des professeurs.

Pour toutes ces raisons, j'ai déjà dévoré tous les exemplaires des aventures du turbulent Ma Xiaotiao en vente à la librairie d'Wudaokou, et quand je suis passé hier à la gigantesque librairie de Wangfujing, imaginez ce qui s'est passé quand j'ai vu ceci...


lundi 7 décembre 2009

Outils d’apprentissage 3 – Dictionnaires

Si vous pénétrez dans le bureau de Mme Bai, regardez un peu ses étagères, vous verrez qu’elles sont envahies de divers dictionnaire. Si vous interrogez des linguistes sinophiles, vous découvrirez que leurs bureaux le sont de même. Si vous lisez l’article de David Moser, un peu résigné vis-à-vis de l’apprentissage du chinois, vous y découvrirez ceci :

One of the most unreasonably difficult things about learning Chinese is that merely learning how to look up a word in the dictionary is about the equivalent of an entire semester ofsecretarial school. When I was in Taiwan, I heard that they sometimes held dictionary look-up contests in the junior high schools. Imagine a language where simply looking a word up in the dictionary is considered a skill like debate or volleyball! Chinese is not exactly what you would call a user-friendly language, but a Chinese dictionary is positively user-hostile.

Chinese must also be one of the most dictionary-intensive languages on earth. I currently have more than twenty Chinese dictionaries of various kinds on my desk, and they all have a specific and distinct use. There are dictionaries with simplified characters used on the mainland, dictionaries with the traditional characters used in Taiwan and Hong Kong, and dictionaries with both. There are dictionaries that use the Wade-Giles romanization, dictionaries that use pinyin, and dictionaries that use other more surrealistic romanization methods. There are dictionaries of classical Chinese particles, dictionaries of Beijing dialect, dictionaries of chéngyǔ (four-character idioms), dictionaries of xiēhòuyǔ (special allegorical two-part sayings), dictionaries of yànyǔ (proverbs), dictionaries of Chinese communist terms, dictionaries of Buddhist terms, reverse dictionaries... on and on. An exhaustive hunt for some elusive or problematic lexical item can leave one's desk "strewn with dictionaries as numerous as dead soldiers on a battlefield."

Aujourd’hui, je vous propose quelques outils pour d’une, faire rentrer les 36 dictionnaires de Mme Bai ou de David Moser dans une paume de la main, de deux, ne plus apprendre comment chercher un mot dans un dictionnaire chinois… Les solutions d’appellent Wenlin et Pleco, supports électroniques valables sur ordinateur pour le premier, sur téléphone pour le second. Mais intéressons-nous préalablement à deux dictionnaires particulièrement populaires parmi la communauté sinophile.

ABC : Dictionnaire Chinois-Anglais, un magnifique travail qui résulte d’un travail d’une vie du sinologue John DeFrancis. Le nombre d’entrée est très large, les traductions précises, les distinctions toujours présentes. Il recense notamment nombres d’expressions modernes, d’expressions très orales pékinoises, ou d’expressions d’autres dialectes chinois. Les expressions techniques sont aussi présentes, scientifiques (pas mal pour comprendre les cours de sa majeure) comme linguistiques (car le chinois, c’est un peu notre deuxième majeur à tous). Pas mal de termes bouddhistes aussi, sans oublier un grand nombre de chengyu et quelques xiehouyu.

规范词典 GF : Pour les initiés, le meilleur moyen de cerner le véritable sens d’un mot ou d’une expression. Expliquera l’origine des expressions, des chengyu, des dictons, là ou ABC ne donnera qu’un équivalent en Anglais. Donne aussi précisément la nature grammaticale de chaque mots, ainsi que ses conditions d’utilisation. Ce dictionnaire se charge aussi d’expliquer les différences d’emploi entre certains mots très proches. Il donne aussi les formes développées des expressions condensées, ce que ne fait pas ABC. Enfin, exemples très nombreux, beaucoup plus que dans ABC. Défaut du GF, ce serait de ne pas contenir assez d’expressions spécialisées. Sa base est beaucoup plus petite que celle d’ABC. Les termes vulgaires, ou dont les chinois ne parlent pas facilement entre eux à l’oral ne sont pas non plus présent. 滚出去 (casse toi), 艳遇 (proche du one night-stand) par exemple ne sont pas présent dans GF, mais le sont chez ABC.



