lundi 11 mai 2009

Guangzhou (广州) - Canton

Mardi soir, c’est dans le train de nuit que l’on commence à vraiment penser à notre dernière étape du voyage, Canton, cette ville à l’influence majeure dans le Sud de la Chine, puis dans le monde entier suite à la diaspora du XVIII-XIXème siècle, cette ville et son langage aux 9 tons qui en font frémir plus d’un, cette ville qui affronte les défis avec les plus grandes de Chine, au niveau gastronomique avec Chengdu, au niveau démographique avec les 2 géantes Pékin et Shanghai, au niveau géographique à l’entrée du Delta de la rivière des perles, delta qui débouche sur les flamboyantes Hong-Kong et Macao.

Canton, cette vile qui a toujours attirée l’étranger, dès le XVIème siècle quand les Portugais sont venus y faire un tour et ont au passage donné à la ville (Guangzhou) le nom de la Province (Guangdong), la source de nombreuses ambigüités aujourd’hui. Puis au XIXème siècle quand Canton fut le détonateur des guerres de l’opium : C’est à Canton que les Anglais déversaient leurs opium (dans le but d’équilibrer leur balance commerciale, car ils se contentaient jusque là d’acheter à la Chine) jusqu’à ce que le gouverneur local en ait ras le bol et décide la destruction des cargaisons d’un navire Anglais entier. Ce fut le prétexte attendu par les Anglais pour prendre les Français sous leur bras et déclarer la guerre aux Chinois, remonter les fleuves avec leurs canonnières, et plier le pouvoir impérial à leur volonté. C’est suite à cet épisode que 5 grands ports furent ouverts au commerce étranger (avec le système des concessions qui va avec), notamment Canton et Shanghai. Enfin, c’est à Canton qu’a été construit dernièrement le plus grand aéroport international de Chine, la preuve de cette ouverture sur le monde d’aujourd’hui.

Après une bonne nuit à rêver des dim sum (ces petits plats cantonnais) qui nous attendaient, bercés par les mouvements du train et les jacassements du groupe de Français qui trustait notre wagon de première (attention, on voyage luxe !), c’est au petit matin que l’on entre dans Canton. On est heureux d’être là malgré les avertissements du Routard qui recommandait formellement de ne pas y aller à ce moment là… Pourquoi donc ? Canton est soumise au déluge au mois d’Avril ? Non, mais c’est la foire de Canton, et elle attire des milliers d’acheteurs et de vendeurs en tout genre. Qu’à cela ne tienne, on compte quand même bien profiter de la ville, et on se dirige d’abord vers notre hôtel, sur l’ile Shamian (沙面), en plein centre de Canton, et berceau des concessions étrangères.

Visite de l’Ile Shamian, vagabondage au milieu du marché aux médicaments (comprendre tout et n’importe quoi, du moment que c’est séché, de l’hippocampe à la queue de cerf…) , puis on prend le métro, quasiment le même qu’à Pékin ou Singapour, c’est normal, c’est toujours Alstom qui les a construit, vive la France ! Première visite, le temple des ancêtres de la famille Chen. La famille Chen est une famille d’importance dans le Sud (comprendre qui a beaucoup de sous), et afin de se pouvoir faire de grandes réunions de famille, ils construisirent ce grand édifice en plein centre de Canton. Savante idée, il faudra que je pense à faire la même chose. Donc si vous vous appelez Saintes, n’hésitez pas à m’envoyer vos fonds ;-) Si vous voulez en savoir plus sur la famille Chen, visitez le blog de Julie.

Le marché aux médicaments

Une rue

Livraison à domicile

La Hulusi, aussi appelé Pipeau, un instrument que l'on aime

Vraiment, on adore!

Repas cantonnais, on commande après avoir sagement vérifié le contenu des plats dans le dico, car on ne sait pas trop sur quoi on peut tomber ici. Parmi les trucs à se souvenir, le jus de pomme-concombre, un délice… On digère dans la seconde ligne du métro, toujours aussi nickel, et on ressort dans le grand musée de la ville, celui notée par 3 routards, le sensationnel musée et tombeau du roi des Yue du Sud. Bon, nous, on n’y a pas trouvé grand-chose d’intéressant dans ce musée, n’y allez pas ! A la place, on s’est redirigé vers le jardin des orchidées, légèrement au Nord, et même si ce n’était pas la saison des orchidées, ce lieu était un délice. On s'y ait posé autour d’un thé et d’une partie de carte. Puis après avoir pris le bus dans le mauvais sens, insulté le chauffeur (qui refusait de nous laisser descendre alors que nous n’avions parcouru que 12m et que la prochaine station était une demi-heure plus loin à l’allure de 0.5km/h qui était la notre), puis le métro (toujours aussi sympa) dans le bon sens cette fois, on se retrouve sur la rive Nord de la rivière des perles, enfin, ça ressemble plus à un fleuve ici, et on le suit jusqu’à l’ile Shamian. Sympathique balade, pas mal d’animation, mais cela ne vaut pas les quais de la Seine ou de la Tamise, pas non plus celle du Bund à Shanghai.

Dans le jardin des orchidées

Benji en pâmoison devant la rivière des perles

Lui, il doit pas être chinois...

Jeudi, 2ème jour à Canton, c’est déjà le dernier jour de notre parcours dans les provinces du Sud Guangxi et Guangdong. Pas de programme très fourni en perspective, on souhaite surtout déambuler dans le centre de Canton pour essayer d’appréhender la vie de cette géante du Sud. On remonte d’abord du marché de Qingping jusqu’au coin de Changshou lu. On rencontre d’abord quelques rues commerçantes, sous des arcades, puis une partie conservée du vieux canton, avec des petites ruelles mystérieuses, ou un grand marché peu ragoutant selon Charlotte. A noter encore la rue de la Jade, 43 254 vendeurs de jade entassés dans les 72 m de longueur de la rue. Pour résumer, balade géniale car on y a découvert toute une série de lieu très inattendus.

Au marché, ici les Anguilles qui remuent toujours, bien que coupées en deux.


Les étals des vendeurs de jade

Après un déjeuner gargantuesque pour 4€ à 4, on continue à pied vers le nouveau centre-ville, symbolisée par sa Beijing Lu, la rue de Pékin, l’équivalent locale des champs-Elysées, sympa, mais pardonnez moi de comparer systématiquement, elle ne vaut pas notre Wangfujing Pékinoise :-). Mais l’après-midi avance, et il est déjà temps de se remettre en route pour l’auberge, l’avion ne nous attendra pas…

Sur la route retour vers l’aéroport, on découvre l’autre réalité de Canton, une ville massive, avec des immeubles d’habitations entassés les uns sur les autres dès que l’on quitte le centre ville, et surtout, comme c’est le cas de toutes les villes un tant soit peu développé en Chine, l’épais nuage gris-blanchâtre nous empêche de regarder vers le ciel, la mer, l’horizon…

C’est la fin de ce voyage… Une dernière journée à Pékin a permis à la famille de faire les dernière emplettes, à moi de me reposer, de voir un certain Jean de passage surprise à Pékin, et samedi les Saintes repartaient pour la France. Pour découvrir leurs impressions sur ce voyage, ne manquez surtout pas le billet du Père très bientôt sur ce blog!

Maintenant je bosse (et oui, à l’heure ou j’écris le voyage est déjà terminé depuis plus de 2 semaines), il est temps de finir correctement ma première année de master, j’essaierai d’en donner quelques nouvelles, car il est toujours là, même s’il n’apparait pas au milieu de mes voyages sur ce blog. Si vous voulez plus d’aspects culturels, visitez les blogs de Sarah ou J&J, et si vous voulez toujours plus de voyages, il faudra patienter jusqu’au mois de Juillet, Chengdu, le Yunnan du Nord et la région de Lhassa au programme…

1 commentaire:

charlotte a dit…

Visite de vieux articles, souvenirs d'un voyage inoubliable!
Je suis en train de mettre la dernière touche à l'album, tu n'as jamais été aussi prêt de le voir! :-)