samedi 28 novembre 2009

Outils d’apprentissage 2 - Chinesepod

Un article qui intéressera les lecteurs qui apprennent le Chinois. Je viens aujourd’hui vous parler de Chinesepod, ma nouvelle addiction dans mon perpétuel apprentissage du Chinois. Si le printemps fut la saison d’Anki, l’automne est assurément marqué par l’évenement Chinesepod. C’est un site qui propose des podcast en Chinois, c'est-à-dire des mini-émissions enregistrées permettent à l’auditeur de booster son niveau en Chinois, du moins son niveau en compréhension orale.

C’est formidable à tout point de vue, et ce n’est pas étonnant car ce site est géré par le fantastique John, ce linguiste américain parti maintenant il y a près de dix ans en Chine où il a appris pas à pas à maitriser cette langue, tout en prenant conscience des difficultés rencontrées, et des moyens d’y remédier. Aujourd’hui John parle chinois comme un Chinois, et il nous propose ce site de podcast pour remédier à un besoin simple : écouter des émissions audio à sa portée.

Car la compréhension orale, comme la lecture, en Chinois demande un niveau d’apprentissage beaucoup plus important que s’il s’agissait d’une langue ouest-européenne. J’ai toujours un mal fou à comprendre les informations à la télévision, et pas seulement parce que je les regarde au pied du lit. Les présentateurs télé parlent très vite (c’est une difficulté évoquée par tous les étrangers) et ils utilisent beaucoup de vocabulaire qui nous est encore inconnu, même après autant de temps passé en Chine.

Chinesepod propose ainsi des émissions enregistrées correspondant à différents niveaux, la vitesse et la richesse du vocabulaire étant fonction de ce niveau. Je vous encourage franchement à aller faire un tout sur ce site. Les niveaux varient de Newbie à Advanced. Si je pense qu’on peut oublier les deux premiers niveaux, vous commencerez à vous passionner à partir du niveau intermediate. Dédié à l’étudiant qui n’a pas encore eu l’occasion de passer un séjour long en Chine, les présentateurs parlent en Chinois, mais reviennent sur l’Anglais pour expliquer les points clés. A partir du niveau Upper Intermediate, c’est tout en Chinois, et arrivé en advanced, le rythme est quasiment celui d’un natif (enfin, pas un natif Pékinois quand même !). Ces deux derniers niveaux sont excellents selon moi, car ils abordent des éléments concrets de la culture chinoise et des faits de société très actuels avec de nouvelles émissions mises en ligne chaque jour.

Une dernière rubrique géniale est la rubrique 请问, où les présentateurs répondent de façon très précises et avec un grand nombre d’exemples à des questions de grammaire soulevées par les utilisateurs. D’une part, c’est superbement bien fait, d’autre part Connie, l’une des présentatrices, a la voix la plus sexy de l’univers… raison suffisante pour aller vous enregistrer immédiatement sur Chinenesepod et profiter de la semaine gratuite pour essayer un peu tout !

vendredi 27 novembre 2009

Le Chinois amusant – Caractères condensés

Dans la rubrique le chinois condensé, j’ai parlé la fois dernière de la condensation de 4 caractères en 2 (et par récurrence de beaucoup beaucoup en 2 !), cette fois quelques exemples de mots en 2 caractères condensés en un. Vous connaissiez sans doute déjà le 俩, diminutif de 两个, découvrez aujourd’hui le 仨, diminutif de 三个. 二十, c’est aussi trop long à écrire, alors on l’a décomposé en 十十 et on les a groupé avec une barre horizontale : voici 廿 ! Si on peut le faire avec 二十, pourquoi pas avec 三十 ? Et c’est parti pour 卅!

Pour l’anecdote 咬peut aussi être considéré comme une la condensation de deux caractères, je vous laisse le plaisir d’en chercher le sens…

Deux caractères en un, c’est amusant. Quatre caractères en un, ça l’est beaucoup plus ! Voici un exemple très connu qu’un sympathique calligraphe de rue avait dessiné devant nous cet été.




Si on le décompose, cela donne 招财进宝, et c’est une façon de se souhaiter bonne fortune.

En voici un second trouvé sur sinoplice (dorénavant présent dans la colonne de droite), l’excellentissime blog de ce cher John:


lundi 23 novembre 2009

Pékin, capitale des extrêmes

Me voici de retour à Pékin, cette capitale de la Chine, capitale des extrême aussi.