Exemple de définition du dictionnaire GF


Maintenant que vous connaissez mes deux dictionnaires préférés, voici où les trouver et comment les utiliser :

Wenlin 文林 : Logiciel sur ordinateur édité pour le dictionnaire ABC. Interface peu attirante, mais simple d’utilisation. Les entrées se font soit par caractères en mode copier-coller, en pinyin avec ou sans accents, ou en dessinant le caractère. Les entrées peuvent se faire en simplifié comme en traditionnel, et la sortie est présentée sous les deux formes.

 Un très bon point de Wenlin est de proposer une analyse des caractères, dans leur forme simplifiée comme traditionnelle. La forme est analysée quand il s’agit des pictogrammes ou des idéogrammes, un sens est proposé de façon plus ou moins évidente quand il s’agit d’un agrégat logique, et les deux parties du caractère sont bien mises en évidence quand il s’agit d’un caractère phonétique. Les fragments sont ainsi clairement identifiés, et Wenlin propose de faire des recherches par fragments, on peut par exemple chercher à savoir quels sont les caractères comportant le fragment 肖, et Wenlin vous sort la liste, comportant les simplifiés comme les traditionnels : 消,销,悄,稍,削,宵,哨,屑,俏,etc, après je ne les connais plus.



 Exemple d'analyse de caractères dans Wenlin

Un autre point génial réside toujours dans l’analyse des caractères. Leur fréquence d’apparition dans certaines catégories d’écrits en chinois est répertoriée, du moins pour les 3000 premiers. D’une part cela nous donne un indice sur la nécessité d’apprendre un nouveau caractère, par exemple si je suis débutant et que je découvre un caractères classé 2893ème, je vais peut-être m’abstenir de l’apprendre (sauf s’il est particulièrement amusant comme 鬻 et ses 22 traits). Inversement, après plusieurs mois de Chine s’il m’arrivait de découvrir un caractère inconnu classé 66ème, je n’allais pas le crier sur les toits, mais je me dépêchais de l’apprendre. Dans la liste des caractères comportant肖, Wenlin nous donne ainsi les fréquences suivantes : 消 (500),销 (1047),悄 (1128),稍 (1358),削 (1719),宵 (1719),哨 (2422),屑 (2481),俏 (hors 3000). Certains tentent d’utiliser cette classification pour apprendre les caractères… Je ne suis pas sur que cela marche bien, mais pourquoi pas ?

Pleco : Logiciel hyper abouti et adulé parmi la communauté sinophile.  Pleco est programmé pour être installé sur les téléphones munis d’un système d’exploitation (et très prochainement sur Iphone), et il est d’une ergonomie incroyable, que ce soit dans son utilisation comme dans sa conception, car c’est une "boite" dans laquelle on peut rentrer les dictionnaires que l’on veut (à partir du moment où la maison pleco les a mis sous version électronique). Donc un, on comprime notre tas de dictionnaire dans notre téléphone, et de deux, on peut les emporter partout avec nous ! Idéal pour checker un mot dans le métro ou au détour d’une discussion. Je me verrais mal sortir mon dictionnaire à chaque repas, avec Pleco, c’est possible, et ça passe très bien ! De plus, ça garde les recherches du jour en mémoire, et vous pouvez les noter sur un carnet ou dans Anki le soir venu, et le mot, vous le retiendrez.



Au niveau de la conception du logiciel en lui-même, elle excellente à différents aspects. D’abord aux niveaux des entrées. Pour les entrées incomplètes en pinyin, la colonne index sur la droite permet de trouver efficacement le mot qui nous intéresse. Pour les entrées en caractères, on dessine quelque chose qui ressemble de près ou de loin à l’original sur l’écran, et pleco propose un ensemble de 8 caractères parmi lesquels choisir, sans accorder d’importance au nombre ou à l’ordre des traits. On trouve donc très plus facilement le caractère que l’on veut dans Pleco, même quand on ne se souvient que d’une partie de celui-ci.

