mercredi 30 juin 2010

Terres Tibetaines (7/7) - Langmusi, Petit Paradis Tibétain

La seconde partie du voyage aura été la plus belle. En bout de route depuis Lanzhou, le village de Langmusi (郎木寺) et son temple (du Sichuan) ont conservé une grande partie de leur authenticité. Là les moines ne pratiquaient pas de danse à cloche pied devant les touristes, ils étaient trop occupés à prononcer les paroles sacrées d’une voix gutturale, avant d’en discuter longuement sur la place du temple. Là les montagnes qui entouraient le village suffisaient à lui donner l’allure d’un village de montagne, on pouvait encore s’imaginer la vie recluse des hauts plateaux himalayens, isolée par la haute altitude, les longues distances, les hivers rudes.

Nous restâmes donc longtemps. Le temps d’apprécier tranquillement. Le temps de voir le village briller sous le soleil éclatant des 3300 m d’altitude, le temps de le voir aussi sous la pluie, avec ses couleurs ternes et pas une âme qui vive dans les rues. Le temps de ressentir un peu le mal de l’altitude, et le temps d’essayer la shisha tibétaine pour le combattre. Le temps de prendre quelques photos aussi, admirez :


Le village se réveillant au petit matin


Vue depuis notre chambre d’hôtel


Les toits de Langmusi


Si je ne devais conserver qu'une seule image de Langmusi, je crois que ce serait celle-ci.


Du sommet d'une petite colline surplombant le village


Vue sur le temple principal. Il semble y avoir de l'activité, allons y jeter un coup d'oeil...


Nous assistâmes alors à deux cérémonies rituelles du temple. Réunis en grand nombre dans l'un des temples principaux, les jeunes moines étaient revêtus d'une tunique de la traditionnelle couleur pourpre, plus épaisse que la tunique habituelle. Pendant une heure, ce fut une alternance entre un homme, seul, et son assemblée, assise en demi-cercle et lui faisant face. Le meneur était un homme massif. Il déclamait un "chant" au rythme invariable et d'une voix grave, très grave, qui semblait s'échapper de son poitrail. L'assemblée lui répondait en cœur des mélodies peu rythmées, monocordes, transcendantales. 



Au bout d'un certain moment les jeunes moines constituant l'assemblée commencèrent a se balancer de droite a gauche, suivant le rythme lancinant de leur chant. Ils restaient malgré tout loin d'un état méditatif: ils passaient leur temps à se regarder et à échanger quelques mots. On me jettait d'ailleurs régulièrement des coups d'œil intrigués. Ils étaient dissipés. Etait-ce pour faire régner l'ordre qu'un moine plus âgé et extrêmement corpulent faisait les cent pas autour du demi-cercle?




Apres la séance du nianjing (念经 : lecture des paroles saintes) démarra la séance de bianjing (辩经) sur la place faisant front au temple. Les jeunes disciples bouddhistes se rassemblèrent en petits groupes, comprenant entre 10 et 20 personnes, parfois seulement 2, pour discuter de vive voix des écritures - a moins que ce ne soit des choix stratégiques de Domenech. 




C’était extrêmement vivant, voire même agressif. Afin de soutenir leur argumentation, Ils amorçaient des claques vers le parti adverse, des claques qui finissaient finalement dans leur propre main. Ils n’hésitaient pas non plus a s'attraper vigoureusement, ou a se donner de franches accolades. Qui aurait cru que les écritures bouddhistes étaient si passionnantes ?



lundi 28 juin 2010

Terres Tibetaines (6/7) - Xiahe, Rencontre Tibétaine n°3

Arrivé à Xiahe (夏河) je cherchais à grimper sur une petite montagne alentour. Au sommet d’une d’entre-elle une maisonnette rouge brique surplombait la ville, elle devint donc mon objectif. Après quelques minutes d'ascension, un gamin du coin m'aborda dans un mandarin impeccable: "Mais que fais-tu? Où vas-tu?" je lui répondis que je cherchais à atteindre la maisonnette rouge que j'avais aperçue depuis le bas.

"Allons-y ensemble" me répondit-il! Et nous continuâmes, à deux, discutant et lui me fatiguant bien vite. J'appris qu'il avait 15 ans (bien qu'il en fasse 10), qu'il avait arrêté l'école après le primaire pour travailler avec ses parents, et qu'il aimait beaucoup aller au café internet.

Il me dit aussi qu'il aimerait devenir guide. L'excellent mandarin qu'il parlait et l'aisance avec laquelle il communiquait avec les étrangers me disent qu'il y arrivera. Mais un guide, ca veut dire passer beaucoup de temps avec les Hans, l'ethnie majoritaire chinoise pas très aimée des tibétains. Je lui demandai donc si plus tard il aimerait se marier avec une Han ou avec une tibétaine. ''Avec une Han'' me répondit-il à ma grande surprise. Mais pourquoi pas une tibétaine ?, m'enquis-je. "Parce que les tibétaines sont sales, et ont le cœur mauvais", me répondit-il. Mais tu es pourtant tibétain, m'écriais-je!

"Oui, mais moi je ne suis pas comme les autres, moi j'ai le cœur bon", finit il par ajouter.

dimanche 27 juin 2010

Terres Tibétaines (5/7) - De Tongren à Xiahe

Notre trajet reliant Xiahe depuis Tongren nous aura fait traverser les verts pâturages du plateau du Qinghai, puis du Gansu. Avec l’élévation en altitude les vaches se seront couvertes de poils, et avec le passage de la frontière la route de bitume sera devenue route de terre. Quelques photos prises sur le chemin :


Des Yacks, le symbole des contrées tibétaines. C’est à peu près la seule chose qui survit ici toute l’année - avec les moines bouddhistes. Du coup toute la nourriture tourne autour du yack. Mais le yack, ça a jamais été un met très fin, et la cuisine tibétaine est restée peu convaincante.