Pékin, ville extrême avec une population qui se rapproche de plus en plus des 20 millions d’habitants, un étalement toujours plus fou (le plateau de Saclay serait complètement intégré au tissu urbain en comparaison), des distances inattendues (N’espérez pas parcourir tout Pékin à pied !) à l’image de ces stations de métro bien 4 fois plus distantes qu’elle ne le sont à Paris, une densité qui fait parfois peur (cf Wudaokou). Ville extrême avec des températures hivernales qui peuvent descendre jusqu’à -20 degrés, alors qu’il fait allègrement plus de 30 degrés en été. Extrême toujours dans sa météo, avec des pluies estivales torrentielles, qui succèdent à des hivers à humidité quasi nulle. Extrême dans ses écarts de niveau de vie, avec des Pékinois relativement pauvres qui se font rejetés en banlieue par des nouveaux riches venus des provinces extérieures.

A l’échelle de la Chine entière, ces grandes disparités apparaissent encore plus évidentes. Ici des lieux de misère où les habitants semblent vivre plusieurs siècles en arrière, là on développe le programme spatial chinois. Ici des zones tropicales, là les sommets les plus hauts du monde.

Extrême aussi dans ses échelles de temps, d’une lenteur individuelle, à un déferlement à grande échelle. On parle souvent du flegmatisme à l’Asiatique. Je crois que j’ai déjà commencé à être touché. Je n’ai pas bougé de mon siège durant les 10 heures d’avion de mon retour à Paris, je n’ai pourtant pas dormi, mais j’étais absorbé dans mes lectures. En marchant dans les rues de Paris, je me sentais dépassé par le flot. Je ne suis finalement pas surpris, car le rythme est plus lent à Pékin. Il est banal de devoir faire une heure et demie de transport pour se rendre sur son lieu de travail, et on y reste souvent longtemps, très longtemps, les heures supplémentaires étant monnaie courante. On passe sa journée au labo, pas concentré en permanence sur son travail, mais 15 heures d’affilé, c’est révélateur de ce flegmatisme. Flegmatisme dans les escalators, dont on occupe inconsidérément les cotés gauche et droite sans jamais grimper les marches, en se laissant porter. On retrouve cette lenteur dans le langage lui-même, avec ces milliers de caractères qui demandent des années d’étude aux jeunes écoliers chinois. Et même à l’échelle du pays, il faut une nuit de train pour relier Pékin à Shanghai, et pousser jusqu’à 24h pour rejoindre les métropoles Canton et Hong-Kong. On est bien loin du Paris-Lyon en 2h, Paris-Marseille en 3h en TGV.

Mais lorsque l’on prend les chinois dans leur ensemble, l’échelle de temps est cette fois inverse, et c’est un véritable torrent qui les caractérise. Pour le comprendre, il faut avoir vu Pékin il y a 10 ans, et comment la ville a évoluée en seulement 10 ans. Ceux qui l’ont vu témoignent que les universités étaient à la campagne, que le quartier fourmillant de Zhongguancun était à l’époque un grand terrain vague, que seul le 2ème périph était ouvert (aujourd’hui on roule couramment jusqu’au 5ème périph, et le 6ème est en cours de fermeture), qu'à Chaoyang, le quartier expat, tout n’était que hutong. Moi-même j’ai vu apparaitre des boutiques sur le bord de la route en une nuit, elles ont disparu un mois après en non moins de temps. Le passage à niveau qui était à panneaux balançant un soir à minuit était devenu un passage à niveau à barrière coulissante le lendemain matin.

Extrême aussi dans le ressenti que l’on en a. Parfois des périodes d’incompréhension, de raz-le bol, de questionnement. D’autre fois des périodes de révélation, d’excitation, des périodes où tout semble possible, passionnant, incroyable. Mais ce qui est sur, c’est qu’au bout du compte, la Chine, on a du mal la quitter… Pékin, me revoilà !

vendredi 20 novembre 2009

Rencontres

Souvenirs de quelques rencontres de la semaine, les premières dans mon chère 5ème, les suivantes autour de mon petit stand de Tsinghua au forum de l'x.