Ensuite, Pleco depuis sa deuxième version propose une lecture orale des mots, et non plus simplement la lecture des caractères pris séparément. Très important pour la mémorisation si comme moi celle-ci ne peut se faire sans une partie de mémorisation auditive.

Enfin, Pleco est un logiciel livré avec les dictionnaires que l’on désire. Fort heureusement, le dictionnaire ABC est proposé, et l’on obtient ainsi une version portative de ce fantastique dictionnaire. Et depuis la version 2 de Pleco, on peut aussi installer le GF, ce dictionnaire chinois-chinois que j’aime tant, et recommandé par l’excellent Jonathan Chiche.


En conclusion, j’ajouterai que même s’ils peuvent être facilement crackés, n’hésitez pas à faire l’achat de ces deux logiciels, même s’ils peuvent paraitre un peu cher, car le travail qu’il y a eut derrière et leur immense utilité le valent bien. L’achat de Wenlin récompense directement le travail fait dans l’édition du dictionnaire ABC, et l’achat de Pleco sert à payer d’une part les licenses des dictionnaires, d’autre part le travail fait dans la programmation du logiciel et l’adaptation des dictionnaires.

mardi 1 décembre 2009

Les Chinois, sexistes ?

Les Chinois, sexistes ? Aujourd’hui, sans doute pas beaucoup plus que les occidentaux, mais les valeurs traditionnelles, elles, le sont profondément ! Découvrez-le à partir de quelques expressions traditionnelles…

男尊女卑 : les femmes sont traitées comme inférieures par rapport aux hommes. Voilà, on a commencé fort, et regardons comment cela se révèle.

头发长,见识短:Les cheveux sont longs, mais la connaissance est courte. Le terme 见识 que j’ai traduit par connaissance réfère à la connaissance due à l’expérience. Cela reflète le fait que dans les temps anciens, la femme ne quittait pas le foyer, comme l’illustre cette dernière expression : 大门不出二门不迈.

内人 , la personne à l’intérieur, utilisée désigne l’épouse. C’était d’ailleurs une tournure de modestie… On trouve aussi 内助, plus littéraire, son assistante au foyer, désigne toujours l’épouse… 贤内助 est un peu plus joli. Illustré sur Baidu (le google-wikipedia chinois) par la photo suivante




相夫教子 : expression rappelant les occupations de l’épouse : s’occuper du mari et élever les enfants. On le retrouve aussi dans 贤妻良母. Une version moderne existe aussi : 上得了厅堂,下得了厨房 : sortable et sait faire à manger.

夫唱妇随 : Le mari chante, l’épouse l’accompagne. Désigne l’obligation traditionnelle du respect de la femme envers son mari. Rappelons qu’il existe un code confucéen qui se résume en 三从四德 qui résume les trois personnes et les quatre valeurs que la femme doit respecter. Ces trois hommes sont d’abord son père, puis son mari une fois marié, enfin son fils ainé en cas d’absence ou de décès du mari.

Cette expression « 夫唱妇随 : Le mari chante, l’épouse l’accompagne » est aujourd’hui utilisé pour décrire l’harmonie dans le couple. Remarquons que la direction des choses est conservé chez l’homme. Dans le cas contraire, on parle de 妻管严, équivalent de notre « la femme porte la culote ». Mais ce qui est amusant, c’est que cette expression est exactement homonyme à 气管炎, le nom d’une maladie…

Vous savez écrire être jaloux en chinois ? 嫉妒 , deux caractères phonétiques, la clé orientant le sens étant 女 dans les deux cas, et 女, c’est la femme…

Nous finirons par une phrase célèbre de 毛泽东, qui rattrapera un peu le niveau de ce soir: 女人能顶半边天 : les femmes portent la moitié de notre ciel…

samedi 28 novembre 2009

Outils d’apprentissage 2 - Chinesepod

Un article qui intéressera les lecteurs qui apprennent le Chinois. Je viens aujourd’hui vous parler de Chinesepod, ma nouvelle addiction dans mon perpétuel apprentissage du Chinois. Si le printemps fut la saison d’Anki, l’automne est assurément marqué par l’évenement Chinesepod. C’est un site qui propose des podcast en Chinois, c'est-à-dire des mini-émissions enregistrées permettent à l’auditeur de booster son niveau en Chinois, du moins son niveau en compréhension orale.