Nous voici au Gansu !


 Arrivée à Ganjia. 


Le village aux huit coins : 八角城. Un mignon petit village placé au milieu d'un système ancestral de fortifications en terre selon le plan d'une croix grecque.


Deux fillettes perchées sur un mur affairées à assembler des petites couronnes de fleurs.


Aurélien prend toujours garde à ne pas effrayer l’autochtone.


Un monastère Bön (本教) = religion anterieure au bouddhisme tibétain. 


Les moines arrivent en force



samedi 26 juin 2010

Un étrange texte

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vendredi 25 juin 2010

Terres Tibetaines (4/7) - Tongren, Rencontre Tibétaine n°2

L’histoire se passe dans le village de Nianduhu. Le village est entouré d’un double rempart fortifié. En terre. Le chevelu, pris entre ces deux murs, hésite. Devant lui, une cinquantaine de mètres le sépare de la colline. Une colline pentue, dont l’ascension lui parait difficile dans ce pays où l’oxygène se fait rare. Derrière lui une bande approche. Ils balancent les épaules, à droite, à gauche, ils s’avancent, menaçants. Ils portent tous la cigarette à la bouche.

Le chevelu hésite toujours. Alors que la bande n’est plus qu’à quelques pas, il sort son appareil et cherche à les avoir. Zut, plus de pellicule. La bande sort de l’ombre des murs. Ils jettent un 抽烟 ? (tu fumes ?) au chevelu. 我不会 (Je ne sais pas fumer), répond penaud le chevelu, qui regarde la bande passer devant lui, la clope entre les doigts et un air de victoire sur le visage. 



jeudi 24 juin 2010

Terres Tibétaines (3/7) - Tongren et ses environs - Photos

Balade en photos autour de Tongren:

Autour du monastère haut de Wutun (吾屯上寺)


Bien qu'appartenant à la secte des bonnets des jaunes (Gelugpa), certaines bouddhas sont représentés avec les cheveux bleus. C'est en fait le cas de tous les bouddhas d'origine indienne.


Notre première khora: promenade mystique tibétaine autour d'un lieu sacré, et à la durée / nombre de tours très variables. On y actionne généralement un grand nombre de moulins à prières. Un TRES grand nombre! Pas étonnant que les mamies tibétaines aient un bras droit surdimensionné. On suppose aussi que Nadal soit venu faire un stage dans les monastères du coin - Il se serait trompé de sens.


Vue sur le temple Nianduhu (年都乎寺), au hasard d'une balade


En s'approchant un peu


A l'intérieur d'un des "pavillons" du temple. Vous avez de la chance, la photo ne retransmet pas l'odeur.


Les Buddhas du temple - Ils rappellent généralement un bouddha historique/mythique, et ont été construits par un bouddha vivant du coin. Et oui, dans le bouddhisme tibétain, l'accession à l'état de bouddha ne signifie la fin du cycle des réincarnations. Les bouddhas vivants vivent donc par dizaines, voire par centaines, dans les contrées tibétaines. 


 Dans un autre temple (le 吾屯下寺) - ici le bouddha vivant était un peu plus fortuné, la statue du bouddha doit faire une dizaine de mètres.


 En ressortant du temple et en montant sur la colline - une des plus belles images du voyage


De l'autre côté de la colline, le temple Guomari (郭麻日寺), dont on retiendra surtout sa magnifique stupa - shörten - tour bouddhiste suivant les interprétations.

mercredi 23 juin 2010

Terres Tibétaines (2/7) - Tongren, Rencontre Tibétaine n°1

J2, on reprend toutes les bonnes habitudes: levés à l’aurore, et un bon bol de lamian. Nous en sommes à 3/3. J’ai comptabilisé qu’il y aurait 19 repas au cours de ce voyage, tiendrons-nous le rythme ?

Quelques heures de car pour Tongren, ses temples bouddhistes, son quartier Hui, et malheureusement son quartier Han. Je devrais vous parler des temples, des Thangkas, des plats du resto du Sichuan, mais non, j’ai plutôt envie de vous parler d’une rencontre tibétaine :

Il s’appelait Bob, il était rentré au temple à l’âge de cinq ans, et il n’en était jamais ressorti. Il ne regrettait pas trop la vie de célibataire, mais semblait fatigué d’étudier toute la journée : « seulement deux heures l’après-midi pour se reposer » nous confiait-il. D’ailleurs c’est justement durant ces deux heures qu’il vit deux français rentrer dans sa cour. L’un d’eux dissimulait son long nez sous ses cheveux longs, le second cachait sa blancheur sous un grand chapeau. Avec ses potes moines il décida d’aller entamer la discussion avec ces voyageurs originaux. Et comme c’était le seul à connaitre un peu de mandarin, il se retrouva à mener la discussion : « D’où venez-vous ? La France ? Ouh, mais c’est loin ça ! » Tellement loin que votre 日落 (coucher du soleil) est notre 日出 (lever du soleil), lui répondit le chapeauté, qui soignait sa pratique des métaphores à la chinoise. Le chevelu tenta de lui expliquer que c’était mathématiquement impossible, mais Bob resta convaincu par l'image du soleil. 

La discussion hésita longuement avant de tomber sur le sujet rigolo du coin : 中国西藏 (Le Tibet Chinois). Soignant son mandarin reformulé à la lumière de la grammaire tibétaine, Bob donna la bonne parole au chapeauté et au chevelu : ************* (Censuré) (Dommage, c'était vachement drôle)