La serrurière : Samedi matin, tout frais rentré de Pékin, j’accompagne papa chez le serrurier d’en bas, rue Monge. Devant nous deux étrangers. Ils ne parlent pas français. Ils tentent de s’exprimer en Anglais avec la vendeuse, mais celle-ci ne comprend pas grand-chose et s’évertue à leur répondre de belles phrases en français. Ils finiront par se faire comprendre à l’aide de petits gestes, puis repartiront alimenter la réputation des Français de France : nous ne savons pas parler français (et quand nous savons, nous ne voulons pas parler Anglais), et il est difficile de se débrouiller à Paris par le seul intermédiaire de l’Anglais. Ce qui place Paris à peu près au même rang que Tokyo au rang des villes pas English-friendly, loin derrière Pékin !

Le vendeur de boites à musique : Mardi j’ai été faire quelques achats de souvenirs autour de Saint-Michel. Je suis notamment rentré dans une petite boutique joliment décorée et tenue par un homme français d’une quarantaine d’année. Il m’a présenté ce qui était le plus à la mode chez les touristes étrangers, et j’ai été séduit par des petites boites à musique très simples qui tiennent dans le creux de la main. Le monsieur les vendait à 7€50. Cela me paraissait un peu cher, je lui ai donc demandé s’il pouvait me faire une réduction si j’en prenais plusieurs (après un moins de Chine, le marchandage est devenu automatique). Il me répond : « ça dépend, vous en prenez combien ? » « Deux » lui réponds-je. Il se moque et me répond qu’il envisagerait de baisser le prix pour une dizaine de boites à musique, pas pour deux ! J’insiste malgré tout pour qu’il me fasse les deux à 14€. Il n’est pas content, m’explique que c’est déjà le moins cher du quartier, que si je vais voir les chinois ou paki du coin, ce sera plus. J’insiste encore, et il finit par accepter. Mais il est fâché ! Pas habitué aux mêmes règles de négociation qu’en Asie, il n’est vraiment pas content. Du coup, moi non plus. Résultat loose-loose…

La dame de la FX : En fin de matinée, une dame est venue me voir sur mon petit stand. Diplomée de l’x en 74, elle est membre aujourd’hui de la fondation de l’x et avait assisté à ce titre à la présentation de la veille où j’étais intervenu. Elle est venue me voir pour partager son expérience. Quelques années auparavant, elle et son mari ont pris la décision de partir avec leurs enfants (15 et 17 ans) pour une nouvelle destination : Pékin. Partir, car leur situation en France ne leur convenait plus. Son mari n’avait plus de travail, et la situation qui s’en suivait était pesante pour le foyer qui manquait de plus en plus de vie. Ils avaient besoin de changement pour se relancer ensuite, et ils sont parti à Pékin pour une expérience originale. Ils ont enseigné le Français dans deux grandes universités de langues étrangères à Pékin, ont appris le Chinois, et ont cherché à partager le plus possible la vie des Chinois. Et ce fut une expérience très heureuse pour les quatre membres du foyer. Ils sont aujourd’hui revenu, et avec eux l’optimisme et l’emploi…

Le petit groupe de X08 : J’ai été marqué par un nombre inattendu d’élèves de la promotion 2008 qui sont passés me voir sur mon stand. Ce fut inattendu car pour ceux-ci, l’apprentissage du Chinois vient de commencer, et ils n’ont pas encore expérimenté la Chine : ils partiront pour la première fois l’été prochain. Mais malgré cela, plusieurs d’entre eux réfléchissent déjà à l’éventualité d’une 4A en Chine. Peut-être un beau rebond en prévision après la promotion 2007 qui ne compta pas beaucoup de nouveaux sinisants, et qui risque de ne pas envoyer un seul représentant en Chine…

Le petit groupe d’élèves Chinois : Enfin j’ai eu le droit à la visite de nombreux étudiants chinois des promotions 07 et 08, curieux de voir le seul étudiant représentant la Chine lors de ce forum. J’ai notamment pu discuter un peu avec eux des difficultés de l’intégration. Je pense que les étudiants Français comme les étudiants Chinois ne sont pas enclins à l’intégration des étudiants étrangers. Mais là où certains Français n’hésitent pas à forcer un peu cette intégration et cette prise de conscience de l’autre, les étudiants chinois restent trop discrets, réservés, n’osent pas s’imposer malgré un niveau en Français généralement excellent. Alors tous les chinois que j’ai rencontré sur mon stand, je les ai vivement encouragé à plus se mélanger avec les étudiants Français. A l’ancien de Tsinghua qui me disait que le cursus était difficile pour lui et qu’il devait beaucoup travailler, je lui ai demandé ses résultats, et quand il m’a répondu : A A A A B pour le tronc commun, je lui ai dit : "travaille un peu moins, tu es déjà tellement loin au dessus des critères de validation, et participe un peu plus aux activités associatives !" A cette sympathique étudiante Chinoise qui me disait qu’elle comptait faire son stage linguistique au Japon avant de revenir effectuer son stage ouvrier en France pour bien pratiquer son Français, je lui ai dit que les meilleurs opportunités étaient aujourd’hui autour d’elles, que le meilleur moyen de pratiquer son Français serait d’intégrer une association et d’y prendre des responsabilités. Je l’ai envoyé à la Sywoc. J’espère que les jeunes 2008 de cette fantastique association l’accueilleront à bras ouverts ! Et qui sait, cette année, peu-être qu’un équipage Chinois se joindra à la compétition ?

mardi 17 novembre 2009

Alcool et business, le mélange mortel des notables chinois

Excellent article du figaro.fr sur la boisson en Chine qui devrait vous rappeler mes deux derniers posts la dessus ( A Pékin, fais-comme les Pékinois et combien de bouteilles? )

Je vous encourage à le lire entièrement. J'ai sélectionné quelques extraits:

Issus d'une tradition millénaire, les toasts portés à répétition lors de dîners officiels peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur la santé des convives.

Problème : les «ganbei» se multiplient tout au long du repas. A tel point que les convives peuvent en boire plus de 20 verres en une heure. «Cela commence par des toast communs, puis des toasts individuels», explique Nathaniel Farouz, jeune businessman français installé à Pékin depuis 2006. Si beaucoup ont le foie bien accroché, l'ivresse est souvent inévitable. «Un partenaire , dans son ébriété, s'est mis à nous raconter tout le mal qu'il pensait de nous... Ce qui n'a pas été du meilleur effet pour la suite de nos relations.»

«Dans ma province natale, beaucoup d'entrepreneurs ont des problèmes de foie», assure un professeur de langues à l'Inalco d'origine chinoise. L'un de ses amis en a d'ailleurs fait les frais. «Il ne mangeait jamais chez lui car il était invité à chaque repas. Et à chaque fois, il était obligé de boire. Il disait parfois qu'il avait ‘mal à l'estomac', mais il devait continuer. Il y a deux ans, il a trop bu et il est mort. A 45 ans.»

samedi 14 novembre 2009

Consience...

Ces derniers jours, j’ai suivi une nouvelle grande étape de la vie de Ye Changliu. Quelques jours après avoir signé une promesse d’embauche, il s’apprête maintenant à devenir membre du parti! Car Ye Changliu, comme Xu Xiangming, ne sont encore qu’au stade des jeunesses communistes, responsables de pas mal d’activités étudiantes sur le campus. Par exemple le jour de la fête nationale Xu Xiangming était chargé d’interviewer un élève de Tsinghua qui avait participé au défilé, Ye Changliu aidait aux mouvements généraux.

Ye Changliu doit montrer aujourd’hui que sa 觉悟 (juéwù) est suffisamment développée. Wenlin propose Consciousness, awareness, understanding, enlightenment. On voit l’idée, mais c’est encore assez confus. Sur Baidu, l’encyclopédie en ligne chinoise, on trouve que c’est un terme d’origine bouddhiste décrivant la prise de consciences de phénomènes de l’univers. Il désigne de façon plus moderne une connaissance et une compréhension des principes de développement et de production, et par extension désigne la capacité à influencer favorablement la société. Pas étonnant que l’on trouve en bas dans les extensions du mot : 指一定的政治意识. Ainsi 觉悟 désigne une conscience politique préétablie. Un débat intéressant pourrait avoir lieu sur cette dernière traduction, mais grossièrement, l’idée est là. 觉悟 caractérise l’adéquation de ses idées aux idées du parti, notamment à travers les 3 grandes idéologies de Marx, de Mao puis de Deng Xiaoping.

Ye Changliu doit préparer un dernier rapport qui lui ouvrira les portes du parti. Mais savez-vous qui décidera de cette adhésion ? Et bien les camarades du département qui ont déjà intégré le parti… Mais la machine est assez bien huilée pour qu’il ne suffise pas d’être pote avec les premiers membres pour rentrer. En passant j’ai déjà vu d’autres cas plus étonnants, notamment lors de la dernière remise de bourse. Chacun des étudiants devait choisir l’étudiant qui le semblait le meilleur selon 4 critères, et ceux qui recevaient le plus de voix récoltaient la bourse…

Aujourd’hui, c’est à peu près gagné pour ye Changliu. D’autres qui ne participent pas activement aux activités des jeunesses communistes ne seront pas appelés. Leur 觉悟 est bien trop faible…

A mon retour, c’est décidé, je m’attelle à un nouveau défi : leur montrer que mon 觉悟 est excellent !

vendredi 13 novembre 2009

Tsinghua, c'est sympa, mais après?

Ces derniers jours, j'ai réalisé que dans ma présentation de Tsinghua, un élément manquait cruellement: les perspectives de carrière. Car avec le marché incroyable que représente la Chine, il semblerait que le diplôme de Tsinghua vale de l'or. Mais concrètement, qu'en est-il? Pour répondre à cette question, j'ai contacté quelques anciens (mais pas si vieux, les Français à Tsinghua, c'est encore tout neuf!), et voici ce que j'ai pu en retenir:


Quelles sont les portes que nous ouvrent le double diplôme à l’université de Tsinghua ? Pour répondre à cette question, une distinction entre métiers techniques axés R&D et métiers axés commercial, management, production, s’impose.

En ce qui concerne les métiers techniques, il n’y a guère de postes dans les boîtes françaises en Chine, en tout cas pour des débutants. Il faudra d’abord être bien formé en France en début de carrière avant de repartir ailleurs en expatriation, et pas forcément en Chine. Cela prendra du temps.

Un témoignage de Maxime à ce sujet : "Lors d’une conférence de mon domaine, à la lecture de mon CV, les recruteurs ne comprenaient pas l’intérêt de venir en Chine pour faire un deuxième Master of Engineering et de faire des études techniques sans maitriser la langue. Mon expérience en Chine était plutôt perçue une source de surprise que comme un avantage professionnel. Je pense qu’une période à l’étranger, dans un pays aussi lointain que la Chine et pour une durée de trois ans, est cependant bien appréciée en France."

Ce que se dégage de ce témoignage, c’est qu’assurément aux yeux des recruteurs, ce n’est pas l’apprentissage parfois bancal de connaissances techniques qui intéressera, mais une forte compréhension de la société chinoise et une connaissance de la langue. Les grands groupes français présents en Chine (dont beaucoup dans le domaine de l’énergie) se montrent réellement friands de ce genre de diplôme.

Dans le cas de métiers de type commercial, management, production, il est possible de rester en Chine une fois diplômé, avec des perspectives de progression rapides, et une carrière qui peut s’ouvrir sur le monde entier, avec des gros salaires à l’appui.

Charles, de l’amicale des anciens de Paris Tech en Chine, propose lui une distinction non pas entre différents types de métiers, mais entre différents types d’entreprises. La première solution consiste à rejoindre un paquebot de l’industrie française avec des activités en Chine. Solution plutôt stable, et pour laquelle une maitrise imparfaite du chinois sera largement suffisante, l’habitude du monde chinois étant de plus considérable valeur. La seconde consiste à se jeter seul dans le grand bain de la Chine où fourmillent des idées et des projets à n’en plus pouvoir. Dans ce second cas, une maitrise parfaite de la langue, de la société chinoise, et une rigueur d’ingénieur français, seront les atouts maitres d’une réussite éclatante.

Germain, diplômé de Tsinghua, rajoute à cet égard : Si l’on souhaite ensuite retourner dans des chemins tous tracés, il ne semble pas que cette expérience ait changé quelque chose. Je pense qu’ayant commencé sur cette voie sortant un peu des sentiers battus, il faut la poursuivre, pour se faire un parcours un peu original, et se démarquer des autres. Notre avantage étant une forte compréhension de la société chinoise et une connaissance de la langue, on peut se pencher vers des jobs ayant rapport avec la Chine, en France ou en Chine : chef de projet, analyste de marché, fonds d’investissements, etc...