C’est formidable à tout point de vue, et ce n’est pas étonnant car ce site est géré par le fantastique John, ce linguiste américain parti maintenant il y a près de dix ans en Chine où il a appris pas à pas à maitriser cette langue, tout en prenant conscience des difficultés rencontrées, et des moyens d’y remédier. Aujourd’hui John parle chinois comme un Chinois, et il nous propose ce site de podcast pour remédier à un besoin simple : écouter des émissions audio à sa portée.

Car la compréhension orale, comme la lecture, en Chinois demande un niveau d’apprentissage beaucoup plus important que s’il s’agissait d’une langue ouest-européenne. J’ai toujours un mal fou à comprendre les informations à la télévision, et pas seulement parce que je les regarde au pied du lit. Les présentateurs télé parlent très vite (c’est une difficulté évoquée par tous les étrangers) et ils utilisent beaucoup de vocabulaire qui nous est encore inconnu, même après autant de temps passé en Chine.

Chinesepod propose ainsi des émissions enregistrées correspondant à différents niveaux, la vitesse et la richesse du vocabulaire étant fonction de ce niveau. Je vous encourage franchement à aller faire un tout sur ce site. Les niveaux varient de Newbie à Advanced. Si je pense qu’on peut oublier les deux premiers niveaux, vous commencerez à vous passionner à partir du niveau intermediate. Dédié à l’étudiant qui n’a pas encore eu l’occasion de passer un séjour long en Chine, les présentateurs parlent en Chinois, mais reviennent sur l’Anglais pour expliquer les points clés. A partir du niveau Upper Intermediate, c’est tout en Chinois, et arrivé en advanced, le rythme est quasiment celui d’un natif (enfin, pas un natif Pékinois quand même !). Ces deux derniers niveaux sont excellents selon moi, car ils abordent des éléments concrets de la culture chinoise et des faits de société très actuels avec de nouvelles émissions mises en ligne chaque jour.

Une dernière rubrique géniale est la rubrique 请问, où les présentateurs répondent de façon très précises et avec un grand nombre d’exemples à des questions de grammaire soulevées par les utilisateurs. D’une part, c’est superbement bien fait, d’autre part Connie, l’une des présentatrices, a la voix la plus sexy de l’univers… raison suffisante pour aller vous enregistrer immédiatement sur Chinenesepod et profiter de la semaine gratuite pour essayer un peu tout !

vendredi 27 novembre 2009

Le Chinois amusant – Caractères condensés

Dans la rubrique le chinois condensé, j’ai parlé la fois dernière de la condensation de 4 caractères en 2 (et par récurrence de beaucoup beaucoup en 2 !), cette fois quelques exemples de mots en 2 caractères condensés en un. Vous connaissiez sans doute déjà le 俩, diminutif de 两个, découvrez aujourd’hui le 仨, diminutif de 三个. 二十, c’est aussi trop long à écrire, alors on l’a décomposé en 十十 et on les a groupé avec une barre horizontale : voici 廿 ! Si on peut le faire avec 二十, pourquoi pas avec 三十 ? Et c’est parti pour 卅!

Pour l’anecdote 咬peut aussi être considéré comme une la condensation de deux caractères, je vous laisse le plaisir d’en chercher le sens…

Deux caractères en un, c’est amusant. Quatre caractères en un, ça l’est beaucoup plus ! Voici un exemple très connu qu’un sympathique calligraphe de rue avait dessiné devant nous cet été.




Si on le décompose, cela donne 招财进宝, et c’est une façon de se souhaiter bonne fortune.

En voici un second trouvé sur sinoplice (dorénavant présent dans la colonne de droite), l’excellentissime blog de ce cher John: